Les archives du Point Eco de la CCI
n°219
Décembre 2002
 Dossier Gestion humaineIndustrieFormationTICInternational

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METIERS
  Chocolatiers
  La fête du palais à longueur d’année !
 
 

Bien que le marché soit lié à une forte saisonnalité – un tiers des ventes de chocolat sont réalisées à Pâques et à Noël –, les Français consomment régulièrement du chocolat. Malgré la montée en puissance des marques de distributeurs, les artisans chocolatiers réussissent à développer une clientèle en misant sur l’authenticité et la qualité de leurs produits.

Évoluant sur un marché dominé par les groupes internationaux et les grandes surfaces alimentaires, les petits artisans se positionnent sur des niches de marché. Ils se démarquent par leurs savoir-faire et l’originalité de leurs produits et partent à la quête de nouveaux marchés.
Objectif : faire succomber le consommateur aux plaisirs chocolatés !
Dans ce dossier, le parcours des chocolatiers bas-rhinois Antoni, Stoffel et Mulhaupt.

> Le prix du chocolat à la hausse
Conséquence directe de la flambée des cours du cacao et de la croissance des tarifs industriels, les prix à la consommation de la confiserie et du chocolat ont augmenté plus rapidement à partir de 2001. «Les prix à la tonne du cacao ont doublé entre septembre 2001 et septembre 2002», observe Martine Casterot (Stoffel), «nous devrons trouver des gains de productivité ailleurs».

L’influence africaine
Les récents événements en Côte d’Ivoire risquent de confirmer cette tendance. «Je ne suis pas encore touché par cette crise, grâce à des contrats souscrits auparavant, indique Bernard Antoni (Avolsheim), mais je m’attends à une hausse imminente du prix de la fève de cacao». Notant l’énorme spéculation sur ces produits, également relevée par Thierry Mulhaupt : «Ma matière première vient surtout de l’Océan Indien, des plateaux de l’Amérique du Sud ou des Caraïbes. Par contre, tôt ou tard, la Bourse du cacao à Londres devrait être influencée».


> Thierry Mulhaupt Le rêve d’un pâtissier réalisé

> Thierry Mulhaupt

Meilleur Jeune pâtissier de France et Meilleur Jeune pâtissier Internatio-nal, Thierry Mulhaupt n’a plus à faire ses preuves. Ce spécialiste du chocolat a successivement créé une pâtisserie (1991), et une boutique spécialisée dans le chocolat, «Épice et chocolat» (1999) à Strasbourg. «J’ai grandi dans l’odeur du pain – mes parents exerçaient le métier de boulanger dans le Haut-Rhin –, mon désir était de devenir pâtissier».

Thierry Mulhaupt a créé son premier laboratoire, route de Schirmeck à Strasbourg. Celui-ci a été transféré récemment dans un nouveau bâtiment moderne et spacieux (730 m2) à Mundolsheim, où son équipe (7 personnes) confectionne gâteaux, chocolats et confitures (plus de 40 sortes).

30% du CA en décembre
Environ 15 % de son CA est réalisé à partir de bonbons chocolatés. Période haute : l’automne-hiver, où l’équipe est renforcée par des intérimaires : «nous assurons près de 30 % de notre chiffre d’affaires annuel en décembre», annonce-t-il. C’est à la fois par goût personnel et pour répondre aux attentes des consommateurs, qu’il a tout particulièrement développé le chocolat dans ses créations, réalisant des mélanges originaux à partir des couvertures de chocolat. C’est ainsi qu’il propose 13 sortes de tablettes de chocolat, une quarantaine de variétés de chocolats. Sa spécialité : inventer des associations : crème fraîche, arômes, poivre, noix de tonka, mélanges de cacao acide et amer…

