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Le Point Eco
Numéro 230 . Mars 2004

Les brasseurs en Alsace

La bière offre en France une diversité culturelle qui se retrouve dans les productions des différents brasseurs. L’Alsace, qui représente 60,8 % de la production nationale, se caractérise par un tissu industriel constitué d’entreprises d’origine familiale, dont certaines ont intégré de grands groupes, mais aussi de quelques microbrasseries, qui reprennent du galon depuis les années 90. Point commun : la recherche de produits innovants pour satisfaire aux goûts des consommateurs.

Le paysage alsacien : Des structures familiales et indépendantes, des groupes… et des microbrasseries
Avec près de onze millions d’hectolitres, l’Alsace représente un peu plus de 60,8 % de la production nationale en 2003, en augmentation de 2,6 % par rapport à l’année précédente. Le développement de la production alsacienne est un phénomène récent, puisqu’elle ne représentait, dans les années 1960, que 20 %. Le secteur génère actuellement 2 350 emplois directs dans notre région, sans oublier les 350 salariés dans ses différentes filiales de distribution.
Les dernières statistiques régionales indiquent également une stabilité, en 2003, des ventes en fûts, une forte progression des ventes de bière en boîtes (+ 9 %) ainsi qu’une évolution contrastée des ventes en bouteilles (par exemple : + 4% pour les petites bouteilles perdues, - 7% pour celles consignées).
Ces résultats régionaux honorables ne doivent cependant pas occulter les résultats de la production nationale : les ventes en 2003 se sont élévées à 18,13 M hl soit, malgré l’été exceptionnel, à peine plus de 15 000 hl que l’année précédente. En 2002, les ventes avaient déjà diminué de près de 3%. Il est vrai que la bière ne représente que 15 % de la consommation d’alcool pour les Français, contre 25% de consommation de spiritueux. L’association des brasseurs de France constate un déclin du secteur CHD (cafetiers, hôteliers, distribution) : 6,125 M hl contre 6,521 en 2001 (- 6 %).
Selon Gilbert Grasser, secrétaire général du syndicat des brasseurs d’Alsace : «La climatologie exceptionnelle de 2003 a occulté la baisse structurelle du marché de la bière en France ;
celle-ci est accentuée par les restrictions des moyens d'expression publicitaire et par la politique gouvernementale en matière d'alcool dont les effets, défavorables à la consommation, ont amélioré la sécurité routière. Cette baisse entraîne des surcapacités de production qui suscitent une concurrence très vive entre les différents acteurs du marché.». Rappelons également que, contrairement aux idées reçues, avec 34,7 l par an et par habitant, la France est l’un des plus faibles consommateurs de bière en Europe, seule l’Italie en consomme encore moins. Sont en tête, l’Irlande (124 l), talonnée de près par l’Allemagne (121,5 l).

Moderniser ses outils
La brasserie en France investit environ 175 M€ par an dans la modernisation des outils de production et dans les actions de valorisation pour l’environnement. En Alsace, 30 M€ ont été affectés en investissements matériels. Filière agroalimentaire majeure par son poids agricole et ses circuits de distribution, elle est un débouché essentiel pour l’agriculture en France, terroir de la culture d’orge de brasserie de grande qualité. Elle est aussi, depuis 25 ans, le premier exportateur mondial de malt. Près de 12 % des bières brassées dans le monde le sont à partir d’orges de brasserie et de malts français. Les autres fournisseurs des brasseurs sont très divers : fabricants de bouteilles en verre, de boîtes acier et aluminium, de bouchons, packs, étiquettes, sous-bocks, etc. sans oublier les fabricants d’équipement industriels, les sociétés de transports, de communication.

Une consommation rythmée par la météo
Saisonnière, la vente de bière est très sensible aux variations de températures et atteint son plus haut niveau pendant l’été. La saison estivale (mai-août) représente environ 39 % des ventes annuelles de bière. Cependant, la canicule de 2003 n’a pas réussi à doper véritablement les ventes. Pour séduire les consommateurs, les brasseurs sont contraints à les surprendre sans cesse par de nouveaux produits.

