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| Numéro 242 . Juillet-août 2005 |
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Taxis : un métier de contact |

Tous professionnels, les taxis participent à la diversité des modes de transport offerts au public et font, depuis des décennies, partie intégrante de notre paysage urbain. A Strasbourg, capitale régionale à dimension européenne, ils répondent à une demande diverse soumise, notamment, à la pression ponctuelle des sessions parlementaires.
Hep taxi ! Cette injonction risque de rester lettre morte dans notre région car Strasbourg n’est pas New York et, chez nous, si l’on veut un taxi, mieux vaut appeler les centrales ou se rendre aux points d’attente que sont, par exemple, la gare, les places Arnold, Gutenberg et Kléber, les Halles, les hôpitaux, les institutions européennes, etc. À l’heure actuelle, les services de la préfecture ont fixé à 287 le nombre de taxis en activité sur le territoire de la CUS qui constitue une zone unique de prise en charge. Parmi eux, ils sont 246 rien que sur Strasbourg. La grande majorité se répartit entre quatre centrales : Taxi 13 (la plus importante avec ses quelque 208 véhicules), Alsace Taxi, Allo ! Taxi et Mondial Taxi.
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L’ARTISAN TAXI : différents statuts
Pour pouvoir pratiquer, un artisan taxi doit produire une carte professionnelle délivrée par les services de la Préfecture.
La licence Il doit pour cela avoir réussi l’examen de certificat de capacité professionnelle et acheter une licence. En 2004, celle-ci a coûté en moyenne 121 000 € pour le territoire de la CUS. Un chiffre qui varie entre 110 000 et 140 000 € depuis 2005. Cette somme impressionnante correspond aux prix parisiens, mais reste inférieure à ceux pratiqués à Nice, par exemple. Hors CUS, il est possible d’obtenir une licence délivrée par la mairie. Considérée comme un acte administratif, celle-ci est alors gratuite. Une différence de traitement que le service Réglementation de la circulation à la CUS explique par le fait que, sur Strasbourg et les communes limitrophes, la clientèle est nombreuse à prendre le taxi du fait de la présence de nombreuses administrations, des institutions européennes, d’entreprises, d’hôtels, etc. En zone rurale, les demandes sont incomparablement plus sporadiques.
Le chauffeur salarié Afin de rentabiliser leur voiture et leur licence, certains artisans taxi ont recours à des chauffeurs salariés qui prennent le relais au volant. Une philosophie qui n’est pas celle de Taxi 13. «Chez nous, c’est une voiture, un chauffeur, une licence», précise André Briand, président de cette société. Les autres centrales y ont recours arguant que le marché le permet.
Une même formation Le certificat de capacité de chauffeur de taxi s’obtient au terme d’une formation de 140 heures réparties sur 20 jours et organisée par le Centre national de formation des taxis (CNFT). Pour s’inscrire à celle-ci, il est nécessaire d’être titulaire du permis de conduire B depuis au moins deux ans, d’avoir un BEP ou CAP, un casier judiciaire vierge et de passer la visite médicale prévue par le code de la route auprès des services préfectoraux. Cette formation se conclut par un examen de conduite sur route ainsi qu’une série d’épreuves portant sur : – la langue française – la réglementation de la profession – le code de la route – des notions de secourisme et de sécurité du conducteur – la gestion des entreprises – la topographie et la géographie du département.
Centre national de formation des taxis (CNFT), 01 44 52 23 63
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Quatre centrales sur la CUS
A côté de quelques chauffeurs indépendants, la plupart des artisans taxis de la CUS sont regroupés dans quatre grandes centrales. Toutes travaillent 24 h/24, 7 jours/7.
