n°210
Décembre 2001
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  Quand la coiffure se "relooke" !
La coiffure est un métier en pleine mutation. Face à une exigence croissante de la clientèle, la profession tend à s'organiser autour de la notion de la qualité. Une stratégie qui suppose formation et main d'œuvre qualifiée.

La coiffure en chiffres
Plus de 50 000 salons de coiffure sont recensés en France*
Selon l'Insee, près de 138 000 salariés sont employés dans le secteur de la coiffure, dont 94 000 à temps plein. CA réalisé : 137 875 MF.
58,6 % des établissements occupent de 1 à 5 salariés, 12,1 % n'ont pas de salariés.
Alors que 54 000 salons étaient recensés en 1998, le chiffre de l'année 2000 avoisinerait les 50 000 salons, suite à la restructuration du secteur.
*Source : Insee, les entreprises de services, EAE, résultats publiés en 2000, exercice 1998

Dans le Bas-Rhin, la Fédération départementale de la Coiffure dénombre 840 salons, dont plus d'un tiers se situent sur la CUS.

La composition du parc des entreprises en France
- Salons femmes : 62 %
- Salons hommes : 8 %
- Salons mixtes : 17 %
- Réalisation d'implants et prothèses capillaires : 13 %
Source : APCE, SPC 02, mise à jour janvier 2001

Stabilisation du nombre d'établissements, qualification des prestations
37 millions de français poussent régulièrement la porte d'un salon de coiffure et dépensent de plus en plus pour leurs soins capillaires… Les salons traditionnels les plus prisés sont contraints à refuser les clients qui n'ont su anticiper leur coupe en prenant rendez-vous… Ceci explique une certaine montée en puissance des salons qui proposent des petits prix, et sans rendez-vous. Alors qu'une forte croissance du nombre des salons caractérisait les années 60, 1980 cède le pas à la stabilisation.

Selon Bernard Stalter,
Président de la Fédération Départementale de la Coiffure du Bas-Rhin* et dirigeant de 3 salons à Strasbourg-Hautepierre, Brumath et Weitbruch (25 collaborateurs), cette stabilisation en matière d'ouvertures devrait perdurer, qu'il s'agisse de salons indépendants ou de franchises. La nouvelle tendance est à l'augmentation des effectifs et à l'exploitation de salons plus grands, de même qu'à la transformation des salons hommes en salons mixtes. Les indépendants tireront leur épingle du jeu en se montrant dynamiques et créatifs, et ce grâce à la formation. Le métier exige de fréquents séminaires de recyclage. " Nous organisons plus d'une vingtaine de stages chaque année ", explique Bernard Stalter, qui en a programmé 12, rien que pour le premier semestre 2002.
" Le grand problème de la coiffure est le manque de personnels qualifiés ", commente-t-il. Pour y remédier, la Fédération, en liaison avec la Région Alsace et l'ANPE, va mettre en place une formation adaptée. " Notre cheval de bataille est la qualité. Toujours en partenariat avec la Région, nous avons élaboré une charte qui débouchera sur la labellisation de nos premiers coiffeurs courant décembre ".
*regroupe 5 corporations, à Strasbourg -Strasbourg Campagne, Sélestat, Saverne, Molsheim et Haguenau. Rôle : informer, former et défendre les intérêts de ses adhérents. Organise le Festival Régional de la Coiffure : 2000 participants en moyenne sont en lice pour le prix du meilleur apprenti et du meilleur coiffeur confirmé (prochaine édition 2002 à Saverne, le 10 mars).

