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Quand
la coiffure se "relooke" !
La coiffure est un métier en pleine mutation. Face à
une exigence croissante de la clientèle, la profession tend
à s'organiser autour de la notion de la qualité. Une
stratégie qui suppose formation et main d'uvre qualifiée.
La coiffure en
chiffres
Plus de 50 000 salons de coiffure sont recensés en France*
Selon l'Insee, près de 138
000 salariés sont employés dans le secteur de la coiffure,
dont 94 000 à temps plein. CA réalisé
: 137 875 MF.
58,6 % des établissements occupent de 1 à 5 salariés,
12,1 % n'ont pas de salariés.
Alors que 54 000 salons étaient recensés en 1998,
le chiffre de l'année 2000 avoisinerait les 50 000 salons,
suite à la restructuration du secteur.
*Source : Insee, les entreprises de services, EAE, résultats
publiés en 2000, exercice 1998
Dans le Bas-Rhin, la Fédération
départementale de la Coiffure dénombre 840 salons,
dont plus d'un tiers se situent sur la CUS.
La composition
du parc des entreprises en France
- Salons femmes : 62 %
- Salons hommes : 8 %
- Salons mixtes : 17 %
- Réalisation d'implants et prothèses capillaires
: 13 %
Source : APCE, SPC 02, mise à jour janvier 2001
Stabilisation
du nombre d'établissements, qualification des prestations
37
millions de français poussent régulièrement
la porte d'un salon de coiffure et dépensent de plus en plus
pour leurs soins capillaires
Les salons traditionnels les
plus prisés sont contraints à refuser les clients
qui n'ont su anticiper leur coupe en prenant rendez-vous
Ceci
explique une certaine montée en puissance des salons qui
proposent des petits prix, et sans rendez-vous. Alors qu'une forte
croissance du nombre des salons caractérisait les années
60, 1980 cède le pas à la stabilisation.
Selon Bernard
Stalter,
Président de la Fédération Départementale
de la Coiffure du Bas-Rhin* et dirigeant de 3 salons à Strasbourg-Hautepierre,
Brumath et Weitbruch (25 collaborateurs), cette stabilisation en
matière d'ouvertures devrait perdurer, qu'il s'agisse de
salons indépendants ou de franchises. La nouvelle tendance
est à l'augmentation des effectifs et à l'exploitation
de salons plus grands, de même qu'à la transformation
des salons hommes en salons mixtes. Les indépendants tireront
leur épingle du jeu en se montrant dynamiques et créatifs,
et ce grâce à la formation. Le métier exige
de fréquents séminaires de recyclage. " Nous
organisons plus d'une vingtaine de stages chaque année ",
explique Bernard Stalter, qui en a programmé 12, rien que
pour le premier semestre 2002.
" Le grand problème de la coiffure est le manque de
personnels qualifiés ", commente-t-il. Pour y remédier,
la Fédération, en liaison avec la Région Alsace
et l'ANPE, va mettre en place une formation adaptée. "
Notre cheval de bataille est la qualité. Toujours en partenariat
avec la Région, nous avons élaboré une charte
qui débouchera sur la labellisation de nos premiers coiffeurs
courant décembre ".
*regroupe 5 corporations, à Strasbourg
-Strasbourg Campagne, Sélestat, Saverne, Molsheim et Haguenau.
Rôle : informer, former et défendre les intérêts
de ses adhérents. Organise le Festival Régional de
la Coiffure : 2000 participants en moyenne sont en lice pour le
prix du meilleur apprenti et du meilleur coiffeur confirmé
(prochaine édition 2002 à Saverne, le 10 mars).
Témoignage
Horizon 2000
Qualité et flexibilité
Brigitte
et Patrick Ulrich tiennent le salon de coiffure mixte, Horizon 2000,
depuis bientôt dix ans. Ceux qui leur avaient déconseillé
d'ouvrir leur commerce à la périphérie de la
ville de Sélestat s'aperçoivent aujourd'hui que leur
choix était le bon.
En effet, les facilités de stationnement sont un atout supplémentaire
pour leur salon, qui se distingue à la fois par une qualité
de prestations et une grande flexibilité horaire
-Patrick Ulrich est un précurseur des 35 heures, mises en
uvre il y a un an et demi-. Avec 6 salariés à
temps complet, il ouvre son magasin tous les jours de 8 h à
18 h, sauf le samedi où il ferme à 16h, et propose
une nocturne le jeudi, jusqu'à 20 h. De quoi satisfaire autant
les gens qui travaillent que ses clients
de la maison de retraite avoisinante ! Sa clientèle est constituée
de tous les âges et de tous les milieux socio-professionnels.
