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Le Point Eco
Numéro 251 . Juillet-août 2006

Interprètes et traducteurs

Ne devient pas interprète ou traducteur qui veut : le métier, particulièrement exigeant implique de maîtriser trois langues au minimum. Sur un marché très concurrentiel, se côtoient les sociétés qui emploient des salariés ou travaillent en sous-traitance, et les indépendants. Ces derniers sont les plus nombreux.

380 combinaisons linguistiques Pour des documents techniques, scientifiques et juridiques
Témoignage / Polyglotte, société de traduction
Lorsqu’elle déménage en 1996 à Ingwiller, Polyglotte affiche déjà plus de dix ans de présence en Alsace. La directrice générale, Marie-Louise Dillinger, a créé l’entreprise à Strasbourg en 1986, après dix ans passés à Singapour. Interprète free-lance pour le World Trade Center, elle a travaillé pour compte de groupes industriels, aéronautiques, automobiles, bancaires, etc. C’est d’ailleurs dans continuité de ce savoir-faire acquis en Asie du Sud-Est qu’elle a opté pour une spécialisation en traduction de textes techniques, scientifiques et juridiques. Philippe Dangelser, aujourd’hui directeur technique de Polyglotte, a rejoint l’entreprise en 1987. Il est l’artisan d’une structure totalement informatisée, de la création de banques de données, du recrutement de nouveaux collaborateurs, traducteurs, réviseurs ou terminologues. Il supervise également le département de microédition.

Un vivier de 450 traducteurs indépendants
Aujourd’hui, Polyglotte emploie 13 personnes, dont neuf à temps complet. Dans l’équipe, deux traducteurs en interne et trois chefs de projets. Près de 450 traducteurs indépendants constituent le vivier externe de l’agence. Recrutés au niveau Bac +4, maîtrisant parfaitement leur langue maternelle, ils doivent avoir une très bonne connaissance passive de la langue source. En 1988, Polyglotte a créé, en collaboration avec dix sociétés de traductions bien établies dans les États membres de l’Union Européenne, le Consortium Européen de la Traduction (ETC). Un partenariat qui permet de sélectionner des traducteurs dans 27 pays, contribuant à une traduction quotidienne de 380 combinaisons linguistiques. Avantage : Polyglotte vous mettra en relation avec un Portugais à même de traduire directement un manuel technique de l’anglais vers le portugais. «Une perle rare difficile à dénicher en France», souligne Philippe Dangelser. La plupart des prestations effectuées par Polyglotte, très techniques, vont du manuel d’utilisateur de logiciels au catalogue technique, en passant par les supports médicaux… traduits en trois, quatre, cinq ou six langues. Les clients de la société sont des grands groupes comme Vivendi Universal, General Electric Medical Systems Europe, PSA, Siemens et la Communauté Européenne. «Nous avons remporté pour la cinquième fois un contrat sur trois ans auprès de la Commission européenne DG Entreprises. Il représente environ 35 % de notre chiffre d’affaires et fait travailler au quotidien une trentaine de traducteurs. Ce sont souvent des travaux liés à des projets de normes et réglementations de toutes sortes réalisés en relation avec les différents ministères des États membres avant publication», explique Philippe Dangelser. Polyglotte, certifié Iso 9002 en 1994, a obtenu la certification Iso 9001, version 2000 en 2004.
Contact, 03 88 89 29 00