Les brasseries


Les indépendants

> METEOR
AMOUR DE L'ALSACE ET ESPRIT DE FAMILLE
Implantée à Hochfelden, Meteor est la première brasserie indépendante en France. Dirigée depuis sept générations par la famille Haag, elle est issue de l’union, au XIXe siècle, de la famille Metzger, une famille de brasseurs strasbourgeois, à la famille Haag, brasseurs d’Ingwiller. «Nous sommes indépendants et souhaitons le rester», clame Yolande Haag, l’ambassadrice de l’entreprise, qui partage la passion de la bière avec son mari Michel, pdg et président de l’Association des brasseries indépendantes de France. Les valeurs qui les caractérisent sont le goût de l’indépendance, l’esprit de famille et l’amour de l’Alsace. Au coeur de leur stratégie : l’innovation et la diversification. À côté de la célèbre «Meteor Pils», la brasserie brasse différentes bières spéciales et bières de spécialité comme la «Mortimer», bière ambrée pur malt, la blanche, au malt de froment et la «Wendelinus», bière d’abbaye. Elle réalise également des produits à marque de distributeurs, tant pour ses clients français qu’étrangers. Meteor est présente en Grande- Bretagne, Italie, Suisse, Hollande et aux USA. L’export, qui représente environ 8 % de la production, est un domaine stratégique : «Nous profitons des marchés en développement pour compenser ceux qui diminuent. Notre présence dans de nombreux pays nous rendent moins vulnérables à la concurrence ». Au total, quelque 430 000 hl sont produits chaque année, pour un chiffre d’affaires de 31 M€. Avec sa filiale, Meteor Distribution Boissons, la brasserie occupe 200 employés.
Contact
6, rue du Général Lebocq
67270 Hochfelden
03 88 02 22 22


> SCHUTZENBERGER
TRADITION ET INNOVATION
Doyenne des brasseries alsaciennes, la brasserie Schutzenberger a été fondée en 1740 dans le quartier de la Krutenau à Strasbourg et s’est rapidement taillé une importante notoriété sur, ce qui est toujours son cheval de bataille, la qualité. La finesse de ses bières lui a permis de devenir une «Brasserie royale» avec comme privilège de fournir les troupes de Louis XV et de Louis XVI. La Révolution la réforma en «Grande brasserie de la Patrie». L’entreprise s’installe à Schiltigheim en 1866. Grâce au caractère familial de l’entreprise, à la rigueur et au savoirfaire de ses dirigeants, la brasserie a su se développer tout en préservant son indépendance. Rina Muller en a pris la direction en 1994, succédant à son père Charles Walter qui a dirigé, avec exigence et un grand souci d’innovation, l’entreprise durant plus de cinquante années. En reprenant les rênes de la brasserie avec le même esprit, la seule femme Pdg d’une brasserie fait aujourd’hui figure d’aristrocrate de la bière et préside, par ailleurs, le syndicat des brasseurs d’Alsace. Toujours à la pointe de l’innovation, Schutzenberger a conditionné (le premier) ses bières en boîte, a lancé, en 1976, la première bière sans alcool, en pression également (Sant’or) et relance la tradition de la bière de Noël. Les traditionnelles qui ont fait la réputation de la maison (Jubilator, Tütz, Pils) sont brassées et élaborées selon une méthode artisanale, avec une eau des plus pures. La gamme de sa production est régulièrement élargie : la bio (bière non filtrée et naturellement trouble), la bière sur lie, la bière sur griotte, la bière de mars (élaborée avec l’orge d’été et les houblons d’automne) et, plus récemment, la Criolos, au goût chocolaté avec le pâtissier Mulhaupt, une boisson destinée à séduire les femmes. Sa production annuelle s’élève à environ 190 000 hl avec un effectif de moins d’une centaine de salariés, son chiffre d’affaires à 15 M€ et 5% de sa production est réservé à l’export. D’importants investissements ont été récemment réalisés afin de rationnaliser la production et le conditionnement.
Contact
8 rue de la Patrie
67300 Schiltigheim
03 88 18 61 00



Les grands groupes

Heineken
Le groupe occupe plus de 34 % de parts de marché de la brasserie et est présent sur six sites en France dont deux dans «la cité des brasseurs », à Schiltigheim, distants de quelques centaines de mètres à peine. Le groupe «Heineken International» est le premier brasseur européen et le numéro trois mondial avec plus de 108 M hl vendus en 2002. Sa bière est distribuée dans plus de 170 pays avec 110 brasseries implantées dans plus de 50 pays, avec plus de 48 000 salariés dans le monde.