Des associations qui font mouche
«Quand on croque, c’est d’abord l’intérieur qui fond dans la bouche, et l’enrobage qui reste en dernier. En vendant ses «chocolat du mois» ou «tartes folles», Thierry Mulhaupt innove tant dans le choix que dans l’association des composants. Une formation à la peinture et au dessin lui ont donné le goût de l’esthétique «je n’ai jamais fini de me former… et de m’amuser». De premières expériences professionnelles à Paris et la fréquentation de clubs de dégustation du vin lui ont permis de développer son palais et d’associer les chocolats aux alcools. «Si un chocolat est amer, je le mets en rapport avec un alcool puissant, du type whisky. Les ganaches seront associées aux Sauterne vieillis ou aux portos. Bien connu en Alsace, Thierry Mulhaupt a souhaité exporter son savoir-faire. Participant pour la troisième fois au Fancy Food Show de New-York, il a noué de premiers contacts intéressants, mais les évènements du 11 septembre ont quelque peu «fait retomber le soufflé».

> Stoffel Le chocolat, une passion qui se transmet
Une réussite exemplaire de transmission d’entreprise familiale que celle de Stoffel à Haguenau. Créée en 1965, l’entreprise a démarré dans une cave de particulier… Maître-pâtissier chocolatier et glacier, Daniel Stoffel a débuté par les moulages de Noël.

En 1968, il s’installe avec son épouse dans un vieux moulin à Haguenau. Petit à petit, il investit dans du matériel : centrifugeuses, tunnel réfrigérant, qui induisent des embauches. De 5 à 6 personnes au début de son activité, il emploie une cinquantaine de salariés (pour moitié permanents, pour moitié saisonniers).

Croissance oblige, l’entreprise emménage en 1996 dans des locaux plus adaptés à la production. Un magasin de vente s’ouvre au public. Rejoignant leurs parents dans les années 1990, Martine et Laurent finissent par succomber à la même passion du chocolat.

Une moyenne d’âge de 32 ans

«Nous avions la chance d’avoir un outil déjà créé, qui offrait des perspectives intéressantes. Attachés au produit, c’est tout naturellement que nous avons intégré l’entreprise» indique Martine, devenue Madame Casterot. Celle-ci est ravie de son choix : « nous avons gardé le savoir-faire, tout en renouvelant les équipes (la moyenne d’âge est de 32 ans). Malgré la crise, nous avons réussi à constituer des équipes de professionnels motivés et amoureux de leur métier».

Une sélection rigoureuse des matières premières
Prochains objectifs de Stoffel : une nouvelle extension du bâtiment et la création d’une véritable cellule en recherche-développement, qui se consacrera également à la mise en avant des produits. À l’instar de nombreux confrères, l’entreprise se procure la matière première par pastilles ou barres. Le principal atout du maître-chocolatier est une fabrication axée sur la qualité du produit : «les matières premières sont soigneusement sélectionnées : nous les faisons fabriquer selon nos paramètres et critères… de qualité et d’innovation. Nous exigeons des analyses à chaque livraison». Iso 9001 en novembre 2001, Stoffel fait partie des 8 certifiés au niveau national.

L’entreprise réalise 65 % de son CA dans des ventes aux professionnels français : boulangers-pâtissiers ou autres fabricants qui ajoutent à leur nom une autre gamme de produits. 20 % du CA sont réalisés à partir du magasin de vente et des dépliants adressés aux comités d’entreprise. Présent sur le créneau du cadeau d’entreprise, Stoffel l’est également sur la scène internationale : Belgique, Danemark, Pays-Bas, Angleterre, Suisse (eh oui, l’Alsacien a pénétré le marché des plus gros consommateurs de chocolat), Italie, Australie, Canada…


> Antoni Tout l’art de la griotte
Entreprise familiale située sur la route du Vin à Avolsheim, la confiserie chocolaterie Antoni a construit sa réputation autour de la griotte au chocolat, qu’elle fabrique depuis 48 ans !