De plus en plus exigeante au fil des années, elle recherche
à la fois le service immédiat et la qualité.
Souvent la cliente ne sait pas exactement ce qu'elle veut, choisit
un ou plusieurs modèles sur catalogue et vérifie avec
la coiffeuse si c'est réalisable. Dans le salon les tâches
sont réparties : 4 coiffeuses sont spécialisées
dans la coiffure femme, 2 d'entre-elles assurent également
les coupes hommes et Brigitte et Patrick se réservent les
hommes. Garants de la technicité de l'équipe, les
stages suivis de façon régulière, à
tour de rôle à Strasbourg. Organisés par la
Fédération Départemen-tale de la Coiffure du
Bas-Rhin, ils permettent de se mettre au goût du jour : styles
effilés, dégradés, chignons
Jusqu'aux
créations d'avant-garde.
"Tout le monde est obligé de suivre des stages et de
s'adapter aux techniques. L'évolution des performances des
matériels est telle que nous investissons régulièrement.
À l'instar des casques (eh oui, la mise en plis refait surface)
avec musique incorporée. Originaires de Muttersholtz, Brigitte
et Patrick Ulrich se sont fait la main en Suisse avant de s'installer
à leur compte à Sélestat. Ils se sont créé
un vivier de clients fidèles, souvent habitués à
" leur " coiffeuse et qui apprécient le service
et les soins offerts.
Nouvelle Vague
Formation... permanente !
Nathalie
Geremia-Reyss, 34 ans, dirige le salon Nouvelle Vague à Griesheim-près-Molsheim
depuis mai 1996, assistée de sa collaboratrice, Stéphanie
Klein. Après son apprentissage, elle a suivi une formation
chez Jean-Louis Desforges à Paris, puis à Dorlisheim,
dans un salon implanté dans la galerie marchande d'un hypermarché.
C'est l'une de ses clientes, habitante du village, qui l'a informée
d'un salon à vendre à Griesheim.
À l'issue de ses onze ans de pratique en tant que responsable
technique, c'était une opportunité qu'elle se devait
de saisir. Pas de souci lié à la constitution d'une
clientèle : elle a conservé ses " anciennes "
clientes à 85 %, lesquelles viennent de 50 km à la
ronde, des environs de Strasbourg ou de La Wantzenau. Adepte de
formation permanente, Nathalie multiplie les stages, notamment chez
"Tony and Guy", coiffeurs londoniens réputés
qui ont créé une école à Paris. Sa prochaine
formation (la 6e de l'année) se tiendra à Strasbourg,
consacrée à l'artistique couleur. En 1993 déjà,
Nathalie avait été classée parmi les 5 meilleures
coloristes de France. Sa collaboratrice suit également le
stage, ou bénéficie de son "training". Parallèlement
aux stages techniques, Nathalie s'est formée à la
psychologie du consommateur. "C'est essentiel d'avoir les gestes
qui rassurent, dit-elle, 69 % des clients ont peur du résultat".
Elle porte un soin particulier à l'accueil et à la
mise en confiance de ses clients. "Ils viennent chez moi pour
être pris en mains et bichonnés". Pour chaque
cliente, Nathalie et Stéphanie essaient de trouver le côté
original qui fera qu'elle sortira avec une coupe personnalisée.
"Régulièrement, nous actualisons les classiques
et apportons notre "touche", tant au niveau de la coupe
que de la couleur ou du multiméchage". Son regret :
ne pas faire suffisamment de "choses très folles".
À l'instar de la plupart de ses confrères, pour remercier
les clientes de leur fidélité, Nathalie leur offre
des shampoings ou des massages du cuir chevelu.
Une place pour
les produits complémentaires
20 % de son CA est constitué des produits d'entretien du
cheveu : "Je les considère comme un complément
indispensable pour entretenir une coupe, s'ils sont un peu plus
chers qu'en grande surface, on en met trois fois moins". Aujourd'hui,
Nathalie n'a aucun regret d'avoir pris cette affaire, pas même
celui d'avoir refusé une offre à l'Ile de la Réunion,
où elle a eu l'occasion de s'exercer aux techniques du défrisage
" cela m'a appris beaucoup sur les qualités différentes
de cheveux". Ses horaires d'ouverture : le mardi de 9h à
12h et de 14h à 18h30, le mercredi jusqu'à 19h, le
jeudi de 12h à 20h, le vendredi de 9 h à 20 h et le
samedi de 8h30 à 16 h 30. En fait, elle s'est adaptée
aux souhaits de sa clientèle. Avec les 35 heures elle s'est
trouvée obligée de "grignoter un peu", mais
dans l'ensemble ses clients - hommes, femmes, enfants - s'y retrouvent.