Traduction, interprétation et relations internationales : à Strasbourg, l’ITI-RI et la CRETA
• L’ITI-RI accueille des étudiants et des enseignants appartenant à diverses nationalités (près de 90 nationalités recensées durant les cinq dernières années). Cette particularité en fait un lieu très largement ouvert sur le monde extérieur. L’entrée à l’ITI-RI est subordonnée à un examen d’admission. Les diplômes en traduction et en interprétation délivrés sont les DU traduction interprétation (deux mentions : traduction professionnelle et initiation à l’interprétation) et un mastère (langages, cultures et société), avec une mention possible langues et interculturalité et une spécialité en traduction professionnelle et interprétation de conférence. Des spécialisations sont proposées en deuxième année de mastère, qui débouchent directement sur une activité professionnelle. À noter l’essor de la traduction audiovisuelle.
Contact, 22, rue René Descartes à Strasbourg ,03 88 41 74 86 - Site : u2.u-strasbg.fr/itiri/points_forts.html
• La CRETA (Chambre régionale des experts traducteurs assermentés d’Alsace) a son siège à Strasbourg. L’association, officiellement reconnue, regroupe exclusivement des experts judiciaires en traduction et en interprétation, assermentés par la Cour d’Appel de Colmar. Elle n’est pas une agence de traduction, mais peut vous mettre en liaison directe avec ses membres, en fonction de la langue que vous cherchez.
Site: www.creta-france.com

Du congrès médical à la mécanique, en passant par les Institutions européennes
Témoignage / Linda Bunge, interprète indépendante
Pour exercer ce métier, il faut avant tout avoir un don pour les langues. Peut-être, aussi, une bonne dose de sang froid afin de ne pas stresser face à des situations nouvelles», reconnaît Linda Bunge, interprète indépendante habitant Karlsruhe mais ayant élu Strasbourg pour sa domiciliation professionnelle. De fait, la jeune femme se partage entre l’Allemagne et la France. Après des études post-bac de quatre années en langues appliquées à l’Université de Mayence, elle a peaufiné ses acquis par plus de six mois passés à L’École supérieure de traduction et d’interprétation de Genève. Outre sa langue maternelle, Linda Bunge pratique trois langues : le français, l’espagnol et l’anglais. Si elle a choisi de s’orienter vers l’interprétation, c’est «parce que c’est plus vivant, car on a affaire aux personnes». Après une première expérience pour le compte du gouvernement allemand à Bonn, Linda a exercé ses talents pour différents ministères : Recherche, Postes et Télécommunications, etc. Aujourd’hui, elle travaille autant pour le secteur privé que pour les institutions européennes à Strasbourg. Ses contacts se font par le biais d’«interprètes conseil» qui sous-traitent leurs travaux. Exemples d’interventions : congrès médicaux, conseils d’administration, interprétations et traductions pour des entreprises des secteurs de la sidérurgie, de l’automobile, etc. Pour sa part, Linda Bunge effectue très peu de traductions écrites, alors que certains de ses confrères se partagent entre les deux métiers. Concernant le marché des institutions européennes (Parlement, Commission, Cour de Justice et Conseil de l’Europe), « il s’agit d’interprétation en simultané, tout comme pour les Congrès : on travaille à deux dans une cabine d’interprétation et on se relaie toutes les 30 minutes », explique-t-elle. Et lorsque les cabines ne sont pas disponibles, Linda fonctionne en «interprétation consécutive» avec prise de notes «Comme à mes débuts», sourit-elle. Les qualités premières d’un bon interprète : «la souplesse, l’esprit d’équipe (travailler à deux dans une cage de 4m2, pas évident)». Ce qu’elle apprécie particulièrement : se préparer continuellement à de nouveaux sujets et voyager !
Contact, linda.bunge@t-online



