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L'innovation et la recherche, moteurs du développement |

Malgré un recul significatif et une position devenue vulnérable du fait des restructurations et des défaillances d'entreprises, l'industrie joue toujours un rôle prépondérant dans la prospérité économique alsacienne. Sa forte densité de PMI, dynamiques et exportatrices, est un atout. Si certaines activités sont vouées à disparaître, beaucoup d'établissements, de très petites entreprises essentiellement, veulent tirer leur épingle du jeu en misant sur la recherche, le développement et la production de haute technologie.
Deux réalités décrivent la situation, souvent qualifiée d'exceptionnelle : en 2000, l'industrie en Alsace réalise 28,2 % du PIB régional (sept points de plus que la moyenne nationale) et représente 26,5 % de l'emploi régional, environ 170 000 emplois, sept points de plus également que la moyenne nationale (chiffres Insee). Fortement manufacturière et diversifiée, l'industrie alsacienne se caractérise par son ouverture à l'international. «Cette ouverture a constitué et constitue un atout», relève Yves Lavoinne, président du Pôle universitaire européen de Strasbourg. Près de 42 % du chiffre d'affaires ont été réalisés à l'exportation en 2002, soit environ dix points de plus que la moyenne nationale.
L'accueil des investissements étrangers est aussi une de ses originalités : entre 1997 et 2001, près de 150 investissements étrangers sont recensés dans la région. Cette situation a des conséquences directes sur l'emploi : 40 % des emplois créés ces vingt dernières années sont liés aux implantations d'entreprises étrangères et 43 % des salariés de l'industrie en Alsace travaillent dans des établissements contrôlés par des capitaux étrangers (soit 25 points de plus que la moyenne nationale).
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Une crise d'adaptation structurelle
La situation de l'industrie régionale se trouve aujourd'hui à un véritable tournant, après des mutations accélérées et parfois douloureuses. Une enquête de la Banque de France, auprès des entreprises industrielles régionales, relève, en moyenne, un recul de 1,9 % du chiffre d'affaires, une baisse de 3,3 % des exportations et de 0,7 % de la rentabilité d'exploitation. Ces mauvais résultats peuvent être imputés, partiellement, à la crise que connaît l'Allemagne ces trois dernières années.
L'emploi industriel régional a connu un repli cette dernière décennie, en raison essentiellement de l'externalisation d'activités vers le tertiaire. Cette situation s'est aggravée en 2002 (- 2,9 %) et en 2003 (- 2,7 %). Le nombre important de restructurations dans les branches traditionnelles (chaussure, textile) mais aussi dans les secteurs plus modernes (électronique, électromécanique, sous-traitant automobile) démontre la vulnérabilité de la région. Exposée à la concurrence des pays à main d'oeuvre peu qualifiée et à faibles salaires, l'industrie subit une crise d'adaptation structurelle. Pourtant, si des transferts d'activités vers l'Europe centrale ou vers l'Asie ont bien eu lieu récemment, «nous n'assistons pas en Alsace à un véritable mouvement de délocalisation», analyse Alain Vautravers, directeur régional de la Banque de France.
Plusieurs handicaps entravent également l'essor de l'industrie régionale. Malgré des démarches engagées dans les biotechnologies, l'automobile et le textile, l'industrie n'est pas encore suffisamment organisée en filières et en pôles industriels forts. Elle accuse une trop faible présence de cadres (8 %, alors que la moyenne nationale se situe à 11 %), ainsi que d'insuffisants investissements dans la recherche et le développement.
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Tirer son épingle du jeu
Face à cette mutation, l'Alsace semble peut-être mieux préparée que d'autres régions. Les prévisions optimistes de la Banque de France annoncent, pour 2004, un bond de 20 % des investissements dans le secteur de l'industrie ainsi qu'une hausse du chiffre d'affaires de 4,6 %. Le développement et la réorganisation de l'industrie en difficulté exigent de nouvelles productions, la création d'emplois qualifiés et une capacité d'innovation accrue. Si certaines activités sont vouées à disparaître, beaucoup d'établissements, des PME et surtout de très petites entreprises, veulent tirer leur épingle du jeu, grâce à la recherche, au développement et à la production de haute technologie. Des aides et des conseils aux entreprises, ainsi que des outils divers, ont été mis en place, par la Région Alsace avec l'appui de la CCI de Strasbourg et du Bas Rhin, pour favoriser l'innovation et le développement technologique.
Des coopérations davantage soutenues avec les universités, les centres de recherche et les laboratoires publics sont nécessaires, de même que le renforcement des secteurs de l'information (veille, diagnostic, prospective). La mise en oeuvre de nouveaux produits ou procédés suppose la création et le développement de plateformes technologiques ainsi qu'une amélioration des transferts de technologies. Le dispositif d'aides et de conseils aux entreprises, déployé en Alsace depuis plusieurs années, devra être conforté et développé pour être encore plus proche des entreprises. Des moyens plus importants seront donc utiles pour que l'Alsace, dans cette compétition nouvelle, se distingue.
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