Témoignage

Horizon 2000
Qualité et flexibilité
Brigitte et Patrick Ulrich tiennent le salon de coiffure mixte, Horizon 2000, depuis bientôt dix ans. Ceux qui leur avaient déconseillé d'ouvrir leur commerce à la périphérie de la ville de Sélestat s'aperçoivent aujourd'hui que leur choix était le bon.
En effet, les facilités de stationnement sont un atout supplémentaire pour leur salon, qui se distingue à la fois par une qualité de prestations et une grande flexibilité horaire
-Patrick Ulrich est un précurseur des 35 heures, mises en œuvre il y a un an et demi-. Avec 6 salariés à temps complet, il ouvre son magasin tous les jours de 8 h à 18 h, sauf le samedi où il ferme à 16h, et propose une nocturne le jeudi, jusqu'à 20 h. De quoi satisfaire autant les gens qui travaillent que ses clients
de la maison de retraite avoisinante ! Sa clientèle est constituée de tous les âges et de tous les milieux socio-professionnels. De plus en plus exigeante au fil des années, elle recherche à la fois le service immédiat et la qualité. Souvent la cliente ne sait pas exactement ce qu'elle veut, choisit un ou plusieurs modèles sur catalogue et vérifie avec la coiffeuse si c'est réalisable. Dans le salon les tâches sont réparties : 4 coiffeuses sont spécialisées dans la coiffure femme, 2 d'entre-elles assurent également les coupes hommes et Brigitte et Patrick se réservent les hommes. Garants de la technicité de l'équipe, les stages suivis de façon régulière, à tour de rôle à Strasbourg. Organisés par la Fédération Départemen-tale de la Coiffure du Bas-Rhin, ils permettent de se mettre au goût du jour : styles effilés, dégradés, chignons… Jusqu'aux créations d'avant-garde.
"Tout le monde est obligé de suivre des stages et de s'adapter aux techniques. L'évolution des performances des matériels est telle que nous investissons régulièrement. À l'instar des casques (eh oui, la mise en plis refait surface) avec musique incorporée. Originaires de Muttersholtz, Brigitte et Patrick Ulrich se sont fait la main en Suisse avant de s'installer à leur compte à Sélestat. Ils se sont créé un vivier de clients fidèles, souvent habitués à " leur " coiffeuse et qui apprécient le service et les soins offerts.

Nouvelle Vague
Formation... permanente !
Nathalie Geremia-Reyss, 34 ans, dirige le salon Nouvelle Vague à Griesheim-près-Molsheim depuis mai 1996, assistée de sa collaboratrice, Stéphanie Klein. Après son apprentissage, elle a suivi une formation chez Jean-Louis Desforges à Paris, puis à Dorlisheim, dans un salon implanté dans la galerie marchande d'un hypermarché. C'est l'une de ses clientes, habitante du village, qui l'a informée d'un salon à vendre à Griesheim.
À l'issue de ses onze ans de pratique en tant que responsable technique, c'était une opportunité qu'elle se devait de saisir. Pas de souci lié à la constitution d'une clientèle : elle a conservé ses " anciennes " clientes à 85 %, lesquelles viennent de 50 km à la ronde, des environs de Strasbourg ou de La Wantzenau. Adepte de formation permanente, Nathalie multiplie les stages, notamment chez "Tony and Guy", coiffeurs londoniens réputés qui ont créé une école à Paris. Sa prochaine formation (la 6e de l'année) se tiendra à Strasbourg, consacrée à l'artistique couleur. En 1993 déjà, Nathalie avait été classée parmi les 5 meilleures coloristes de France. Sa collaboratrice suit également le stage, ou bénéficie de son "training". Parallèlement aux stages techniques, Nathalie s'est formée à la psychologie du consommateur. "C'est essentiel d'avoir les gestes qui rassurent, dit-elle, 69 % des clients ont peur du résultat". Elle porte un soin particulier à l'accueil et à la mise en confiance de ses clients. "Ils viennent chez moi pour être pris en mains et bichonnés". Pour chaque cliente, Nathalie et Stéphanie essaient de trouver le côté original qui fera qu'elle sortira avec une coupe personnalisée. "Régulièrement, nous actualisons les classiques et apportons notre "touche", tant au niveau de la coupe que de la couleur ou du multiméchage". Son regret : ne pas faire suffisamment de "choses très folles". À l'instar de la plupart de ses confrères, pour remercier les clientes de leur fidélité, Nathalie leur offre des shampoings ou des massages du cuir chevelu.

Une place pour les produits complémentaires
20 % de son CA est constitué des produits d'entretien du cheveu : "Je les considère comme un complément indispensable pour entretenir une coupe, s'ils sont un peu plus chers qu'en grande surface, on en met trois fois moins". Aujourd'hui, Nathalie n'a aucun regret d'avoir pris cette affaire, pas même celui d'avoir refusé une offre à l'Ile de la Réunion, où elle a eu l'occasion de s'exercer aux techniques du défrisage " cela m'a appris beaucoup sur les qualités différentes de cheveux". Ses horaires d'ouverture : le mardi de 9h à 12h et de 14h à 18h30, le mercredi jusqu'à 19h, le jeudi de 12h à 20h, le vendredi de 9 h à 20 h et le samedi de 8h30 à 16 h 30. En fait, elle s'est adaptée aux souhaits de sa clientèle. Avec les 35 heures elle s'est trouvée obligée de "grignoter un peu", mais dans l'ensemble ses clients - hommes, femmes, enfants - s'y retrouvent.