Syndicats professionnels : L’accès à l’information de la SFT
Véronique Stern-Guth, traductrice indépendante, est la déléguée régionale Alsace de la SFT (Société française des traducteurs). «J’assure le lien avec le syndicat, qui renseigne les professionnels des métiers de la traduction. La profession, relativement féminine, est solitaire. Chacun pratique dans son coin, dans un domaine spécifique». Pour sa part, Véronique Stern-Guth exerce ses fonctions à temps plein, essentiellement dans le domaine des brevets d’invention pour des cabinets conseil en propriété industrielle. Des traductions techniques touchant à des champs d’activité très diversifiés. Beaucoup de travaux concernent la mécanique automobile, un secteur sur lequel elle intervient dans la traduction en allemand de brevets déposés à Munich. «Le syndicat regroupe environ un millier d’adhérents, traducteurs et interprètes, dont une quarantaine se situent en Alsace», explique Véronique Stern-Guth. Ils exercent en profession libérale ou en tant que salariés, et sont pour la plupart polyvalents. L’adhésion donne accès à des formations et à une information régulière. Le syndicat mène actuellement une réflexion destinée à aboutir à une réglementation de la profession. Des enquêtes circulent encore à ce jour ; la démarche est longue et complexe. «En fait, il n’existe pas de diplôme ni de niveau d’études requis pour exercer le métier. Les parcours sont souvent atypiques, liés parfois à des voies non académiques », explique Véronique Stern-Guth. Ce qui n’exclut pas que de «bons» traducteurs soient reconnus sur la place. Demeure que des personnes moins compétentes exercent une concurrence déloyale en cassant le marché. «Le prix qu’elles pratiquent est bas et leur travail moyen. Malgré tout, elles perdurent. Un annuaire des adhérents a été mis en ligne sur le site de la SFT. De quoi favoriser la recherche des donneurs d’ordre qui trouveront, via les entrées multiples, la perle rare qui répondra à leur besoin spécifique, dans la région concernée».
Site : www.sft.fr

De l’interprétation à la supervision d’équipes de traducteurs
Témoignage / Martine Müller, salariée chez Arte
C’est après un parcours riche et atypique que la jeune femme originaire de Dresde (ex-RDA) est arrivée à Strasbourg. Point de départ : Berlin. Martine Müller suit des cours d’anglais et de français. À Paris, elle ajoute le droit et l’économie à son arc, prépare une licence d’allemand, suit des cours de russe. À l’ESIT, l’école supérieure d’interprètes et de traducteurs (interne à l’université de Paris III-Sorbonne), elle poursuit son cursus, qui comprend notamment une année d’interprétation consécutive et une année d’interprétation simultanée... Diplôme en poche, Martine Müller part à Bruxelles, où elle devient interprète auxiliaire à la Commission Européenne, travaillant du français et de l’anglais vers l’allemand : «Une expérience enrichissante liée à la diversité des sujets». Par ailleurs, la jeune femme continue de pratiquer le russe, ce qui lui permettra de valider cette langue auprès de la Commission. Après une période plus difficile en 1992, pendant laquelle elle effectue des traductions pour des agences et donne des cours, les propositions de travail arrivent. En 1997, elle s’installe à Strasbourg en «free lance» et travaille dans le privé et pour le Conseil de l’Europe, «ravie que le russe soit reconnu comme langue de travail au même titre que l’allemand». 2003 verra un changement radical : Martine Müller intègre le service linguistique d’Arte à plein temps. Tout en continuant de traduire des textes juridiques, techniques et de presse et d’interpréter lors de réunions internes, en simultanée, en consécutive ou avec la valise de chuchotage, dite le « bidule », Martine est chargée de coordonner et de superviser les émissions avec interprétation. Aujourd’hui, elle est heureuse d’avoir intégré une équipe et apprécie particulièrement l’ouverture qui lui est offerte vers d’autres domaines : «Être indépendant, c’est bien, mais échanger, discuter avec d’autres, se relire les textes mutuellement ou se donner des tuyaux, c’est autrement enrichissant !» L’usage de l’allemand et du français reste prédominant, mais elle continue d’entretenir le russe et envisage quelques avancées en polonais. Parallèlement, elle travaille à un projet de glossaire audiovisuel qu’elle aimerait faire éditer. Quand la passion des langues vous tient !
Contact, m-muller@arte-tv.com



