Les archives du Point Eco de la CCI
n°208
Octobre 2001

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TABLE RONDE
  L'euro, les banques et vous
 

Passage à l'euro, relation banques/entreprises et incidence des TIC dans le monde bancaire...
La CCI vous propose de faire le point sur ces thèmes à quelques semaines de l'euro fiduciaire.


Le niveau d'impréparation demeure préoccupant
Les entreprises sont-elles vraiment prêtes au passage à l'euro ? Les sondages nationaux étaient encore récemment un peu alarmistes. Les pouvoirs publics se veulent rassurants. Cette forme d'attentisme est- elle réelle ? Et si elle perdure, quelles en seront les conséquences sur l'économie et la croissance, au moment de la bascule en 2002 ?

| José Schmidt |
Nous avons tous fait le même constat. Il y a un certain taux d'impréparation au sein des petites et moyennes entreprises. Elles ont entamé plusieurs chantiers au sein de leur organisation : les 35 heures notamment. Celui du passage à l'euro restait pour l'instant encore à bien des égards un chantier qui leur paraissait lointain. Nous avons beaucoup de difficultés à les mobiliser pour des petits-déjeuners, des réunions d'information. Elles commencent petit à petit à se réveiller un peu, compte tenu des messages des institutions et d'autres acteurs. Mais je n'ai pas l'impression qu'elles soient bien avancées sur le sujet. Les experts-comptables le confirment et s'inquiètent.

| Dominique Stoltz |
On sent tout de même une accélération très forte des questions, lors des entretiens avec les entreprises. Leur préparation est aussi liée à la taille de l'entreprise. Plus elle a eu des moyens à consacrer à la préparation, en nommant par exemple un responsable de projet, plus le sujet est abouti. Si le patron doit être "au four et au moulin", il fait marcher sa boutique d'abord, et s'occupera de l'euro après. Il faut reconnaître aussi que les pouvoirs publics ont démarré un tout petit peu tard leur communication forte. Aujourd'hui, quand nous organisons des réunions avec les commerçants des Vitrines de Strasbourg à la Chambre de Commerce, nous nous rendons compte que certains d'entre eux découvrent presque ce qu'implique le passage à l'euro : pas du point de vue bancaire, mais commercial.
L'établissement des prix, l'organisation... Ils n'avaient pas vraiment senti venir le coup. Notre rôle est de relayer l'action des pouvoirs publics et des chambres de commerce. Il ne reste que peu de temps. Certains vont vraiment arriver au tout dernier moment.

| Paul Schuck |
Beaucoup d'entreprises sont techniquement prêtes, mais psychologiquement en retard. Leurs infrastructures informatiques, comptables... sont au point, mais les impacts réels de l'euro, peu de gens s'y attendent. D'autre part on sent une tendance à vouloir reporter la date de la bascule le plus loin possible. Nous avons essayé de pousser les chefs d'entreprise à s'y mettre au début de l'été. Fin juin, seulement 3 % de nos comptes d'entreprises avaient basculés à la seule initiative des clients, la situation s'est nettement améliorée lorsque nous-même leur avons proposé de basculer.

| Jean-Marie Stackler |
La phase transitoire a été trop longue. On parle de l'avènement de l'euro, depuis le 1er janvier 1999. Il y a eu une forte communication au départ, puis tout est retombé pendant 18 mois.
À présent, nous avons du mal à re-mobiliser les dirigeants des petites entreprises. Le problème des 35h les préoccupe encore beaucoup plus que l'euro. Aujourd'hui, chez nous seulement 10 % des comptes sont basculés à l'euro. Les entreprises risquent de se voir imposer les bascules de leurs comptes, plutôt que de les prévoir. C'est notre rôle maintenant d'accompagner ces gens-là dans la communication et dans l'information.