Taxi 13 L’association centrale des auto taxis de la CUS (ACAT), plus connue sous son nom commercial de TAXI 13, regroupe actuellement quelque 208 chauffeurs indépendants. Tous paient une cotisation annuelle répartie en versements mensuels. Une seule et même centrale téléphonique réceptionne les appels et répartit les courses entre chauffeurs selon un organigramme géographique qui découpe la ville en secteurs. La centrale de TAXI 13 dispose aujourd’hui d’un nouvel outil de travail : le GPS qui localise les voitures. C’est désormais l’ordinateur qui attribue les courses au véhicule le plus ancien dans le secteur concerné par l’appel. Augmenter les chiffres à l’arrivée du TGV «Pour 2004, annonce André Briand, nous avons comptabilisé 360000 courses, ce qui donne une moyenne de 30000 par mois.» Il compte beaucoup sur l’arrivée du TGV Est pour augmenter ces chiffres. «À Nantes, signale-t-il, le nombre de courses est en pleine expansion depuis que la ligne a été ouverte.» Contact, 03 88 36 13 13
Allo ! Taxi Cette centrale regroupe 14 véhicules. «Nous travaillons essentiellement avec les hôtels, sur base de plannings, explique Christophe Wilson, gérant de Allo ! Taxi qui précise que, pour sa société, les sessions parlementaires sont essentielles dans le chiffre d’affaires.» À côté de cette clientèle fidélisée qu’ils servent en priorité, les chauffeurs de Allo ! taxi effectuent surtout des courses en ville. Passionné, Christophe Wilson est tout prêt à accueillir dans son taxi des jeunes que cela intéresserait. Histoire de leur montrer le métier ! Contact, 03 88 22 99 99
Alsace Taxi La clientèle est beaucoup plus variée qu’on l’imagine, raconte Hugues Demailly, gérant d’Alsace Taxi, elle va de la mère de famille qui a oublié l’heure de sortie de l’école aux personnes âgées qui réservent trois ou quatre jours à l’avance. Ce métier n’est pas de tout repos», précise-t-il, en évoquant la multitude de stimuli auxquels doit répondre un chauffeur. Il faut faire attention à la circulation, au code de la route, au trajet, au client, à ce qu’il dit et à ce qu’il fait … Pour lui, une bonne journée compte 11 ou 12 prises en charge ce qui correspond, en gros à 150 km de trajet. Ce chiffre peut doubler avec des courses à l’aéroport mais le kilométrage est aussi plus important. Contact, 03 88 22 19 19
Mondial Taxi Treize voitures, réparties à part égale entre la CUS et la campagne, roulent pour Mondial Taxi. «Nos clients sont issus essentiellement des entreprises de la région et nous les traitons toujours en priorité, ce qui nous a permis de les fidéliser», explique Alain Ubrig, gérant de Mondial Taxi, qui estime avoir trouvé un équilibre idéal entre une clientèle qu’il soigne aux petits oignons et un nombre optimal de voitures. Son petit plus : une même tenue pour tous les chauffeurs, veste et polo marqués au nom de la société. On les distingue grâce à l'enseigne lumineuse orange de leurs voitures. Contact, 03 88 22 11 11
Un métier multiple L’aéroport Avec ses deux millions et demi de passagers par an, l'Aéroport international Strasbourg représente un point d’attraction important pour beaucoup de chauffeurs, notamment les taxis indépendants.
Les courses en ville «C’est bien si ça s’enchaîne», commente André Briand, «ce qui est pénible, c’est l’attente». «C’est fatigant, confie Hugues Demailly, à la longue ça use.»
Les tournées Elles sont définies par contrat avec des organismes qui doivent organiser les déplacements d’enfants ou d’handicapés. Il peut s’agir du Conseil Général, de l’institut pour enfants déficients auditifs du Bruckhof ou bien encore du GIHP qui a ses propres voitures mais doit parfois recourir aux taxis. Chez Taxi 13, trois à quatre voitures travaillent à temps plein pour ces «tournées gamins». Deux voitures sont adaptées à ce type de service.
Les sessions parlementaires Un plus indéniable, selon certains. Une complication pour d’autres, moins nombreux. Elles sont l’occasion de renforcer le travail sur l’aéroport et permettent de multiplier les petites courses en ville. Revers de la médaille, la saturation des hôtels fait fuir les hommes d’affaires qui préfèrent venir à Strasbourg à d’autres périodes.
La formation «Métier de contact, la profession de chauffeur de taxi réclame une grande faculté d’adaptation» précise Jean Isnard, président du Syndicat des taxis du Bas-Rhin qui a assuré, depuis 1996, la formation de plus de 400 chauffeurs de taxis.
Côté compteur Prix moyen d’une course Le prix moyen d’une course dans notre département est de 8,18 € le jour et 10,42 € la nuit. Les chiffres correspondants pour le Haut Rhin sont de 8,17 et 9,99 €. Au niveau national, pour la journée, la moyenne la plus élevée revient à la Haute-Corse avec 9,45 €, la plus basse aux Pyrénées-Atlantiques avec 8,07 €. En ce qui concerne la nuit, on relève la Corse du Sud en moyenne haute avec 12,20 € et le Cantal pour la moyenne basse avec 9,82 €. Hors catégorie, la principauté de Monaco qui affiche 18,24 € le jour et 21,29 € la nuit !
Les pourboires ? «Difficile de définir une fourchette, confie André Briand. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont beaucoup chuté avec l’arrivée de l’euro.» chez Alsace Taxi. Un taxi peut également être appelé par les ambulanciers quand ceux-ci sont saturés. Il s’agira alors de prendre en charge des «malades assis» à l’occasion de visites à l’hôpital, pour des traitements par exemple.
Cartes bancaires ? Obligatoires dans les véhicules de Allo ! Taxi, les appareils à CB ont tendance à faire leur apparition dans d’autres compagnies, essentiellement pour pallier au risque des chèques volés ou sans provision.