Le service linguistique d’Arte
La chaîne de télévision Arte, née d’un partenariat entre la France et l’Allemagne, est diffusée simultanément dans plusieurs langues, dans toute l’Europe, depuis Strasbourg. En ce qui concerne les combinaisons de langues, le couple français-allemand est le plus utilisé, mais l’anglais est également très présent. Constitué d’une dizaine de personnes aujourd’hui, le service linguistique d’Arte a été créé de toutes pièces par Élisabeth Krone il y a quinze ans. Ses missions sont de trois ordres : la traduction des documents administratifs de la chaîne (contrats, procès-verbaux de réunions, communiqués de presse et informations mises en ligne sur le site), l’interprétation de réunions et de projections à la presse (600 journées/ interprètes en français et allemand pour l’essentiel, occasionnellement en polonais, italien ou d’autres langues) et l’interprétation de plateaux TV. Les traducteurs interprètes internes à l’équipe sont, en nombre équivalent, d’origine allemande et française. Excepté la supervision, réalisée par Elisabeth Krone et deux collaborateurs, l’interprétation des plateaux TV (1 500 journées/ interprètes) est confiée à des interprètes free-lance. Qu’il s’agisse de soirées thématiques, du journal d’informations, d’émissions culturelles, de spectacles ou forums, les interprètes assistent en général à un premier enregistrement de l’émission, pour bien s’imprégner du sujet. Ils opèrent la traduction une fois l’émission montée. Le son fait l’aller-retour lorsque l’émission est réalisée en direct d’une autre ville. triés sur le volet, qu’ils soient de langue maternelle allemande, française, espagnole, anglaise ou suédoise. «Ils doivent être chevronnés et formés au métier de speaker», ajoute Élisabeth Krone, qui est à l’origine de la mise en place de stages spécifiques d’interprétation de télévision. D’abord organisés en interne, ils ont été ouverts à de nombreux organismes internationaux qui envoient leurs stagiaires. «Le métier d’interprète est exigeant, contrairement à la traduction, nous sommes plus dans une communication spontanée. Il faut comprendre les messages très rapidement et réagir tout aussi vite». Pour Élisabeth Krone, qui réalise des castings, le ton est important : «Il faut mettre de la vie, du coeur, de la passion. Il y a une différence entre l’interprétation de conférence et l’antenne : même s’il s’agit de deux ou trois minutes, il faut savoir mobiliser toutes ses énergies. Le micro est redoutable, le moindre doute, le moindre stress sont amplifiés », souligne Élisabeth Krone. Dans ses stages, les participants apprennent à gérer correctement leur voix et à maîtriser les contenus. Et d’ajouter : «Nos interprètes doivent être convaincants. Il leur faut opérer un transfert culturel. Par exemple, savoir lisser un flux de paroles pour parler à un rythme qui correspondra au rythme de l’allemand, en ajoutant des détails...» L’interprète doit savoir replacer l’ordre des infos : en France, le message essentiel se situe au début, alors qu’en Allemagne le coeur de l’info se retrouve à la fin… Autant d’exigences incontournables pour travailler chez Arte.



