Les archives du Point Eco de la CCI
Le Point Eco
Numéro 226 . octobre 2003

Formation Continue

Une formation pour tous, tout au long de la vie


Employabilité, développement des compétences, reconversion sont devenus les maîtres-mots des dirigeants d'entreprise. Des partenaires du Pôle Formation CCI témoignent dans ce dossier d'un usage désormais raisonné de la formation. La formation permanente est là pour gérer leurs ressources humaines mais aussi pour prévenir les effets sociaux des restructurations. Pourtant, elle était restée très inégalitaire. L'accord national interprofessionnel sur l'accès des salariés à la formation continue tout au long de la vie professionnelle qui s’est conclu le 20 septembre dernier, redynamise la formation au bénéfice, entre autres, des très petites entreprises et des salariés non qualifiés.

La formation professionnelle est depuis octobre 2000,au coeur de nombreux débats. Dans le cadre de la refondation sociale, une négociation s'est ouverte à ce sujet entre organisations patronales et syndicales. L'objet partagé des échanges, qui ont abouti à un accord le 20 septembre dernier,est de redynamiser la formation à l'ensemble des entreprises et d'en élargir l'accès aux très petites entreprises et aux salariés non qualifiés.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La formation permanente reste très inégalitaire. Entre 1999 et 2001, 50 % des cadres et des techniciens en ont bénéficié contre seulement 10 % d'ouvriers non qualifiés, et 44 % des salariés des grandes entreprises contre 15 % des sociétés de moins de dix employés.À cela s'ajoutent les 30%des entreprises de plus de dix salariés qui se déchargent de leur contribution patronale obligatoire, en la reversant à l'organisme collecteur.
Le dispositif est aujourd'hui insuffisant pour permettre une formation permanente. Formation, qui, rappelons-le, organise l'évolution des compétences des hommes au travail et est indispensable au maintien et au développement de la compétitivité des entreprises dans une économie ouverte, fondée sur la connaissance partagée et l'innovation permanente. Le temps des savoir-faire acquis pour toute une vie est définitivement fini. Conjoncture économique oblige.
Le taux de participation financière à la formation professionnelle des entreprises de dix salariés et plus,stagne en2001. Il s'élève à 3,16% contre 3,18% en 2000. L'effort des entreprises de plus de 2 000 salariés diminue depuis six ans, alors que le taux de participation des entreprises de dix à dix-neuf employés a chuté pour la première fois en 2000, puis en 2001.




Recentrée sur les besoins de l’entreprise
La formation permanente permet aux entreprises comme aux salariés d’accroître individuellement leur capacité à résister aux aléas du marché. Elle est nécessaire, qu'il s'agisse de reclassement, de mobilité professionnelle ou d'insertion. Ici, il sera question de faire acquérir l'anglais à l'ensemble de ses équipes, à la suite d'un rachat. Là, il leur faudra apprendre à utiliser de nouvelles technologies ou s'informer de l'évolution des réglementations européennes. Elle sert aussi à devancer une vague massive de départs en retraite ou à reconvertir ceux qui sont licenciés. Hier encore, on proposait aux bons salariés des formations pour leur permettre de poser un regard sur le monde extérieur à l'entreprise, voire de développer leurs richesses intérieures. Aujourd'hui ,cette dérive est révolue. Avec la crise, l'offre de formation se recentre sur les besoins des affaires au sens strict et la nécessité d'investir et d'entretenir les savoir-faire des salariés au rythme du marché et des technologies. Le marché de l'emploi est en faveur des entreprises. Il y a pénurie d'emploi et la concurrence fait rage. Les employeurs incitent les salariés à développer leurs compétences de terrain et leur culture générale.«Ils veulent très vite un retour sur investissement », explique Jean-Claude Haller, directeur du Pôle Formation CCI.«On construit des parcours individualisés, sur mesure, et la moyenne d'heures de formation par salarié diminue .La formation n'est plus un luxe Elle répond à un besoin.»

Et Charles Philipp, représentant du Medef de Strasbourg, et DRH de Bakemark Ingredients France de poursuivre :«Bien souvent, même avec un bon niveau de connaissance initiale, rares sont ceux qui peuvent se passer de formations pour intégrer l'entreprise . Personne n'a le choix .On ne peut obliger quiconque à se former, mais un refus risque d'entraîner un manque de compétences. Le premier intérêt de la formation, c'est quand même de permettre à chacun de continuer dans son emploi.»

Un droit à la formation qui tend à devenir universel
L'employabilité se construit surtout dans l'entreprise, dans l'emploi, en situation de travail. Savez-vous à propos que seulement 30 % des individus exercent des métiers pour les- quels ils ont suivi une formation professionnelle initiale ?
Mais comment développer, pour tous, une voie d'accès à la formation tout au long de la vie ? Organisations syndicales et patronales ont trouvé un accord pour faire évoluer le dispositif.
Le droit individuel à la formation, un droit universel, devrait permettre désormais à tout salarié de cumuler sur six ans,20h de formation par an, et ce, que son projet s'inscrive ou non dans le plan de formation de l'entreprise. C'est unique en Europe.
Il sera maintenant possible de développer ses compétences en dehors de son temps de travail. Ce droit permettra au salarié dans une limite de 80h par an, de bénéficier d'une formation prise en charge par l'employeur, tout en touchant une allocation de 50 % de son salaire net. Au-delà de ces mesures, cette réforme permet d'augmenter sensiblement la contribution légale. Elle passera, à compter du 1er janvier 2004,de 1,5 à 1,55 % de la masse salariale pour les entreprises de plus de dix salariés. Ce pourcentage sera porté à 1,6 % le 1er janvier 2006.Les entreprises de moins de dix salariés devront, quant à elles, consacrer chaque année au financement de la formation professionnelle 0,40 % du montant des rémunérations à partir du 1er janvier 2004, puis 0,55 %,à compter du 1er janvier 2005, contre 0,25 actuellement.
Reste à chacun, à saisir l'opportunité qu'offre ce droit à la formation tout au long de sa vie.




> téléchargez le dossier complet