> BRASSERIE FISCHER
BRASSEUR DEPUIS 1821
Les origines de la Brasserie Fischer remontent à l’année 1821 à Strasbourg. À l’étroit dans ses locaux de la rue du Jeu-des- Enfants, dès 1854, elle déménage vers Schiltigheim. L’eau y est d’excellente qualité et le sous-sol argileux permet d’aménager des galeries pour y conserver la bière au frais. En 1918, elle adopte le nouveau nom de «Brasserie du Pêcheur», puis rachète, en 1922, plusieurs de ses consoeurs dont la brasserie Adelshoffen. Michel Debus, son pdg, en a longtemps assuré les destinées et la réputation de ses bières. En 1996, la brasserie rejoint le groupe néerlandais «Heineken International» qui se positionne parmi les leaders européens de l’industrie brassicole. «Fischer» prend ainsi une nouvelle dimension. Certifié Iso 9002, 14001 et Iso 9001 (version 2000), son site de production s’étend sur 40000 m2 à Schiltigheim. Depuis 2002, le pdg est Pascal Sabrié. L’effectif s’élève à 385 collaborateurs, son chiffre d’affaires à 268 M€ et sa production annuelle à 1,4 M hl. 40 % de la production (en bouteilles ou à la pression) sont destinés au secteur CHD, consommation hors domicile : cafés, bars, hôtels et restaurants. 35 % alimentent les rayons boissons de la grande distribution et les commerces de proximité. 25 % partent vers l’Allemagne, l’Italie, la Suisse, la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Belgique, l’Espagne. Produits phares : «Fischer Tradition Alsace», «Dorelei» et «Alsace de Fischer» et d’autres bières de spécialités : «Adelscott», «Desperados» et «Kriska». Depuis avril 2001, Fischer bénéficie d’une plate-forme logistique de 72000 m2 au Port autonome de Strasbourg.
Contact
7, route de Bischwiller
67301 Schiltigheim
03 88 33 82 00


> HEINEKEN
LE SITE HISTORIQUE DE L’ESPÉRANCE
Le deuxième site du groupe, en face de la mairie de Schiltigheim, est le plus ancien du groupe Heineken car il s'agit de la brasserie de l'Espérance, fondée en 1746 par la famille Hatt à Strasbourg, et qui produisait la bière «Ancre». C’est vers 1855 que Philippe- Jacques Hatt creuse les caves de fermentation et de garde à Schiltigheim, à l’emplacement actuel. En 1863, toute l’entreprise y est transférée. Jean-Louis Hatt, le frère, installe en face une malterie dont il ne reste aujourd’hui que la cheminée. Une des plus importantes salles de brassage, avec ses mosaïques au sol, ses vitraux et six grandes cuves en cuivre est construite en 1933, un équipement fastueux toujours en activité. En 1969, L’Espérance adhère au groupe «l’Alsacienne de Brasserie» (Albra) avec les brasseries de Mutzig, de Colmar, de la Perle à Schiltigheim et de Haag à Ingwiller. Albra est reprise par le groupe Heineken en 1972 qui va faire d’importants investissements. En 1986, Heineken France va devenir la Française de Brasseries en s’associant à l’Union de Brasserie et la brasserie Pelfort. En 1992, la brasserie de Schiltigheim est la première brasserie européenne à obtenir la certification ISO 9002. Avec 323 salariés et une capacité de production de 1,850 M hl, elle assure la production de bières de marques 33 export, Panach’, Buckler, etc.) avec une capacité de 2,4 millions de bouteilles, 1,2 millions de boîtes et 9 600 fûts par jour. Près de 3,4M€ d’investissements techniques ont été réalisés en 2003.
[ Contact ]
4, rue Saint-Charles - 67300 Schiltigheim
03 88 19 58 00