Les institutions européennes
Lieux de brassage de langues par excellence, le Parlement européen et le Conseil de l’Europe ont chacun deux services qui distinguent l’interprétation et la traduction.
L’interprétation
Les traités communautaires imposent que chacune des langues officielles des 25 États membres ait droit de cité dans les institutions de l’Union. Pour faire face à ce casse-tête linguistique, le Parlement européen dispose d’un service de 350 fonctionnaires interprètes qui se déplacent de Bruxelles à Strasbourg lors des sessions plénières. Une équipe parfois renforcée par un staff de 2 500 indépendants répartis sur le territoire communautaire qui sont requis selon leur qualité, leur pertinence par rapport au sujet traité et leur proximité géographique. En moyenne, trois langues sont connues par personne mais chacun s’exprime dans sa langue maternelle. Une règle à laquelle il faut déroger, pour des idiomes plus rares, comme le finnois. Reste qu’avec les 20 langues officielles de l’UE, 380 combinaisons linguistiques sont possibles ! Un chiffre impressionnant qui va encore augmenter avec l’adhésion de la Roumaine et de la Bulgarie initialement prévue pour 2007 et la reconnaissance de langues telles que le gaélique qui, à la suite du maltais, s’est imposé comme langue officielle. Ce qui risque de donner des idées au catalan par exemple… Fédérant 46 pays, le Conseil de l’Europe a son siège à Strasbourg. Dépendent de lui des institutions telles que la Cour européenne des droits de l’homme, la Pharmacopée ou le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux. L’institution dispose de six interprètes permanents auxquels il faut adjoindre quelque 70 indépendants habitant la région. Les restitutions ne se font qu’en français et anglais qui sont langues officielles alors que l’allemand, l’italien et le russe sont des langues de travail.
La traduction
Basé à Luxembourg, le service de traduction du Parlement européen doit assurer des prestations dans les vingt langues officielles de l’Union et compte 772 traducteurs fonctionnaires qui traitent quelque 750 000 pages par an. Des prestations externes sont également possibles mais au travers de sociétés et non de traducteurs indépendants. En volume, elles représentent 250 000 pages annuelles. Lors de sessions strasbourgeoises, une trentaine de fonctionnaires se déplacent pour assurer les traductions en français, anglais, allemand ainsi que dans la langue de la présidence du Parlement – l’espagnol actuellement – et dans celle de la présidence du Conseil qui est le finnois depuis début juillet. Le reste se traite par Internet et souvent dans l’urgence puisque 53 % des documents doivent être traduits en moins de 24 heures. Le service de traduction du Conseil de l’Europe regroupe une quarantaine de personnes en interne et autant en free-lance. Comme pour l’interprétation, l’anglais et le français sont les langues officielles et tout document émis dans une langue doit immanquablement être traduit dans l’autre. «La proportion est de 2/3 de l’anglais vers le français et 1/3 dans l’autre sens», précise Jean-François Allain, directeur du service traduction. En tout 150 000 pages de 160 mots sont traduites chaque année. 95 % en français ou en anglais, 5 % vers les autres langues de travail. «40 à 50 % de la traduction est externalisée», précise Jean- François Allain qui évoque aussi les «traductions grises » réalisées pour le personnel d’une institution où tous les administrateurs et tous les secrétaires sont bilingues. «Il est vrai que nous travaillons toujours dans l’urgence», poursuit-il. Un point inattendu : les recrutements se font plus sur des parcours de vie que sur une formation de traduction au sens strict. «Un profil atypique nous intéresse toujours fortement», explique Jean-François Allain en se référant au nombre de sujets brassés par une institution vouée à la culture, à la préservation de la nature, aux droits de l’homme. «Un ingénieur agronome maîtrisant très bien l’anglais a de fortes chances d’intéresser l’institution, quel que soit son âge», conclut-il.



Brèves
L’interprétation de conférence
Les différentes possibilités
• Consécutive : après la communication de l’orateur.
• Simultanée : pendant que l’orateur s’exprime.
• Relais : interprétation d’une langue vers une autre en passant par une troisième.
• Retour : travail de langue maternelle vers une langue étrangère.
• Pivot : utilisation d’une seule et même langue comme relais.
• Cheval : interprète travaillant dans deux cabines au cours d’une même réunion.
• Asymétrique : tous écoutent l’interprétation dans un nombre restreint de langues.
• Chuchotage : interprétation simultanée chuchotée à l’oreille de l’intéressé.
Sans oublier la langue des signes…
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La langue des signes
L’AFILS recense sur son registre une soixantaine d’interprètes en langue des signes française ; leur nombre total est estimé à 150. La langue des signes est un acte de médiation entre deux locuteurs qui ne partagent pas la même langue. La spécificité tient à la confrontation d’une langue à caractère vocal à une langue à caractère gestuel.
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Le saviez-vous ?
De l’abénaqui au zoulou, on compte quelque 6 800 langues dans le monde, dont environ le tiers possède un système d’écriture. La profession de traducteur, sous forme orale ou écrite, remonte presque à l’origine du langage. Dès qu’il y a eu interaction au-delà de la communauté immédiate, il a fallu des interprètes et plus tard des traducteurs. Des langagiers qui jouent un rôle essentiel dans tous les aspects de la vie. Qu’il s’agisse du commerce, de la diplomatie ou de la coopération internationale.