Self'Coiff
La coiffure à la carte
Salon de coiffure traditionnel axé sur le visagisme, le concept Serge Comtesse est né en Alsace en 1987. Développé progressivement dans de petites villes, il représente aujourd'hui 35 implantations sur le territoire national, dont 20 en franchises. C'est à partir d'un constat d'évolution des comportements d'achats des consommateurs que Serge Comtesse a créé une deuxième enseigne, Self'coiff (25 Self'coiff en France, dont 8 sur la Communauté de Strasbourg), qui a été testée pendant deux ans à Mulhouse, puis Strasbourg et Colmar. Le principe de ces magasins : "Coiffez-vous malin" ou la coiffure à la carte. À l'envi, on choisit de se faire faire simplement une couleur, des mèches ou une coupe. Pas de contraintes de prise de rendez-vous, les salons sont ouverts en non-stop toute la journée. Tout repose sur la liberté de la cliente, mise à l'aise dès son arrivée par l'utilisation d'une démarche "self". C'est un casier personnel pour ranger ses affaires, un distributeur de boissons chaudes et froides gratuites, un service de revues spécialisées et une boutique de produits. En sortant, la cliente ne paie que les prestations qu'elle a choisies, qui sont celles d'un salon moyen-haut de gamme. Le client a donc la possibilité de se faire lui-même le séchage, qui n'est pas facturé. Ce n'est pas un salon discount, mais un salon "où le coiffeur ne fait que ce que le client a choisi". Tous ses salons offrent une hygiène irréprochable. Preuve en est donnée par la présence d'un stérilisateur à proximité de chaque place de coiffage. Selon Gilles Xerri, responsable du développement et de la communication, Self'Coiff se situe à mi-chemin entre le salon traditionnel et le client qui achète ses produits lui-même en grande surface.

Coiffure à domicile
L'étonnante ascension de Philippe Bosc
La liberté, c'est pouvoir choisir son emploi du temps ". Plus de 2 600 personnes ont choisi d'équilibrer à leur goût métier et vie privée en rejoignant le groupe Philippe Bosc, numéro un en France de la Coiffure à domicile. Un créneau porteur, que Philippe Bosc a repéré alors qu'il avait 20 ans. En 1990, il fonde la Société d'Organisation nationale des coiffeurs à domicile puis, en 1992, une nouvelle structure, Bosc Organisation. Il recrute ses premières coiffeuses en Alsace-Lorraine avant de s'étendre à la France entière. Si certains de ses employés (95 % de femmes) travaillent à plein temps, la plupart sont à temps partiel, payés au pourcentage. Conditions d'entrée : un CAP de coiffure et 3 ans d'expérience. L'avantage est de conjuguer une totale indépendance dans l'exercice de leur métier et la sécurité d'un statut de salarié (couverture sociale et avantages retraite, chômage..). Le groupe offre les produits de base pour travailler, les outils de communication (cartes de visite, tracts personnalisés), des conseils, idées et tuyaux pour développer la clientèle. Leur permettant d'être à la pointe des techniques, des stages de formation pratiques sont organisés à Mulhouse. Gratuits, ils sont une occasion d'échanges pour les salariés qui apprennent la mise en œuvre des dernières coiffures en vogue dont la jeune clientèle est friande. Les salariés bénéficient de la notoriété et du potentiel de clients du groupe. Celui-ci est important : personnes âgées, mères de famille au programme trop chargé... Apparemment le service semble séduire, puisque Philippe Bosc ne cesse de recruter. Son premier salarié était embauché en 1992, le 1000e en 1996, la 2000ème avant l'an 2000… Dynamique, infatigable, Philippe Bosc a passé avec succès l'examen d'entrée en Bourse. Sa cotation au second marché atteste la solidité du groupe. Selon lui, la réussite de ses employées tient à leurs qualités : enthousiasme, motivation, organisation, ponctualité, convivialité.