> BRASSERIES KRONENBOURG
PLUS DE TROIS SIÈCLES DE TRADITION BRASSICOLE
C’est en plein coeur de Strasbourg que Jérôme Hatt, tonnelier-brasseur, fabrique sa première bière, en 1664, dans la brasserie du Canon, place du Corbeau. En 1850, Frédéric-Guillaume, l’héritier de la famille Hatt, s’installera dans le quartier de Cronenbourg. Quelque cent ans plus tard, la brasserie Kronenbourg s’ouvre sur l’Europe en distribuant sa gamme – dont la «1664» – en Allemagne, Suisse, Belgique et Italie. Pour faire face au développement, une nouvelle brasserie sort de terre à Obernai, en 1969. D’une capacité de production de 6,5 M hl par an, elle sera la plus importante brasserie d’Europe à obtenir la certification Iso 14001. En 1986, Kronenbourg s’unit à Kanterbrau, alors dans le groupe Danone. Puis, ce sera une nouvelle étape pour l’entreprise en 2000, avec l’intégration du groupe britannique Scottish & Newcastle, fondé en 1749, qui a acquis une dimension européenne. Aujourd’hui, les brasseries Kronenbourg se positionnent comme le n°1 en France, avec 40 % de parts de marché. Comprenant des brunes, blondes, blanches ou ambrées, bières sans alcool, panachés ou à base de pommes, Kronenbourg décline ses produits à travers une large gamme de marques. Le volume commercialisé par les brasseries Kronenbourg est de 8,5 M hl, pour un CA de 850 M€. Les deux sites de production, Obernai (capacité 6Mhl) et Champigneulles (3 M hl), emploient 1 900 salariés.
Contact
68, route de d’Oberhausbergen
67200 Strasbourg
03 88 27 44 88


> KARLSBRAU FRANCE
LA BRASSERIE DE SAVERNE
Avant d’accéder au stade industriel, la brasserie de Saverne était une de ces brasseries alsaciennes artisanales où les secrets de fabrication se transmettaient de génération en génération. De ce passé qui remonte à l’origine de la bière, il est resté un savoir-faire inimitable. Aujourd’hui, la brasserie appartient à Karlsbrau Drance SA, filiale du groupe allemand Karlsberg, un des premiers producteurs de boissons européens. Ce groupe exerce ses activités dans les domaines des boissons, de l’immobilier, du bienêtre et des prestations de services. Grâce à une ouverture de son capital à Heineken et Schörghuber, Karlsberg a pu renforcer sa commercialisation de bières spéciales et internationaliser ses activités. Saverne propose une gamme étendue de bières qui se complètent. Brunes, blondes, fines, légères, ambrées ou amères, c’est en raison de cette diversité que la brasserie de Saverne se révèle un partenaire idéal des CHR.
Contact
60 rue de Dettwiller
67701 Saverne
03 88 02 19 99



Les brasseries artisanales
Réponse forte à la vague de concentration engagée dans l’industrie brassicole, les microbrasseries font la joie des consommateurs en quête de goûts identitaires mêlant qualité et terroir, souvent garantis par une absence de filtration ou de pasteurisation. La caractéristique de la plupart des microbrasseries est la consommation sur place, tirée à la pression.

> BRASSERIE D’UBERACH
15 PRODUITS DIFFÉRENTS
Créée en juin 1999 à Uberach par Éric Trossat, cette microbrasserie propose une gamme étoffée, soit 15 produits différents, bières aromatiques de dégustation, commercialisées en bouteilles de 33 et 50 cl, titrant en moyenne 4,8% d’alcool. «Nous cherchons à faire des aromatisations peu courantes, blondes, brunes, ambrées, noires, à base de gentiane, de gingembre, peu sucrées. Nous proposons également une bière à la rose et au gingembre, aux épices et potiron, aux fruits rouges, aux épices et à la cannelle… » souligne son créateur. Le prix de vente moyen est de 2,60 € la bouteille de 50 cl. Éric Trussat s’adresse «aux vrais amateurs de bières en quête de qualité, autre chose qu’une bière de soif». Avec ses deux employés à temps plein, Éric produit quelque 1 500 hl par an, chiffre plutôt honorable, car sur les 150 microbrasseries qui existent en France, les deux tiers réalisent à peine 800 hl. Sa capacité est de 60 hl par semaine, néanmoins Éric Trossat ne souhaite pas la développer. Vendue à 90 % à des revendeurs (commerces de détail, GMS, CHR) et entreprises pour des salons ou cadeaux d’affaires, la bière est également dégustée et vendue sur place. Sur rendez-vous, les groupes sont accueillis pour visiter la brasserie. Par an, près de 150 bus, en provenance des quatre coins de la France s’arrêtent à Uberach. Il leur propose également des verres, chopes et sous-bocks, des produits confectionnés à base de bière.
Contact
30, grand'rue
67350 Uberach


