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Médicis-Sélestat
Quand
la brosse se remet dans le sens du poil...
Elles sont en pur sanglier, en soies naturelles ou en picots... D'une
diversité de formes, de designs et de matériaux, ces
brosses -à cheveux et à dents- commercialisées
sous le nom de Médicis ont peut-être leur place dans
votre salle de bains... Disponibles en magasin, pharmacie ou grande
surface, elles viennent tout droit... des ateliers de l'entreprise
Médicis, qui comprend deux sites, à Sélestat
(67) et à Ceyzériat (01). Le premier fabrique essentiellement
des brosses, tandis que le second axe sa production sur les accessoires
de beauté : barrettes, peignes, serre-têtes, chouchous,
etc..
Née à Sélestat avant la guerre sous le nom de
Celluloïd, l'entreprise Médicis se spécialise dans
le traitement de la celluloïd. Elle s'oriente ensuite vers l'injection
plastique destinée à la fabrication d'articles de brosserie.
Rachetée en 1993 par le Groupe La Brosse et Dupont, l'entreprise
fabrique alors des peignes, des brosses à cheveux, des brosses
à dents, mais aussi de la gobeleterie et des produits de l'ornement
de cheveux. Cette dernière activité est prépondérante
sur le deuxième site de l'entreprise, près de Bourg-en-Bresse,
qui sera amené à subir une restructuration liée
à des raisons de rentabilité. "Saisonnier, tributaire
de la mode, ce marché présente trop de risques",
indique le Président du Direc-toire de Médicis, Patrice
Wolff. "Nous avons beaucoup d'invendus et cela coûte très
cher de vendre en grands magasins où il y a nécessité
d'employer des démonstratrices et des commerciaux". Un
show-room est situé sur Paris et une soixantaine de démonstratrices
sont présentes dans la France entière. Chaînes
clientes : les Monoprix, Carrefour, Foirfouille, Galeries Lafayette,
Printemps, Bon-Marché-Samaritaine et BHV.
Se recentrer sur ses métiers
Bien
que le chiffre d'affaires de l'entreprise Médicis ait atteint
les107 MF en 2000, "le groupe n'a pas dégagé
de rentabilité d'exploitation", indique Patrice Wolff,
qui tente, depuis son arrivée en 2000, de redresser la barre.
Nous devons nous recentrer sur nos métiers qui sont la conception
et la fabrication de brosses à dents et de brosses à
cheveux et avoir une démarche plus industrialisée.
Ceci implique l'arrêt de la distribution sélective
et le développement d'une activité de sous-traitance
en plasturgie.
"L'amalgame de métiers, de cultures, de produits et
de méthodes différentes ont fortement contribué
à des dysfonctionnements", souligne-t-il. Il nous faut
faire des choix par rapport à nos produits. L'entreprise
s'est trop diversifiée. Pour exemple, nous fabriquons aussi
bien des poignées en plastique pour les sacs de Louis Vuitton,
des brosses à dents pour Colgate, que des peignes et barrettes
pour les coiffeurs et chaînes de parfumerie... Nous conditionnons
également des trousses de toilette embarquées pour
Air France ou Emirates. Les chausse-pieds et les brosses à
dents que nous produisons à Sélestat sont intégrés
dans les trousses grâce au concours des centres d'aides au
travail".
Développer l'export
Fort de son expérience précédente
à l'international, Patrice Wolff -diplômé de
Sup de Co Lyon, il a notamment travaillé pour Orangina en
Angleterre et à Singapour-, entend bien augmenter son CA
à l'export. Actuellement de l'ordre de 15 %, celui-ci serait,
dans la configuration future de l'ordre de 25 %. Pays visés
: l'Allemagne, les États-Unis, le Royaume Uni, l'Europe.
Acteur majeur de la production de brosses en France et en Europe,
"nous sommes les seuls en Alsace", observe Patrice Wolff,
Médicis dispose du savoir-faire industriel nécessaire.
Situé sur 8 200 m2, l'entreprise de Sélestat (160
salariés, dont 70 en production) fabrique et commercialise
chaque année près de 3,5 millions de brosses à
dents et 3 millions de brosses à cheveux. Depuis juillet
dernier, un magasin d'usine cotoyant les ateliers permet à
l'entreprise d'écouler les fins de séries.
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