 

www.strasbourg.cci.fr
www.fnc.fr

La coiffure à domicile
En plein essor, la coiffure à domicile est exercée avec une qualification (CAP de coiffure ou diplôme prescrit pour l'exercice à domicile dans l'un des autres États membres de la Communauté Européenne). Elle demande beaucoup d'assiduité pour gagner correctement sa vie. Souvent, elle est envisagée comme un complément de revenu, qui permet de concilier vie professionnelle et vie familiale. À condition d'être bien organisé et rester disponible. De plus en plus, les coiffeurs à domicile adoptent le statut de salariés en rejoignant des groupements de coiffeurs à domicile. Pionnier du marché, le Groupe Philippe Bosc* (voir en page 49) emploie plus de 2 600 salariés en 2001.
Les prescripteurs : infirmières, associations d'aide aux personnes âgées (qui constituent 60 % de la clientèle). Plus de 5 000 indépendants sont recensés en France. Avantage : un investissement de départ relativement faible : 5 000 F (762 euros) peuvent suffire. Notons que tous les salons de coiffure proposent le service de coiffure à domicile à leurs clients, lorsque ceux-ci ont des problèmes de santé. "Ce n'est qu'un service occasionnel, car nos clients ne bénéficient pas du même confort ni de la même sécurité que dans un salon.", observe Philippe Stalter.

Législation : un métier artisanal réglementé
Toute entreprise de coiffure et ses établissements sont placés sous le contrôle effectif et permanent d'une personne qualifiée titulaire du brevet professionnel ou du brevet de maîtrise de la coiffure ou d'un titre équivalent homologué par le ministre compétent.

La facturation
Le coiffeur doit remettre au client une fiche indiquant le détail des services pour toute facturation supérieure à 100 F (15,24 e). Le double de cette fiche doit être conservé pendant un an, et le coiffeur doit tenir à disposition du client la liste des prix de toutes les prestations. Les prix sont libres depuis 1986.

"L'Academy Serge Comtesse" fait école
Serge Comtesse, c'est également une école, "l'Academy" agréée par l'État qui prépare aux métiers de la coiffure en formation initiale -CAP et BP. La première rentrée a eu lieu en septembre dans des locaux flambants neufs à l'Esplanade (Strasbourg). Cent jeunes élèves viennent y suivre les cours théoriques et pratiques dispensés par des professionnels de la coiffure. L'école propose également une formation accélérée au CAP en dix mois. L'Academy Serge Comtesse dispose aussi de locaux pour des stages de formation continue ouverts aux adultes : technique de la coloration, de l'effilage, mèches, etc.… Ils sont accessibles aux salariés du groupe, franchisés et aux autres salons. L'école ouvre son salon d'application au public, à certains horaires.

Organismes professionnels
Fédération Nationale de la Coiffure Française
17, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris
Tél. 01 42 61 53 24 -

www.fnc.fr
Fédération Départementale de la Coiffure du Bas-Rhin
7, rue de Berne 67000 Strasbourg
Tél. 03 88 35 14 64 - Président : Philippe Stalter (voir ci-contre)

Les qualités d'un bon coiffeur
La coiffure est un art. Ceux qui exercent ce métier sont visagistes et possèdent une habilité manuelle. Créatifs et disponibles, ils ne doivent pas faire attendre le client, mais offrir des petits plus : café, carte de fidélité… Manager avant tout, le bon coiffeur est aussi un homme (ou une femme) de marketing, de communication, de gestion.

Formation Coiffure Esthétique
Les centres de formation sur le Bas-Rhin
- Formation initiale
• 4 CFA sur le Bas-Rhin : Haguenau, Saverne, Sélestat, Strasbourg
• 4 écoles : européenne de beauté à Schiltigheim et l'école des carrières et de la mode, l'école Bischetti et l'Academy Serge Comtesse.
• 2 CFA à Colmar et Mulhouse, un établissement privé.

- Formation à temps plein
• 7 établissements, dont 3 publics, à Schiltigheim, Strasbourg et Mulhouse.

[ Pour tous renseignements ]

Pôle Formation CCI,
Information-conseil, Véronique Klein,
03 88 43 08 52
v.klein@ strasbourg.cci. fr

     
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