>Brasserie de Saint Pierre
DE LA CUVE À LA SALLE DE RESTAURANT
Créée en 2001 par Marilyn et Claude Varga, cette brasserie artisanale est couplée à un restaurant qui propose des spécialités culinaires alsaciennes à la bière et des tartes flambées. Blanches, brunes, blondes, ambrées, les bières de la brasserie sont de fermentation haute, non filtrées, non pasteurisées, de garde sur lie, refermentées en bouteilles dans la tradition des bières d’abbaye. De nombreuses bières spéciales, aussi, sont renouvelées selon la saison et l’envie du brasseur. Visites des installations et explication du procédé de fabrication sur rendez-vous. (Voir dans Point Éco, n° 212, la présentation détaillée du concept, à l’occasion du « Passeport Entreprendre »).


>LE SCALA
LA MOUSSE ENTRE EN SCÈNE
À Neudorf, un quartier de Strasbourg, la microbrasserie du Scala est née il y a près de trois ans, au moment où le bâtiment qui l’abrite allait connaître sa nouvelle destinée. Bien connu des habitants du quartier, le Scala a tout d’abord été un cinéma durant une quarantaine d’année, puis a accueilli différents commerces de vêtements avant d’être transformé finalement en salle de théâtre. L’immeuble, à l’architecture des années 30, se partage en plusieurs niveaux : caveau en sous-sol pour les petits spectacles, microbrasserie et restaurant au rez-de-chaussée et salle de théâtre de 200 places au premier étage. Dirigée par Pierre Dossmann, la brasserie du Scala, établissement au fonctionnement indépendant de la salle municipale de théâtre, accueille, avant et après les spectacles, les amateurs de bières et de spécialités alsaciennes. Sur place, le brasseur concocte les bières blondes, pils, dorées, spéciales et bières de saison (près de 500 hl par an), essentiellement consommées dans le restaurant ouvert sept jours sur sept (fermé entre 15 et 17h).
Contact
96, route du Polygone
67100 Strasbourg
03 90 41 25 90


> BRASSERIE DE LA LANTERNE
BIÈRES GOÛTEUSES POUR PETITES FAIMS
Créée par Francis Bouchon en décembre 1998, cette microbrasserie, située en plein centre de Strasbourg, dispose de neuf cuves qui permettent au brasseur d’alterner les saveurs. Au total, douze recettes de bières, goûteuses, non filtrées et non pasteurisées, sont servies aux clients amateurs de qualité. Pour les petites faims, tartes flambées et saucissons secs. La brasserie de la Lanterne est ouverte tous les jours de 16h à 1h30.
Contact
5, rue de la Lanterne
67000 Strasbourg
03 88 32 10 10


> RESTAURANT LAUTH
LE PATRON EST UN BRASSEUR
À Scharrachbergheim, le patron du restaurant est à la fois cuisinier et brasseur. Daniel Lauth réalise sa propre bière depuis 1997, il était le deuxième en Alsace à s’être lancé dans la bière artisanale. Par an, il produit quelque 600 hl, blonde, ambrée, bière de Noël et bière de mars, bière des vendanges (il y ajoute 20 % de jus de muscat). La noire a obtenu la Médaille d’Or à Eurobière 1999, dans la catégorie «stout». Ses bières, réservées à ses clients, sont consommées ou vendues sur place.
Contact
82, rue Principale
67310 Scharrachbergheim
03 88 50 66 05


> AU BRASSEUR
LE PREMIER DE STRASBOURG
Bruno Rocher est le gérant de la brasserie «Au brasseur» (anciennement «Les 3 brasseurs») située dans le coeur historique de Strasbourg. Elle est née en 1991 et est la plus ancienne microbrasserie de Strasbourg. La bière fabriquée sur place est uniquement consommée sur place. Quatre bières (blonde, brune, blanche, ambrée) sont disponibles en permanence, auxquelles s’ajoutent des bières de saison comme la bière de mars ou de Noël. Au total, la consommation est de 1 800 hl par an, soit 500 l vendus par jour.
Contact
22, rue des Veaux
67000 Strasbourg
03 88 36 12 13