Journée mondiale de la traduction 2006
La Fédération internationale des traducteurs (qui regroupe traducteurs, interprètes et terminologues de 50 pays, soit 60 000 professionnels) a placé la journée mondiale de la traduction de mai 2006 sous le thème «Plusieurs langues, une profession ». Son objectif : attirer l’attention sur le caractère professionnel du travail langagier et l’importance d’un travail bien fait. En ayant recours au service d’un professionnel, on s’assure de transmettre le message complet, peu importe la langue utilisée.
c/o Certex, 22 rue de la Pépinière, 75008 Paris.
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Aptitudes et formation : plusieurs chemins mènent à la traduction.
Le diplôme universitaire en langues peut être un bon début, mais ce n’est pas la seule voie possible. Il existe des cursus spécialisés, aptes à développer ses dons et devenir un véritable professionnel. Indispensables : une grande culture générale et une grande curiosité d’esprit. En sus de sa langue maternelle, le traducteur maîtrise parfaitement au moins deux ou trois langues étrangères et connaît la culture des pays concernés. Titulaire d’un DESS (attention, pour les universités qui ont commencé à appliquer le système LMD, le DESS est parfois devenu Mastère de recherche). Polyvalent au départ, le traducteur a intérêt à se spécialiser en suivant régulièrement des formations, notamment dans le domaine technique, financier, médical… Pour se faire connaître, il développera tout un réseau relationnel. Le bouche à oreille marche très bien. Au Conseil de l’Europe, les traducteurs qui passent le concours ont déjà une solide expérience du métier.

Documentation
– Onisep : web
– CIDJ : web
Documentation APCE
Contact CCI, Espace Info Eco, 03 88 75 25 50

Traducteur assermenté
Le site du CETICAP Si vous recherchez un traducteur ou un interprète assermenté, la Compagnie des experts traducteurs et interprètes près la Cour d’Appel de Paris met en ligne la liste des langues de travail de ses membres. De l’albanais au cambodgien, en passant par le danois et l’hébreu, jusqu’au macédonien. Il suffit de cliquer sur l’une des 50 langues proposées pour choisir votre intervenant.
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Formations universitaires
Certaines filières universitaires en langues étrangères appliquées offrent un enseignement aux techniques de traduction, traductologie, maîtrises de sciences et techniques : Université de Jussieu, Institut d’anglais Charles V/Paris 8, Université de Lille… et aussi l’école de Genève, école d’interprétation de Heidelberg, Institut Schmitt à Munich, École Supérieure de traducteurs, interprètes et cadres du commerce extérieur à Lille, ITI-RI à Strasbourg, etc. . L’ESIT, École supérieure d’interprètes et de traducteurs qui bénéficie du statut d’école interne à l’Université Paris III-Sorbonne Nouvelle dispense un enseignement à des étudiants qui maîtrisent, en plus de leur langue maternelle, une ou deux langues étrangères. Elle comprend trois sections : traduction, interprétation, recherche.
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Infos pratiques
Facturation : à la page, à la ligne, voire au mot ou au signe, forfaitairement ou à l’heure. Il est difficile de dire combien de pages un traducteur débutant ou confirmé peut traduire par jour : cela va de 6 à 20 pages, en fonction de la difficulté du texte, des recherches à faire, etc.
. Traduction littéraire : de 19,50 E à 21,50 E par feuillet de 25 lignes de 60 signes, traduit de l’anglais et de 21,50 à 22,50 E pour l’allemand, l’italien et l’espagnol.
. Traduction technique : de 30 à 55 E le feuillet et de 75 à 92 E pour le chinois, le japonais et le coréen.
Source : APCE, 2005.


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