Inde, Chine, Russie, Brésil, les pays émergents ont la cote
On les qualifie souvent d’Eldorado, un terme excessif pour désigner une réalité qu’il faut affronter en dirigeant d’entreprise avisé et non en cow-boy décontracté ! Les pays émergents constituent cependant des marchés d’avenir qu’il serait absurde de négliger. Réputés solvables, avides de mieux vivre, de plus en plus adaptés au commerce international, ils connaissent des taux de croissance qui laissent rêveur.
Il n’est pas évident pour une PME de se lancer seule sur un marché étranger. Les risques tel que le pillage technologique ou la contrefaçon ne sont pas négligeables, les formalités parfois rédhibitoires et les retours sur investissement peuvent prendre plusieurs années… On peut comprendre qu’elle soit tentée de se refermer sur un marché européen qui génère moins d’angoisses bien que toujours plus étroit et concurrentiel. C’est dommage, car certains marchés émergents présentent une croissance plus que dynamique et la France est à la traîne pour en tirer avantage. En effet, alors que l’Allemagne compte quelque 200 000 entreprises exportatrices, la France n’en relève que 56 000 qui représentent 5 % du chiffre total. Potentiellement, notre pays pourrait doubler ce chiffre. Forte de ce constat, la ministre déléguée au Commerce extérieur, Christine Lagarde, a lancé, en octobre 2005, le programme Cap Export dont l’objectif, à moyen terme, est d’amener 50 000 PME à se développer davantage à l’international. La mise en oeuvre de ce dispositif de soutien a été confiée à Ubifrance, toute nouvelle agence pour le développement international des entreprises.
Relayée à l’étranger par les Missions économiques, celle-ci a choisi, au niveau régional, de s’associer très largement avec les Chambres de commerce et d’industrie, qui sont les partenaires privilégiés des entreprises. Pour l’Alsace, une convention a ainsi été signée en juillet dernier entre Ubifrance et les CCI d’Alsace. Une synergie qui vise à diffuser le plus largement possible les produits et services* mis en place au niveau ministériel s’inscrivant en complément d’initiatives consulaires, telles que Passexport créé il y a quatre ans. Une cible, des partenaires, un objectif… reste à définir le champ d’action de ce programme qui, par définition, est vaste. Cinq pays pilotes ont dès lors été ciblés par Christine Lagarde parmi les vingt-cinq qu’avaient retenus son prédécesseur François Loos. Il s’agit des États-Unis, du Japon, de l’Inde, de la Chine et de la Russie. Ce dossier se focalise sur les trois derniers au travers de témoignages d’intervenants et de sociétés qui ont réussi leur implantation sur des marchés qui peuvent sembler d’approche difficile mais offrent de réelles opportunités.