À LIRE, A CONSULTER
- Voyage au bout de la bière,
guide gourmand de la bière de Jean-Claude Colin, Éditions Schortgen
- La bière en Alsace
par Jean-Claude
Colin et Jean-Daniel Potel-Jehl, Éditions Coprur.

www.culturebiere.com
(tout sur la bière : historique, fabrication, lexique, etc.)
www.cisb-infos.com
(centre d'information scientifique sur la bière : bière et médecine à travers les âges)
www.infobiere.net
www.brasseurs-de-France.com

Compléments d'information non publiés dans l'édition papier du Point Eco


La distribution de la bière
Selon le bureau d’études Xerfi, une récente enquête indique que les GMS (grands magasins et grandes surfaces) constituent le premier circuit de distribution de la bière dans l’hexagone. La grande distribution représente 2/3 des ventes, avec un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros. Le circuit CHR/CHD (cafés, hôtels, restauration, consommation hors domicile) est dominé par la restauration, dont la vente de bière est estimée à 6 milliards d’euros, soit un peut plus de 10 % du chiffre d’affaires total du circuit. À la différence du Royaume-Uni, les Français préfèrent consommer de la bière à leur domicile, plutôt que dans les cafés. Le circuit du commerce de détail assure près de 60 % des volumes de vente de bières.
La distribution de bière en consommation hors foyer (31 % des ventes) est soumise à un contrat de bière entre le débitant de boissons et le brasseur. Ce type d’entente est courant dans le nord et l’est de la France. Le débitant de boissons s’engage, pour un certain nombre de boissons, à ne s’approvisionner qu’auprès du brasseur négociant. En contrepartie, ce dernier accorde une aide matérielle sans laquelle le débitant n’aurait pas, parfois, les moyens de s’installer.

L’association des Brasseurs de France
Fondée en 1880, cette association est l’organisme fédérateur de la profession brassicole française. Elle est chargée de défendre les intérêts généraux de la profession dans les domaines économiques, sociaux, et représente les brasseurs auprès des administrations compétentes, des syndicats, de la presse et des instances publiques ou privées. Elle représente les intérêts de 35 sociétés brassicoles très diverses en taille et réparties sur toute la France. Celles-ci produisent plus de 250 bières différentes, pour 2 milliards d’euros de CA et 4 800 emplois. Ce sont quelque 18 millions d’hectolitres produits, dont 10 % sont exportés essentiellement en Europe.
Contact : 01 42 66 29 27
Site : www.brasseurs-de-France.com

Production alsacienne
L’Alsace représente, en 2003, un peu plus de 60 % de la production nationale, avec près de onze millions d’hectolitres, en augmentation de 2,61 % par rapport à l’année 2002. Le développement de la production alsacienne est un phénomène récent, puisque la production ne représentait que 20 % dans les années 1960. Le secteur génère 2350 emplois directs en Alsace, sans oublier les 350 salariés dans ses différentes filiales de distribution.
On constate, en Alsace, une stabilité des ventes en fûts, une forte progression des ventes de bière en boîtes (+ 9 % en Alsace) et une évolution contrastée de celle en bouteille (par exemple : + 4 % pour les petites bouteilles perdus, - 7 % pour les petites bouteilles consignées).

Quelques repères historiques en Alsace
  • - Dans les années 1930, la production des 22 brasseries alsaciennes est de l’ordre de 1,8 à 2 millions d’hectolitres. Après la guerre, la production tombe à 736 000 hl en 1948

  • En 1950, elle remonte à 1,3 millions d’hl : 5 brasseries dépassent 100 000 hl : Kronenbourg, Espérance, Pêcheur, Perle, Schutzenberger

  • L’année 1969 marque le début des grandes opérations de fusion avec la création de la Société Alsacienne de Brasserie (ALBRA) qui regroupe les activités de l’Espérance, de Perle, de Mutzig et de Colmar, soit une production de 1,4 millions d’hl.

