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| Numéro 237 . Décembre 2004 |
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Pressings |

La profession du nettoyage à sec traverse une phase d'évolution technologique et commerciale. L'arrivée des discounters et la conjoncture ont eu une incidence sur le nombre de points de vente, en nette diminution depuis 2002. Certains artisans se sont vus contraindre à réduire leur prix, revoir leurs marges ; d'autres se maintiennent en misant sur la qualité.
Le marché du nettoyage à sec : la qualité fait la différence
Le constat est quasiment unanime : depuis l'arrivée de l'euro, le volume des vêtements confiés par les particuliers a diminué dans les pressings. Les textiles deviennent d'un entretien plus facile, les tenues des consommateurs sont plus décontractées et moins aptes à recevoir des soins. Sur les étals des grands magasins, un florilège de produits de nettoyage à sec laissent augurer des miracles en matière de traitement de taches. Autant de facteurs qui expliquent la chute de la consommation de tels services depuis une vingtaine d'années maintenant. Autre tendance, le manque d'accessibilité de certains quartiers précipite une clientèle de ménages actifs vers des propositions de linge déposé le matin, repris le soir lavé, séché et plié ou repassé.
Un lieu convivial, à la propreté impeccable L'important est alors la proximité ; il en est de même pour les dépôts en pressings. En tout état de cause, la qualité reste l'élément qui fait la différence. En effet, les entreprises gagnantes sont celles qui auront su créer un lieu convivial, à la propreté impeccable, à proximité d'un stationnement, d'un supermarché, d'un groupe scolaire. Elles pratiquent la veille sectorielle (innovations techniques, observation des concurrents) et offrent des services en plus (clés et talons minute, vente de bas, retouches, services gratuits comme recoudre un bouton ou faire une petite retouche). Les horaires d'ouverture sont pratiques et les services rapides.
Créer son entreprise Depuis 2002, il y a peu de place pour de nouvelles initiatives, car le marché est saturé. La reprise d'un fonds offre a priori de meilleures opportunités. Attention : le matériel est souvent obsolète et il vaut mieux investir d'emblée dans une nouvelle génération de machines adaptées aux normes écologiques européennes.
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Sylvie Stenger, Pressing de l’Étoile, l'amour du métier
Être debout tout le temps, travailler dans une atmosphère humide, des conditions de travail difficiles qui ne constituent pas un handicap pour Sylvie Stenger, 22 ans de pratique. «Au contraire, car j'aime mon métier ». Il y a un an, elle a repris le Pressing de l'Étoile à Strasbourg Neudorf, mis en vente après 32 ans d'existence. «À 37 ans, c'était le moment pour moi de me lancer », sourit la jeune femme qui a se souvient précisément de sa première expérience à Ostwald en 1983. Elle avait dix-sept ans. C'est à ce moment là qu'elle a commencé à se former aux techniques de repassage, détachage, s'adaptant régulièrement aux produits.
21 ans de pratique dans le même magasin Après avoir exercé la fonction de responsable du Pressing Saint-Thomas à Strasbourg pendant dix-sept ans, elle se sent prête à créer son affaire. Lui reste à présenter le certificat de formation de la Chambre de Métiers d'Alsace, obligatoire pour l'ouverture. Devenue son propre patron, c'est avec beaucoup de plaisir qu'elle gère son magasin. « Le matin, il n'y a pas beaucoup de monde, j'en profite pour travailler. Mes clients viennent par à-coups, plutôt à partir de 16h». Une clientèle de tous âges, même des très jeunes. Un tiers environ habitent le quartier, les autres viennent de l'extérieur. Sa réputation au centre-ville lui a valu l'adhésion de certains anciens clients. Ses prestations sont le nettoyage à sec (robes, manteaux, pantalons, gilets, vestes, etc.) et le lavage de couettes, rideaux, tapis, articles en daim et cuir. Pour se différencier, Sylvie joue la carte de la sympathie et de la qualité. «Depuis l'accroissement de la concurrence et aussi l'arrivée de l'euro, le prix est devenu un critère pour les consommateurs», reconnaît Sylvie qui en vingt ans de métier a pu constater une baisse de la consommation des clients. Et d'expliquer : «De plus en plus de textiles se lavent en machine, les gens ne s'habillent plus de la même façon. Les robes de soirée par exemple deviennent rares. Ce qui marche toujours c'est le basique : robe, veste, pantalon, jupe… Mais dans l'ensemble les vêtements arrivent plus défraîchis qu'à une certaine période». Certains de ses clients viennent uniquement pour le repassage, d'autres demandent du lavé et repassé humide (une part infime de son volume d'affaires). Elle ne pratique pas le repassage au poids : « il faut de la place pour tout le monde ». En reprenant le magasin, elle s'est créé son fichier client, qui s'est enrichi au fur et à mesure.