Un coût de 1,8 milliard
d'euros pour les banques
françaises

Ce service est-il payant ?

| Thierry Laborde |
La bascule des comptes, l'émission des chéquiers en euro, les paiements… sont des services entièrement gratuits. Les banques s'y sont engagées. Rappelons que le coût du passage à l'euro s'élève pour la communauté bancaire à 1,8 milliard d'euros. Il a été imposé aux clients mais également aux banques qui sont des entreprises comme les autres avec un compte d'exploitation.
En dehors de cela, certaines banques proposent aux entreprises et aux professionnels des services à valeur ajoutée qui mobilisent des ressources. Si c'est un bon service, il ne peut pas être gratuit. La première appréciation d'un client est : service gratuit égal service très léger. C'est par exemple la mise à disposition d'une documentation. Au-delà, il s'agit d'un véritable accompagnement.
Quoiqu'il en soit, cette bascule à l'euro fait apparaître deux facteurs discriminants pour l'entreprise. D'abord, sa taille. Aujourd'hui toutes les plus grandes sont préparées à l'euro. Dans le Bas-Rhin, au-delà de 20 millions de CA, 48 % de nos comptes sont déjà en euro. Pour ceux-ci la date de bascule prévisionnelle est saisie dans les systèmes informatiques et planifiée. En revanche seulement 20 % des petites entreprises et des professionnels ont fait basculer leur compte. Le deuxième facteur très discriminant est la nature du poste client. Est-il composé d'entreprises ou de particuliers ? Si les entreprises travaillent avec des particuliers, elles ont tendance à attendre l'arrivée de l'euro fiduciaire des pièces et des billets pour tout régler. Nous essayons de les amener à régler d'abord l'euro scriptural, à basculer leurs différentes fonctions commerciales, informatiques, bancaires etc…, et de les inciter à partir du 1er décembre à se consacrer à l'euro fiduciaire. Nous avons le même problème dans nos banques. Fin septembre toute la problématique de l'euro scriptural sera réglé, soit par décision de l'entreprise, soit par voie automatique. Mais il vaudrait mieux éviter d'attendre cette bascule de masse du 31 décembre pour pouvoir corriger tous les dysfonctionnements de ceux qui ne s'y sont pas préparés. Car le 1er janvier 2002, on ne pourra plus émettre de chèques ni effectuer de virements, de lettre de change, ou de prélèvements en francs.

| Paul Schuck |
Pour inciter les gens à payer en euro, on aurait dû proposer des remises spéciales, mais cela n'était légalement pas possible à cause du souci initial de tranparence en euro et devises IN. Le gros tort a été d'indiquer systématiquement la contre valeur. Par confort, personne ne s'est encore vraiment habitué aux euros.

| Dominique Stoltz |
Cette période de transition a des effets presque dévastateurs. Dans l'ensemble des banques, nous avons presque trop favorisé la fongibilité, le fait que l'on puisse traiter indifféremment le franc de l'euro sur un compte en franc ou en euro. Certes, c'est un avantage. Nos clients peuvent basculer leurs comptes en euro quand bien même ils continuent à faire leurs paiements en francs. Mais c'est aussi devenu un frein. La période transitoire un peu trop longue a endormi nos clients. Près de 90 % des entreprises ont fait la bascule. Cela dit, la question bancaire n'est qu'un petit point du passage à l'euro. C'est leur comportement vis-à-vis de leurs postes fournisseurs, clients, catalogues qu'il leur faudra traiter.

| Thierry Laborde |
Regardez l'exemple d'EDF. Il est très éloquent. EDF a fait un test il y a quelques mois pour émettre les factures en euro. Le taux d'anomalie s'est élevé à 10 %. France Télécom prépare son émission en euro actuellement et dit qu'au-delà de 3% d'anomalie, c'est le bazar chez eux.

| José Schmidt |
Beaucoup de très petites entreprises considèrent que c'est à nous de traiter leur problème euro. Or si nous devons déployer toute notre énergie pour les aider et les assister, nous ne sommes pas compétents pour résoudre leurs problèmes internes.