  • 1980 : ALBRA devient Heineken France qui fusionnera avec Pelforth et l’Union de Brasseries en 1986 pour constituer la Française de Brasserie devenue Brasseries Heineken en 1993

  • 1982 : les brasseurs d’Alsace dépassent 10 millions d’hl et représentent 50 % de la production nationale en 1985, celle-ci passe à 11,5 millions en 1999

  • 2000 : Danone, qui a fusionné avec BSN-Kronenbourg et Evian en 1970, cède Kronenbourg à Scottish et Newcastle, Adelshoffen ferme et Kronenbourg arrête de produire à Strasbourg, privilégiant l’usine d’Obernai

  • L’Alsace représente un peu plus de 60 % de la production nationale, avec près de onze millions d’hectolitres, en augmentation de 2,61 % par rapport à l’année 2002. En Alsace, les ventes en 2003 ont, par contre, connu une progression de 2,6% par rapport en 2002. Le développement de la production alsacienne est un phénomène récent, puisque la production représentait 20 % seulement dans les années 1960. Le développement de l’industrie alsacienne n’est pas seulement du fait des entreprises familiales, Météor et Schutzenberger, mais des grandes entreprises comme Kronenbourg et Heineken.

  • Le secteur de la brasserie génère 2350 emplois directs en Alsace, sans oublier les 350 salariés dans ses différentes filiales de distribution.

  • Par contenants, on constate une stabilité des ventes en fûts, une forte progression des ventes de bière en boîtes (+ 9 % en Alsace) et une évolution contrastée de celle en bouteille (par exemple : + 4 % pour les petites bouteilles perdus, - 7 % pour les petites bouteilles consignées)


Les types de bières
Pour les brasseurs, il n’existe que trois types de bières :
- fermentation basse : 90 % des bières produites à travers le monde
- fermentation haute : 8 %
- fermentation spontanée : 2 %
Ces professionnels citent généralement le genre et la méthode de fermentation utilisée pour décrire leurs produits.
Les genres (qui peuvent être de l’un des trois types) :
- les pils
- les lager
- les abbayes
- les trappistes
- les blanches
- les fruitées
- les fumées
- les stouts
- les aromatisées

Une autre classification prend en compte l’origine géographique pour une typologie en relation avec les habitudes alimentaires et culturelles. Il est courant d’entendre que :
- les pils sont allemandes
- les Trappistes belges
- les lagers internationales
- les blanches bavaroises ou belges
- les fruitées bruxelloises
- les fumées de francophonie…
Ces notions sont parfois exactes mais restent floues. Elles sont interprétables et liées au degré de connaissances brassicoles de la personne qui donne la classification.
Source : www.infobiere.net

Les étapes de la fabrication
- l’orge devient malt : c’est le rôle des malteries, entreprises indépendantes des brasseries. Les grains d’orge intacts sont nettoyés, absorbent de l’oxygène et germent. L’humidité restante est retirée dans des installations en forme de tours, le grain d’orge tombé à 4 % d’humidité est devenu malt
- le malt devient moût : concassé, il est mélangé avec de l’eau. Le mélange est élevé en température dans une cuve matière ; l’amidon se transforme en sucre. Filtré, le mélange devient moût
- le moût devient bière : porté à ébullition, il est additionné de fleurs de houblon, infusé et refroidi.
- ensemencé avec de la levure de bière, il fermente pendant une semaine, le sucre se transforme en alcool
- la bière acquiert son bouquet : débarrassée de ses levures, maintenue à 0 pendant quelques semaines dans de vastes cuves de garde, la bière mûrit et parfait son bouquet. Filtrée à nouveau, elle est prête pour être soutirée et mise en fûts et bouteilles.