Après un an d'activité, son chiffre d'affaires annonce une légère évolution, ce qui la stimule. Mais surtout, elle se sent «mieux, indépendante, chez elle ». Le Pressing de l'Étoile est ouvert de 8h à 12 h et de 14 h à 19h. Il est fermé le mercredi après-midi et le samedi après-midi. Des horaires adaptés à ceux des autres commerces de Neudorf et qui lui conviennent pour l'instant. Prix d'un service courant : pantalon en lainage 5,80 €, veste 8,80 €, pull 4,80 €. Une carte de fidélité donne droit à un nettoyage offert.
Contact, 03 88 34 46 97
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Francine Reiser, Pressing des Vosges, savoir-faire et relation de confiance
Le Pressing des Vosges est l'un des premiers pressings de Strasbourg, créé en 1958, alors que démarre l'ère des petites unités de machines à sec et de magasins. Une affaire restée familiale, puisque la dirigeante actuelle, Francine Reiser l'a rachetée à ses cousins en 1989, et compte bien la transmettre à son fils Paul à sa retraite. Titulaire, depuis 1992, du brevet de maîtrise de la Chambre de Métiers de Paris et passionnée par son métier, Francine Reiser s'investit également pour ses pairs, puisqu'elle a contribué à la création du Syndicat patronal de l'entretien des textiles d'Alsace, SPETA, auquel adhèrent une vingtaine de magasins. Celui-ci est affilié à la FNP*, dont elle assure la fonction d'administrateur, et à l'AFPL*, où elle joue un rôle de conseil. « Nous étions 280 pressings en Alsace il y a quatre ans, nous ne sommes plus que 160 actuellement », observe la présidente du syndicat, convaincue de la nécessité d'informer les petites structures qui cherchent leurs marques. Le SPETA leur fournit une veille technologique et réglementaire, des outils d'amélioration des conditions de travail. Un projet informatique spécifique est d'ailleurs en phase de finalisation : une caisse enregistreuse adaptée aux besoins de la profession en étiquetage et suivi. «Nous la proposerons au niveau national», ajoute le fils de Francine Reiser, Paul, qui est aussi un ardent défenseur du caractère artisanal de la profession. «Pour la première fois, le syndicat a exposé à la Foire européenne de Strasbourg, dans le but de présenter leurs savoir-faire et se différencier.»
Si les bons artisans arrivent à se maintenir sur le marché, la conjoncture n'en est pas moins défavorable. « Nous avons subi l'incidence de l'évolution de notre clientèle vers les tenues sportswear qui se lavent en machine et à présent nous avons une clientèle de cadres qui sont touchés par le chômage », regrette Francine Reiser. Et d'ajouter : «Parfois, les clients viennent nous voir lorsqu'ils n'ont pas obtenu de résultats eux-mêmes. Le détachage est un vrai métier, il faut être de plus en plus professionnel, connaître les produits chimiques, les différentes qualités de tissus, la stabilité des couleurs, les réactions des types de taches sur les matières, etc. » Dans son magasin, des tableaux récapitulatifs permettent aux apprenties de mémoriser tous ces aspects. «Elles ont le pli maison ».
Examiner le vêtement avant de démarrer le traitement Mais c'est Francine Reiser qui réceptionne les vêtements et les examine attentivement avant de démarrer un traitement. Une fois enregistrées, les pièces sont orientées dans des casiers différents. Elles sont triées en fonction de la qualité des tissus et des couleurs. Au fond du magasin, s'effectue le prébrossage ou le détachage selon le type de tache. « Il faut avoir le sens du tissu, savoir ce qu'il faut prendre comme produit, contrôler le vêtement à chaque étape de sa manipulation ». Original et pratique, pour une bonne mise en forme du vêtement, celui-ci est mis sur un mannequin passé à la vapeur avant le repassage. Dans la machine à sec en circuit fermé, d'une capacité de 18 kg, pas de surcharge : «il faut donner de l'espace aux solvants, la possibilité aux articles d'être bien essorés, puis séchés et désodorisés».