La difficulté est de ne plus convertir et d'acquérir de nouvelles références

| Thierry Laborde |
À propos de la période transitoire, en interne, nous sommes en budget euro depuis le 1er janvier 2000. Or, je n'ai pas encore dans ma vie quotidienne toutes mes références en euro, au bout d'un an et demi. Pour acquérir un nouveau référencement et ne pas vivre en permanence avec un convertisseur, il faut du temps. Beaucoup de gens pensent, en Alsace surtout, que nous n'aurons aucun problème. Mais le sujet ne sera pas de convertir en permanence, il faudra acquérir de nouveau repères. Pour un chef d'entreprise, avoir toutes ses références budgétaires en euro prendra du temps.
Regardons les marchés financiers en euro depuis 1999. La première année, et encore au début de l'année 2000, nous avons eu une montée en flèche d'erreurs de bourse de la part de nos commerciaux, parce qu'ils confondaient en discutant avec le client, le franc et l'euro. C'est maintenant derrière nous, mais les entreprises vont le connaître à leur tour dans leur sphère commerciale.

| Gaëtan Peditto |
Je constate chez nos clients et à votre écoute que tout le monde n'est pas encore totalement prêt, mais que beaucoup de gens ont déjà entamé la démarche. Leur date de bascule est fixée. Nous avons pris contact depuis le mois de mars avec l'ensemble de nos clients d'entreprise, sur la base d'un petit questionnaire à remplir lors d'un entretien face à face. Nous avons abordé le côté bancaire du passage à l'euro, mais aussi des aspects plus éloignés comme les catalogues, les prix… Si certains points n'ont pas encore été traités, tout est prévu pour être prêt avant le 31 décembre. La situation ne me semble pas du tout alarmante. D'une manière générale, pour la partie de l'euro qui nous concerne plus spécifiquement, les banques ont fait un assez bon travail, car elles peuvent traiter toutes les opérations pour leurs clients en euro comme en franc.

Nous avons évoqué les contraintes imposées par l'euro aux entreprises et aux particuliers. L'euro présente aussi des avantages. Quels sont-ils pour l'économie bas-rhinoise ?



Transparence des prix, stabilité des taux et ouverture des marchés

| Jean-Marie Stackler |
Notre région frontalière a la caractéristique de voir s'échanger d'importants flux liés aux échanges commerciaux sans pour autant qu'un équilibre se soit installé sur cet aspect entre nos deux pays. Les petites entreprises françaises achètent beaucoup plus aux allemands que le contraire. Pour les installations, ou les créations de filiales, le phénomène est identique. Quand la monnaie unique sera présente, les petites entreprises qui n'ont pas encore osé franchir le Rhin vont pouvoir se comparer à leurs concurrents allemands. Les référentiels de prix étant identiques, leur zone de chalandise va peut-être s'étendre. Mais c'est difficile à mesurer et encore plus à prévoir.

| Thierry Laborde |
L'euro existe depuis trois ans, et nous mesurons déjà ce qu'il a apporté à l'économie. Il y a d'abord toutes les avancées macro-
économiques de stabilité des taux. Depuis la mise en place de l'euro, les dévaluations compétitives qui ont encore existé en 95-96 avec des taux de 18 - 20 % sont révolues. Pour les entreprises ouvertes sur d'autres marchés, ou en concurrence avec des espagnols, des italiens, ou des portugais, c'est une avancée énorme.
Deuxième avancée depuis le 1er janvier 1999, les commissions de change. Avant, elles étaient facturées à l'entreprise. Maintenant c'est fini. Cela a réduit la facture de l'entreprise quasiment de moitié pour toutes les transactions transfrontalières, tout en simplifiant la gestion du risque de change.
Troisième avancée, cette fois d'ordre commercial. L'euro a permis à toutes les entreprises ouvertes sur des marchés extérieurs une véritable comparaison et transparence des prix, d'un pays à l'autre. L'arrivée de l'euro fiduciaire va encore renforcer cette tendance, puisque tous les prix seront affichés en euro. Les prix vont se lisser progressivement.

| Dominique Stoltz |
Reste l'Europe des échanges. Aujourd'hui, les commissions de transfert demeurent. Les systèmes d'échanges internationaux au niveau de l'Europe échangent tous en euro, mais ne sont toujours pas homogènes. Ils ne sont pas reliés entre eux de façon électronique, sauf pour des grands montants. Il y a là encore, beaucoup de progrès à faire. De nombreux clients entreprises attendent avec impatience le jour où nous pourrons faire un virement à Kehl, aussi simplement que vers Marseille. Ce jour-là, l'Europe de l'euro sera réalisée.
Quant au comparatif de prix, la plupart des entreprises l'ont réalisé depuis longtemps. Ce sera surtout une avancée pour les particuliers.