Alors l’apanage de Joseph Antoni, le père, ce produit de confiserie né à Flexbourg en 1954, fait aujourd’hui la fierté des deux frères, Bernard et Michel Antoni. Ceux-ci sont installés à Avolsheim depuis 1980. Côtoyant l’atelier de fabrication, leur magasin de vente, dédié à une clientèle locale et touristique, a été récemment rénové et agencé de manière à ce que celle-ci puisse déambuler aisément entre les rayons.
Un large éventail de produits

L’éventail de produits est large : bonbons, chocolats, dragées, liqueurs (les griottes sont mises en macération dans le sous-sol du bâtiment)... Réalisant près de 20 % de ses ventes en cadeaux d’entreprise, Martine Antoni (l’épouse de Michel) compose des paniers cadeaux originaux, grâce à des partenariats avec des artisans-potiers. Neuf personnes travaillent dans l’atelier de production, le fief de Michel. Une collaboration avec l’Ensais a permis l’acquisition d’une machine destinée à l’enrobage au sucre. «C’est un vrai prototype», souligne Michel Antoni. Le pliage et l’emballage se font de façon mécanique ou manuelle, en fonction des calibrages des chocolats.

Une clientèle sur toute la France
La clientèle de la Confiserie-Chocolaterie Antoni se situe sur l’ensemble de la France, répartie entre professionnels – pâtissiers, chocolatiers, épiciers –, et quelques grossistes.

Si leur produit-phare, la griotte ou chocolat au kirsch, perdure depuis 48 ans et représente 50 % des ventes, les frères Antoni ont su s’adapter aux évolutions de la demande. Ce sont les effets de mode, tel le chocolat allégé, puis la demande de produits à fort pourcentage de chocolat. Pour continuer à se développer en période creuse, Antoni s’est orienté vers une diversification qui concerne aussi bien le renouvellement dans la composition des chocolats que l’adjonction de nouveaux produits. Ces mouvements sont cependant éphémères, et si le client s’attache de plus en plus aux informations données par les nutritionnistes, il reste fidèle à la qualité : « je ne fabrique pas un prix, mais un produit », observe Bernard Antoni.

 www.strasbourg.cci.fr
www.alliance7.fr
www.choco-club.com

www.voila.fr
   
 

Initiative
Mariage vin-chocolat et rencontre de deux régions Jacques Bockel s'associe aux vignerons de Tresserre
Organisée en novembre dernier dans la cave des Hospices Civils de Strasbourg, une rencontre originale était proposée aux visiteurs : la
dégustation des vins doux naturels de l'association «Domaines et Caractère» de Tresserre (8 vignerons des Pyrénées Orientales) et des 8 chocolats pures origines de Jacques Bockel, artisan-chocolatier à Saverne. Un mariage inédit entre le Roussillon et l'Alsace.

Ils participent depuis 3 ans au Fancy Food Show de New-York

Ils sont une vingtaine de chocolatiers, PME-PMI de la région à se montrer très performants à l’export grâce à des produits à la fois créatifs et de très grande qualité, mais aussi à des stratégies audacieuses.
Conscients que certains marchés très porteurs leur étaient difficiles d’accès individuellement, certains d’entre eux* ont opté pour des actions communes sur la destination la plus porteuse : les USA. Durant trois années consécutives, la CCI leur a organisé un stand au Fancy Food Show, véritable carrefour mondial de l’alimentation haut de gamme. Cette étape franchie avec succès, les chocolatiers vont maintenant s’orienter vers d’autres pays où la démarche commune leur permettra de progresser plus efficacement.
*Jacques Bockel (Saverne),
Confiserie Rohan (Epfig),
Daniel Stoffel (Haguenau), Marquise d’Angelis (Frédéric chocolatier, 68, Ste-Croix-en-Plaine), Thierry Mulhaupt (Strasbourg).
[ Contact CCI ]
Alain Layrac,
03 88 76 42 27
a.layrac@strasbourg.cci.fr

La place dans l’économie
En France
• 105 entreprises de plus de 20 salariés
• + de 5,34 M E en 2001. (Source : Xerfi)