Un article, sept manipulations Certaines tâches sont entièrement manuelles, à l'instar des chemises qui font d'abord l'objet d'un trempage, puis d'un brossage au savon de Marseille. « Une pièce passe au moins par sept manipulations, de la réception au contrôle-emballage », résume Francine Reiser. Autant d'étapes qui justifient le prix. Le Pressing des Vosges, également dépôt en blanchisserie, est ouvert tous les jours de 8h à 12 h et de 14h à 19 h, sauf le samedi après-midi et le lundi matin. Une amplitude qui correspond aux attentes des clients, qui depuis les 35 heures ont réparti leurs visites. Des habitués du quartier, dont certains depuis près de 30 ans, mais aussi des cadres, professions libérales, parlementaires, habitants d'autres secteurs de Strasbourg. « Nous avons un fichier de clients hors centre- ville de près de 40 %», note Paul Reiser. « Donner ses vêtements est un acte de confiance, nous en prenons soin, les rénovons », résume Francine Reiser qui se positionne en « sorte d'institut de beauté du vêtement ». Au Pressing des Vosges, les objets les plus sophistiqués retrouvent leur âme, à l'instar du coussin au plissé sophistiqué ou du vêtement en daim défraîchi.
Contact, 03 88 35 61 39
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| Brèves |
LE MÉTIER
Le teinturier a pour mission de restituer son aspect au vêtement. Pour cela, il doit en premier lieu déceler les taches, trous et usure des vêtements, avant de leur redonner un aspect neuf. Il adapte son traitement en fonction de la nature des tâches (couleur, aspect des bords) et des tissus. Après l'opération de détachage, intervient le nettoyage dans des machines très perfectionnées. Enfin, un travail de finition vise à rendre au vêtement sa forme d'origine.
COMBIEN SONT-ILS ?
Selon l'étude sur le marché des pressings en France, il existe quelque 8 000 pressings répartis entre 7 200 points de vente indépendants et 800 points de vente organisés en réseaux. Source : APCE, 2002
ORGANISMES PROFESSIONNELS
CFET, Conseil français de l'entretien des textiles, Paris 01 53 35 66 30 FNP, Fédération nationale des pressings, Paris 01 40 38 13 13 AFPL, Association pour la formation des pressings et laveries, Paris 01 40 38 13 13
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INFORMATIONS AUX CONSOMMATEURS
Chaque magasin doit comporter une information, sous forme d'affiche, relative aux « conditions générales des prestations nettoyage à sec et blanchisserie » comprenant les rubriques suivantes : conditions générales des prestations, délivrance du ticket de dépôt, responsabilité des entreprises, étiquetage, responsabilités encourues par le professionnel, indemnisation, remboursement, etc.
CONDITIONS D'INSTALLATION
Le projet de création est soumis à une déclaration préalable auprès de la préfecture, sous réserve du respect des normes de protection de l'environnement et de sécurité. Elle est liée à autorisation si le pressing utilise plus de 1 500 litres de solvant.
FORMATION
Être formé au métier est impératif. Les possibilités : CAP entretien des articles textiles en entreprises artisanales, BP maintenance et entretien des textiles, BM nettoyeur apprêteur. La profession se mobilise par ailleurs autour d'actions de formation.
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TEINTURERIE-PRESSING
Les codes NAF distinguent :
– 90 A : blanchisserie, teinturerie à sec de gros ;
– 93 B : blanchisserie de détail, nettoyage à sec.
Il faut distinguer :
– les pressings traditionnels tenus dans leur majorité par des commerçants indépendants (à part quelques réseaux comme Pressing Siprex) ;
– les discounts, avec des prix défiant toute concurrence ;
– les pressings soignés comme 5 à Sec, figure emblématique du secteur.
RÈGLES À RESPECTER
La laverie-blanchisserie et l'atelier de nettoyage à sec-pressing sont soumis à la réglementation des installations classées pour la protection de l'environnement (notamment à cause de l'emploi de liquides halogénés). Se référer à l'arrêté type 251 de la loi 76-663 du 19 juillet 1976, relatif aux installations classées. Celui-ci demande que les « déchets et résidus produits par les installations de nettoyage à sec soient stockés dans des conditions ne présentant pas de risque de pollution (prévention des envols, des infiltrations dans le sol, des odeurs, etc.) ». Un nouvel arrêté type (numéro 2345) est paru en mai 2002.
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LA CONCURRENCE DES PETITES STRUCTURES
- le particulier : huit millions de tonnes sont lavées à domicile, contre 250 0000 tonnes confiées au pressing
- les services de ramassage et de remise de vêtements à domicile
- les centres d'aide par le travail qui, bénéficiant de subventions, peuvent pratiquer des prix défiant toute concurrence
- les discounters, qui proposent des prix très bas
Les pressings des hypermarchés captent environ 2 % de la clientèle. Source : APCE, 2002
DOCUMENTATION
Contact CCI, Monique Siffert, Espace Info Éco, 03 88 75 25 50
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