| Thierry Laborde |
Il reste des milliers de choses à faire. La monnaie commune permet d'avancer sur de nombreux sujets. La fiscalité, les aspects sociaux, certaines législations… restent à traiter. Mais l'euro est un facteur stabilisateur qui a déjà apporté beaucoup de stabilité dans l'économie des entreprises françaises et bas-rhinoises. Et elles le reconnaissent.

| José Schmidt |
Il y a dix ans, au sein même de certains pays européens, je pense notamment à l'Allemagne des années 90, les systèmes d'échanges étaient différents. Donc il a fallu tout d'abord, mettre de l'ordre au sein des organisations, de chacun des pays d'Europe. Nous étions en avance en France de ce point de vue là, mais on ne pouvait pas demander à tous les pays qui nous accompagnaient dans la démarche euro d'arriver au même stade d'équipement que nous. Ils devaient homogénéiser leur propre système avant de passer à celui du marché européen.


L'euro va renforcer la compétitivité des entreprises qui le sont déjà

| Thierry Laborde |
Il ne faut pas oublier que le consommateur de banque français est sans doute un des plus gâté en Europe. La France est le premier pays qui a inventé l'interbancarité. Aller retirer 200 F avec sa carte, dans n'importe quelle banque, est possible dans peu de pays au monde et il ne vous en coûte rien. En Allemagne, en Angleterre, aux USA ce service peut être payant et nécessite souvent de posséder plusieurs cartes. L'euro pousse les uns et les autres à s'aligner sur ceux qui sont le plus en avance, même si cela peut prendre du temps.

| Dominique Stoltz |
Cela va renforcer la compétitivité des entreprises qui le sont déjà. Une entreprise performante, déjà ouverte, qui a des idées, sera encore plus compétitive avec l'euro. Car une barrière s'écroule et un certain nombre d'éléments vont être plus facilement lisibles par les clients potentiels en Allemagne, en Italie et même ailleurs.

| Thierry Laborde |
Le quatrième facteur discriminant : c'est la santé de l'entreprise. Celles qui sont les plus prêtes aujourd'hui, sont celles qui se portent le mieux. Celles qui sont le plus en retard sont celles qui vont le plus mal. Donc il y a un risque que l'arrivée de l'euro accélère la mort de certaines entreprises.


Les entreprises satisfaites à 87 % de leurs banques

Aujourd'hui quel est l'état de vos relations avec les entreprises ?

| Thierry Laborde |
Selon un sondage réalisé par la Fédération bancaire française, 87 % des entreprises sont contentes de leurs banques. Il faut dire que la conjoncture économique en est aussi responsable. Par contre, un point reste endémique en France, c'est le rapport au crédit. Or, les banques perdent de l'argent sur le crédit aux entreprises. En l'accordant, nous devrions rémunérer les frais généraux de distribution, l'immobilisation des capitaux, et le coût du risque. Aujourd'hui, les marges faites par toutes les banques en France ne rémunèrent même pas le coût du risque. Cela veut dire qu'il y a une mutualisation du risque. Les meilleurs payent pour les moins bons. Pour financer le risque de création aujourd'hui - alors qu'on enregistre 50 % de dépôt de bilan dans les trois premières années - il faudrait prêter avec 6 % de marge, c'est-à-dire à 11 % de taux. Quel créateur accepterait aujourd'hui d'emprunter à ce taux ? Aux USA, l'État, donc la communauté des contribuables, prend en charge non pas le fait de prêter de l'argent à l'entreprise mais le fait de contre garantir le risque. En France ce système pourrait être plus développé. C'est une demande très claire des banques.