Dans le Bas-Rhin
• 22 établissements
La société la plus importante en effectifs est Masterfoods (catégorie 1000 à 1 999 salariés) avec deux établissements dans le Bas-Rhin. Une seule entreprise se situe dans les 200-499 salariés, c’est Kraft Foods Strasbourg (anciennement Suchard). Dans la catégorie des 100 à 199 salariés, une entreprise seulement est présente : Bakermark (122 salariés à Bischheim et 46 à Schiltigheim). Viennent ensuite Jacquot
à Molsheim (87 salariés) et Rohan à Epfig (78 salariés). Parmi les petits, figurent Épice et Chocolat (Strasbourg) et Jacques Bockel (Saverne).
(Source : CCI, octobre 2002)

L’autorisation d’utiliser les matières grasses ne fait pas l’unanimité chez les chocolatiers
Le Parlement Européen a adopté, le 15 mars 2000, la proposition de directive cacao-chocolat qui harmonise la réglementation du chocolat au sein de l’Union européenne. Ce texte, applicable en août 2003, vise à améliorer l’information du consommateur (étiquetage), à préserver la qualité du chocolat et autorise l’ajout de matières grasses végétales
naturelles d’origine tropicale (illipé, karité, huile de palme, sal, kokum et noyaux de mangue), dans la limite de 5 %. Ces nouvelles directives sont un vrai problème pour les arti-sans : «ce qui est désolant, c’est qu’il va falloir lutter contre un produit banalisé», commente Bernard Antoni (Avolsheim).

Le métier
L’industrie du chocolat est répertoriée par l’INSEE sous le code NAF 158 K. Intitulée «Chocolat et confiserie», cette classe regroupe aussi bien les fabricants de chocolat et de confiserie de chocolat que ceux de confiserie de sucre.

Études Xerfi
Le marché du chocolat
Collection État du Marché, août 2002
[Contact CCI]
Monique Siffert,
CCI-Info Documentation, 03 88 75 25 50

L’Alsace, région chocolatière
Selon l’Alliance 7, l’Alsace se situe en 2e position en matière de production : 93 573 tonnes. La Haute-Normandie affiche 154 178 tonnes, alors que l’Ile-de-France en produit 73 708 (dernières données
disponibles en 2000).
www.alliance7.fr

Le chocolat en chiffres
– 17 millions de français consomment du chocolat chaque jour.
– 7 kg de chocolat ont été consommés par habitant en 2001.
– 32 000 tonnes de chocolat ont été consommées pendant les fêtes de fin d’année.

La valeur nutritionnelle du chocolat
Gourmandise à l’état pur et plaisir de déguster, le chocolat est aussi une réponse à un besoin de notre organisme, un bon «coup de fouet» pour repartir plein d’énergie.
Chocolat au lait en tablette (100 g) = 540 Kcal d’énergie, 200 mg de calcium, 400 mg de potassium, 230 mg de phosphore…
(Source : répertoire général des aliments,
CIQUAL, 1999)


www.choco-club.com
Le site web des amateurs de chocolat
La Chambre Syndicale nationale des chocolatiers :
– 51 entreprises adhérentes, assurant 90 % de la production
en France
– 12 000 emplois
– 2,580 Mds e de CA
Missions principales :
– valoriser l’image de qualité des produits de chocolat
– obtenir pour la totalité des produits de chocolat l’application d’un taux de TVA à 5,5 % comme pour des produits alimentaires.

www.voila.fr
parole de chocolat
Le cercle des goûteurs
de chocolat

L’union régionale
des chocolatiers
et confiseurs d’Alsace

[ Contact ]
André Sengel
,
vice-Président,
03 88 77 88 52

Du 7 mars au 20 avril
Le Festival du chocolat à Strasbourg

• Le salon du chocolat
Les 7 et 8 mars au Pavillon Joséphine (Strasbourg)
• La dégustation vins et chocolats aux caves des hospices civils
Organisé par la Confédération des pâtissiers chocolatiers du Bas-Rhin
[ Contact ]
Michel Jost,
03 88 56 16 16

 

   
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