Brèves
Le syndicat des brasseurs d’Alsace
Seul syndicat régional qui se soit maintenu avec celui de la région Nord, il représente les intérêts des six établissements alsaciens : Fischer, Heineken, Kronenbourg, Météor, Schutzenberger et la Brasserie de Saverne. Il relaie les préoccupations de la profession auprès des élus et partenaires – c’est le cas pour l’évolution de la fiscalité sur la bière – et met en place certaines actions de communication, comme le lancement de la bière de Noël. Il intervient également au sein de groupes de travail sur la convention collective, l’environnement, la sécurité.
[ Contact ]
Gilbert Grasser
03 88 35 40 63

De l’épi au demi
Contrairement à une idée reçue, l’ingrédient principal de la bière n’est pas le houblon, c’est l’orge. Le houblon est une plante grimpante dont les fleurs mâles et femelles croissent sur des pieds différents et donnent une farine jaune cireuse, amère et aromatique, le lupulin. En Alsace, la Cophoudal, coopérative de houblon d’Alsace, est réputée jusqu’aux États- Unis grâce à sa variété Strisselspalt, variété haut de gamme. 80 % du houblon alsacien est exporté.

La distribution de la bière
Selon le bureau d’études Xerfi, une récente enquête indique que les grands magasins et grandes surfaces constituent le premier circuit de distribution de la bière dans l’hexagone et représentent 2/3 des ventes. À la différence du Royaume-Uni, les Français préfèrent consommer de la bière à leur domicile, plutôt que dans les cafés. Le circuit du commerce de détail assure près de 60% des volumes de vente de bières.
[ Contact CCI ]
Études Xerfi
Monique Siffert,
03 88 75 25 52

Le commerce extérieur
Les échanges commerciaux entre la France et ses principaux partenaires demeurent très limités. En effet, aux exportations directes, les brasseurs préfèrent les contrats de distribution ou les implantations locales. Ils confient le brassage à leurs partenaires locaux ou à leurs filiales. Selon les statistiques des Douanes, les exportations de bières (2,289 M hl) ont diminué de 2 % en 2002, alors que les importations restaient stables (4,802 M hl en 2002). En valeur, les exportations ont cependant progressé légèrement (1 %) : 190 M€ contre 188 millions en 2002, ainsi que les exportations (277 M€ contre 274 millions en 2001).

Tourisme et gastronomie brassicoles
La plupart des brasseries et microbrasseries alsaciennes peuvent être visitées, de même que des balades dans les houblonnières, à proximité de Strasbourg, sont organisées dans le cadre de la «Route de la bière». La bière inspire de nombreux cuisiniers (de plus en plus de recettes allient la bière aux mets), des pâtissiers et des fabricants d’eaux-de-vie. Un mariage de goûts subtils et une manière agréable de mettre en valeur le patrimoine brassicole.
[ Contact ]
Agence de développement touristique du Bas-Rhin, 03 88 15 45 88

Le métier de brasseur
Les entreprises procédant à la fabrication de bières sont répertoriées par l’INSEE sous le code NAF 159 N. Cette classe comprend notamment la production de bières, de panachés et de bières sans alcool.

La réglementation
La réglementation française concernant la bière se réfère à la réglementation des boissons alcoolisées. Elle a d’abord été marqué par l’entrée en vigueur de la loi Evin, relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme. Cette loi s’est notamment traduite par un ensemble de mesures restrictives quant à la publicité sur ondes radio, télévisuelles et dans la presse. L’amendement du 8 août 1994 autorise, en revanche, les campagnes publicitaires par affiche et enseigne sur l’ensemble du territoire.

La place dans l’économie
L’industrie de la bière occupe une place non négligeable dans l’industrie des boissons, en terme de chiffre d’affaires et d’effectifs employés. Les brasseries sont historiquement implantées dans le nord et l’est de la France. Sur 25 établissements, 12 sont implantés dans le Nord-Pas-de-Calais et 8 en Alsace. En 2001 et 2002, les opérations d’acquisition et les partenariats entre brasseurs se sont poursuivis. Ainsi, le Bavarois Schörghuber et le Néerlandais Heineken sont entrés dans le capital de l’Allemand Karlsberg à hauteur de 45 % en juin 2002. Source : Xerfi.

Les politiques d’investissement
Les politiques d’innovation des brasseurs, tant en termes de nouveaux produits que de nouveaux conditionnements induisent une certaine adaptation de l’outil productif mais aussi une augmentation des capacités de production. Source : Xerfi

La communication
Pour dynamiser la consommation de bière des ménages (à domicile et hors foyer) et accroître leur notoriété, les industriels investissent des sommes considérables dans la communication (campagne d’affichage, presse) et le marketing (animations, parrainage, etc.).