Les archives du Point Eco de la CCI
Le Point Eco
Numéro 226 . octobre 2003

Opération séduction pour l'Alsace

Boire mieux pour boire moins : voici la tendance de la consommation en vins des Français. L'Alsace, qui se singularise par une production de vins aromatiques de qualité, répond à cette nouvelle attente. Organismes représentatifs et opérateurs de la profession conjuguent leurs efforts d'information et de promotion.


Si les Français consomment de moins en moins de vins (-2 %en volume en 2002), ils privilégient en revanche des produits de qualité supérieure. Les vins d'Alsace, réputés pour être fins et élégants, sont commercialisés par les exploitants eux-mêmes, les coopératives, les négociants, les grandes sur- faces ou les cavistes, dont les politiques de communication tendent à s'intensifier. En première ligne celle du CIVA,Comité interprofessionnel des vins d'Alsace, dont le rôle est bien plus large.

Tout savoir sur le conseil interprofessionnel des vins d'Alsace (CIVA)
Observatoire économique, assistant technique pour les producteurs, négociants et courtiers, coordonnateur pour la fixation des prix des vendanges et l'information des consommateurs, etc., les missions fondamentales du CIVA sont fixées par décret. Ses adhérents (issus des différents métiers, eux- mêmes constitués en syndicats) versent une cotisation volontaire obligatoire (fixée librement par chaque région).
«Le CIVA est un observatoire et un outil de régulation économique unique, explique son directeur , Jean-Louis Vézien. II centralise en effet toutes les déclarations mensuelles de vente en bouteilles des différents pays et agit en faveur de la régulation des volumes. Nous pouvons par exemple réguler la mise en marché des produits. Mais depuis dix ans, nous avons un bon équilibre au niveau de la production, notamment grâce à une meilleure maîtrise agronomique et un traitement phyto-sanitaire adapté. Actuellement, des recherches sont menées par l'INRA et l'ITV de Colmar pour une amélioration qualitative de la vigne et de la production du vin. Les rendements autorisés ont été limités à 88 hectolitres par hectare ; la diversification des appellations a joué en faveur d'une meilleure législation.»

Faire progresser le vignoble pour accroître son rayonnement
«La mise en commun des moyens des professionnels nous permet de mener des opérations de communication destinées à faciliter la pénétration des produits vins », indique Jean- Louis Vézien, dont le budget de communication a été revu à la hausse (4,8 M EUR sur un budget CIVA de 7,3 M EUR pour 2004) : «les professionnels ont décidé de s'engager dans un plan offensif, face à la concurrence accrue, notamment des vins du nouveau monde ».
«Le vignoble d'Alsace est l'un des principaux vecteurs du tourisme », relève Jean-Louis Vézien. Allié de la gastronomie, il fait partie des critères de choix des visiteurs de notre région.«Il ne faut pas négliger cette cible captive que constituent les 3 à 4 millions de visiteurs de la route des vins d'Alsace. Aussi entretenons-nous des contacts réguliers avec les pouvoirs publics, les prescripteurs que sont les restaurateurs et cavistes, et le grand public. Notre campagne presse va jusqu'à Paris et au-delà, chez nos voisins allemands et suisses. L'Amérique du Nord et l'Asie du Sud-Est sont également des marchés en devenir. Et d'illustrer : les vins alsaciens, très aromatiques, s'associent très bien avec la cuisine épicée asiatique. L'Alsace, qui produit 20 % des vins blancs français a d'ailleurs une position de leader dans les vins aromatiques ».
Les professionnels ont cependant subi un fléchissement des ventes depuis le début 2003, lié à la conjoncture générale et à la concurrence. Cela a été la crise en Irak, la baisse du dollar, le renchérissement des produits dans la zone hors euro. «En Alsace, nous avons enregistré une baisse de 6 % depuis janvier, mais certaines régions sont en plus mauvaise posture .»




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