L’enjeu des langues dans le tourisme et le tertiaire
L’enjeu est incontournable lorsqu’il s’agit d’accueillir les touristes et de leur faire voir la ville et la région ou quand il faut parler affaires. L’anglais, l’allemand restent primordiaux mais sans être les seuls référents. Dans le secteur bancaire, le bilan est plus nuancé. Reste que la maîtrise d’une langue est un plus incontesté.
Parler la langue de l’autre pour communiquer
L’usage des langues est un élément essentiel de l’accueil des étrangers à Strasbourg comme en témoigne Annie Dumoulin, directrice adjointe de l’Office de Tourisme de Strasbourg et de sa Région. «Les membres du personnel les plus amenés à pratiquer quotidiennement les langues étrangères sont les agents d'accueil et les guides. La maîtrise des langues est incontournable dans les deux cas.» Il s’agit de l’anglais et de l’allemand en ce qui concerne le personnel affecté à l’accueil. «C’est une condition sine qua non, explique Annie Dumoulin. L’anglais reste la langue la plus usitée et notre position frontalière nous oblige à être à même de répondre en allemand. Pour le reste, si un candidat à l’embauche parle une langue de plus –souvent l’espagnol ou l’Italien– c’est évidemment un atout. Quant aux guides, ils doivent pouvoir assurer les visites dans au moins une langue étrangère.» L’anglais, l’allemand, l’espagnol et l’italien figurent évidemment au panel des guidages proposés mais aussi le lituanien, le néerlandais, le polonais, le tchèque, l’ukrainien et le japonais, le mandarin étant actuellement travaillé par une des guides. Du point de vue de la fréquence des demandes, l’allemand reste en tête malgré une baisse due à une diminution des moyens de cette clientèle. L’italien progresse, de même que le russe. Le monde bancaire strasbourgeois n’a, quant à lui, rien à voir avec l’ambiance cosmopolite des rues de la ville.
Les banques et le tertiaire en général : des pratiques non systématiques
«Nos clients sont essentiellement français, qu’il s’agisse de particuliers, de professionnels ou d’entreprises, explique Thierry de Follin, président du Comité départemental des banques. Cependant l’allemand peut être utile dans une région frontalière où s’installent des filiales de maisons mères d'outre- Rhin et où nos agences accueillent des particuliers allemands». Il insiste par ailleurs sur des métiers spécialisés tels que la Banque privée, les services internationaux, informatiques et ceux liés aux activités de marché où l’anglais devient indispensable. Pour Thierry de Follin, même si la pratique d’une langue étrangère n’est pas systématiquement un critère discriminant à l’embauche, elle témoigne en tout cas d’une ouverture bien utile dans les relations professionnelles.
L’anglais déterminant
Président de Managing, société de conseils en développement des ressources humaines, Philippe Haen confirme quant à lui l’importance de l’anglais sur tous les types de postes liés au tertiaire. «Il importe de le tester car, souvent, les candidats ont tendance à se surestimer», précise- t-il en ajoutant : «Il suffit d’une simple conversation pour déterminer le niveau du candidat et la qualité de son accent». La situation géographique de l’Alsace fait que, pour certains postes, l’allemand prend le pas sur l’anglais car «dans le cadre du développement constant des échanges franco-allemands, le bilinguisme s'impose comme une impérieuse nécessité», précise Philippe Haen. Se développe parallèlement une demande liée à des idiomes plus rares tels que le polonais, le russe, l’arabe, le japonais ou le mandarin. Le conseil de Philippe Haen : apprendre les langues et ne pas hésiter à s’immerger. «Cela permet d’acquérir la langue de l’autre et d’assimiler sa culture. Lorsqu’il s’agira de négocier, les interlocuteurs se sentiront en phase.» Contact, Comité départemental des banques, 03 88 21 40 11