Self'Coiff
La coiffure à la carte
Salon
de coiffure traditionnel axé sur le visagisme, le concept
Serge Comtesse est né en Alsace en 1987. Développé
progressivement dans de petites villes, il représente aujourd'hui
35 implantations sur le territoire national, dont 20 en franchises.
C'est à partir d'un constat d'évolution des comportements
d'achats des consommateurs que Serge Comtesse a créé
une deuxième enseigne, Self'coiff (25 Self'coiff en France,
dont 8 sur la Communauté de Strasbourg), qui a été
testée pendant deux ans à Mulhouse, puis Strasbourg
et Colmar. Le principe de ces magasins : "Coiffez-vous malin"
ou la coiffure à la carte. À l'envi, on choisit de
se faire faire simplement une couleur, des mèches ou une
coupe. Pas de contraintes de prise de rendez-vous, les salons sont
ouverts en non-stop toute la journée. Tout repose sur la
liberté de la cliente, mise à l'aise dès son
arrivée par l'utilisation d'une démarche "self".
C'est un casier personnel pour ranger ses affaires, un distributeur
de boissons chaudes et froides gratuites, un service de revues spécialisées
et une boutique de produits. En sortant, la cliente ne paie que
les prestations qu'elle a choisies, qui sont celles d'un salon moyen-haut
de gamme. Le client a donc la possibilité de se faire lui-même
le séchage, qui n'est pas facturé. Ce n'est pas un
salon discount, mais un salon "où le coiffeur ne fait
que ce que le client a choisi". Tous ses salons offrent une
hygiène irréprochable. Preuve en est donnée
par la présence d'un stérilisateur à proximité
de chaque place de coiffage. Selon Gilles Xerri, responsable du
développement et de la communication, Self'Coiff se situe
à mi-chemin entre le salon traditionnel et le client qui
achète ses produits lui-même en grande surface.
Coiffure à
domicile
L'étonnante ascension de Philippe
Bosc
La
liberté, c'est pouvoir choisir son emploi du temps ".
Plus de 2 600 personnes ont choisi d'équilibrer à
leur goût métier et vie privée en rejoignant
le groupe Philippe Bosc, numéro un en France de la Coiffure
à domicile. Un créneau porteur, que Philippe Bosc
a repéré alors qu'il avait 20 ans. En 1990, il fonde
la Société d'Organisation nationale des coiffeurs
à domicile puis, en 1992, une nouvelle structure, Bosc Organisation.
Il recrute ses premières coiffeuses en Alsace-Lorraine avant
de s'étendre à la France entière. Si certains
de ses employés (95 % de femmes) travaillent à plein
temps, la plupart sont à temps partiel, payés au pourcentage.
Conditions d'entrée : un CAP de coiffure et 3 ans d'expérience.
L'avantage est de conjuguer une totale indépendance dans
l'exercice de leur métier et la sécurité d'un
statut de salarié (couverture sociale et avantages retraite,
chômage..). Le groupe offre les produits de base pour travailler,
les outils de communication (cartes de visite, tracts personnalisés),
des conseils, idées et tuyaux pour développer la clientèle.
Leur permettant d'être à la pointe des techniques,
des stages de formation pratiques sont organisés à
Mulhouse. Gratuits, ils sont une occasion d'échanges pour
les salariés qui apprennent la mise en uvre des dernières
coiffures en vogue dont la jeune clientèle est friande. Les
salariés bénéficient de la notoriété
et du potentiel de clients du groupe. Celui-ci est important : personnes
âgées, mères de famille au programme trop chargé...
Apparemment le service semble séduire, puisque Philippe Bosc
ne cesse de recruter. Son premier salarié était embauché
en 1992, le 1000e en 1996, la 2000ème avant l'an 2000
Dynamique, infatigable, Philippe Bosc a passé avec succès
l'examen d'entrée en Bourse. Sa cotation au second marché
atteste la solidité du groupe. Selon lui, la réussite
de ses employées tient à leurs qualités : enthousiasme,
motivation, organisation, ponctualité, convivialité.
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