Fiche ou pas ? À partir de 15,20 €, le chauffeur de taxi doit proposer une fiche. En dessous de cette somme, c’est au client de la demander.
Prix minimum À Strasbourg, une course ne peut coûter moins de 5,20 € (ce qui correspond, grosso modo, au trajet place de la Gare, place Gutenberg).
Sources : Tableau réalisé par recensement de l’ensemble des arrêtés préfectoraux parus depuis janvier 2005 et publié dans L’Artisan du taxi, 96, avril 2005.
La location de voitures avec chauffeur L’exemple de Biribin Europe Leur métier c’est la «grande remise», un terme désuet qui évoque le temps des transhumances de la cour entre Paris et Versailles. Il avait alors été décidé que les carrosses seraient parqués dans les «grandes remises» plutôt que d’encombrer les routes. En fait de carrosses, Biribin Europe compte une cinquantaine de berlines de luxe bleu foncé ou noir, renouvelées tous les deux ou trois ans, alors que l'obligation légale est de sept ans.
Des prestations diverses Quelque 60 chauffeurs les conduisent et pilotent une clientèle de touristes, d’entrepreneurs, de stars du showbiz ou du cinéma, mais aussi de particuliers qui ont envie de passer une soirée au restaurant sans se préoccuper de conduire. Du trajet à l’aéroport au circuit d’un mois et demi en France et en Espagne, les prestations sont nombreuses. Au niveau des prix, il faut compter, à titre d’exemple, 150 € pour un trajet de Strasbourg à l’aéroport en Mercedes classe S ou bien encore 93 € en Velsatis. Le prix moyen d’un transfert à Francfort est de 400€. Outre le confort d’une voiture impeccable et parfaitement équipée, recourir à la «grande remise» permet de disposer d’un service souple et adapté. «Nous réagissons dans la demiheure, précise Rémy Heintz, directeur de Biribin Europe et nous faisons en sorte que le client n’attende jamais. Nos chauffeurs savent être souples, s’adapter à l’état d’esprit du client.» On le croit volontiers en discutant avec l’un d’entre eux, Salomon Rahatoka, qui raconte comment il met à profit les périodes d’attente pour bouquiner énormément. «C’est à la fois un plaisir et un plus pour le travail, explique-t-il, car nos clients discutent volontiers et c’est plus intéressant quand on est informé.» Et Rémy Heintz de conclure «Une ville comme Strasbourg, si elle se veut internationale, doit avoir ce type de service» en déplorant le départ du gros client que représentait Aventis et en rappelant que sa société est en contrat avec le Parlement européen. Lui aussi compte beaucoup sur l’arrivée du TGV Est pour booster ses activités.
Contact, 03 88 45 91 91 www.biribineurope.fr
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| Brèves |
Pas de clic obligatoire pour le chauffeur !
Les chauffeurs de taxis ne sont pas obligés de mettre leur ceinture de sécurité et cela pour des raisons de… sécurité. Ils seraient trop démunis si, à l’arrière, un client malintentionné menaçait de les étrangler.
Le BA-BA
A-B-C-D. Nous avons tous repéré ces lettres placées sous le panonceau «Taxi». Elles se retrouvent à l’intérieur, sur le compteur, et précisent le tarif qui est appliqué. A et C correspondent au tarif de jour, B et D au tarif de nuit (de 19h à 7h du matin). Le chauffeur doit déclencher les tarifs A et B lorsqu’il se rend au lieu de prise en charge et appliquer les tarifs C et D à partir du moment où le client est monté dans la voiture.
Documentation
Répertoriée par l’INSEE sous le code NAF 60.2E. et intitulée «transport de voyageurs par taxis», cette classe comprend :
- le transport de voyageurs par taxi (y compris les services de centrales de réservation)
- la location de véhicules avec chauffeur (petite remise)
- la location de véhicules de luxe avec chauffeur (grande remise). Elle comprend également le transport non médicalisé de personnes à mobilité réduite et les activités des radio-taxis.
Définitions
La profession est régie par la loi du 20 janvier 1995 et définie de la manière suivante : «Tout véhicule automobile de neuf places au plus, y compris celle du chauffeur, muni d’équipements spéciaux, dont le propriétaire ou l’exploitant est titulaire d’une autorisation de stationnement sur la voie publique en attente de la clientèle, afin d’effectuer à la demande de celle-ci et à titre onéreux, le transport particulier des personnes et de leurs bagages.»
Revue professionnelle
L’Artisan du taxi, 01 44 52 23 84
http://www.artisan-taxi.com
Étude Xerfi : Taxis
Contact CCI, Monique Siffert,
03 88 75 25 50
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