| Jean-Marie Stackler |
Le passage à l'euro est un moment un peu historique pour nous dans la mesure où nous allons tous vers nos clients pour leur en parler et les accompagner. Cette démarche gratuite ne peut qu'être appréciée de la clientèle et elle s'inscrit dans le cadre d'un véritable partenariat entre la banque et l'entreprise. Dans cet accompagnement, il y a deux aspects : le premier de communication et d'information. Nous sortons là un peu de nos compétences strictement bancaires. Le deuxième aspect concerne la préparation aux relations financières : la bascule des comptes, la conversion des moyens de paiement en euro, la préparation de la bascule. Tout cela coûte beaucoup d'argent aux banquiers, parce qu'habituellement nos conseillers ont pour mission de vendre. Bien entendu ils profitent de cet instant pour vendre autre chose, mais dans cette démarche euro, il s'agit avant tout du conseil.
Incontestablement, il rapproche les chefs d'entreprise de leur banque.



Un rôle de conseil
et d'accompagnement

| Dominique Stoltz |
Ces dernières années, les relations de l'entreprise avec le banquier se sont améliorées. Les banques ont fait un très gros effort pour mettre en face des entreprises des interlocuteurs clairement identifiés, bien formés, des spécialistes dédiés au monde de l'entreprise. Certains en viennent d'ailleurs. Ils peuvent aller visiter l'entreprise en connaissance de cause, se rendre compte des efforts du chef d'entreprise pour améliorer sa productivité et peuvent du même coup mieux participer à l'accompagnement de son développement.

| Thierry Laborde |
Maintenant la banque, c'est aussi de la distribution. Le seul lien de friction qui demeure entre l'entreprise et sa banque, c'est le crédit. Mais la banque a le droit de refuser un crédit, à condition de motiver sa décision. Dans ce domaine là, la loi bancaire protège très largement les entreprises. Il y a peu de pays en Europe où la loi protège autant les entreprises. Entre le soutien abusif et la rupture abusive de crédit, la loi nous laisse une possibilité d'action très étroite. Dès qu'il y a un dépassement d'autorisation, légitimement on doit notifier par lettre recommandée au client dans le cadre du délai bancaire, une rupture à 60 jours. Quand on rompt des relations avec un client on lui laisse le temps de se retourner ! D'autre part l'offre des banques aux clients s'est beaucoup élargie. Avant la banque c'était : "je prends tes dépôts et je te fais crédit." Aujourd'hui, cela représente une toute petite partie de notre activité, même si elle est essentielle. Le crédit nous amène de nouveaux clients. C'est davantage un moyen qu'une fin. Aujourd'hui, les banques offrent des services à valeur ajoutée dans de nombreux domaines, en particulier ceux liés à notre métier de gestionnaire des risques. Tous les nouveaux services, y compris dans les NTIC, s'inscrivent autour de notre rôle de tiers de confiance. Car lorsque l'on possède une marque (toutes les marques développent leur notoriété) et qu'on sait gérer les risques, on devient un tiers de confiance incontournable.

Abordons pour terminer les NTIC. Dans le monde de l'entreprise, c'est une révolution commerciale, même si peu d'entre-elles vendent sur internet. Pour l'instant elles utilisent le net pour se présenter. C'est une révolution en terme de circulation et de transparence d'informations. Qu'est-ce que vous proposez par le biais de ce nouveau média ? En quoi vos relations avec les entreprises sont-elles bouleversées ?

| José Schmidt |
Pour reparler du tiers confiance, les partenariats entre les banques et leurs clients se développent de plus en plus. Cela nous permet d'accroître leur influence, d'offrir de nouveaux services notamment en ce qui concerne les nouvelles technologies et, la confiance aidant, de mieux nous installer dans notre rôle de conseil.

| Paul Schuck |
Les messageries ont accentué les relations des banques avec les entreprises. Elles sont plus fréquentes, notre temps de réaction est plus rapide. Mon seul regret est de voir moins les clients. Je reçois aussi via le net beaucoup de questions de la part de mes collègues suite à des questions pointues posées par les clients. L'écriture exige beaucoup plus de rigueur dans la question et dans la réponse que l'oralité, mais on gagne en efficacité.

| Dominique Stoltz |
Le faible développement du commerce sur Internet n'est pas tant dû à la réticence des entreprises qu'à la prudence des particuliers. Au début il y a eu beaucoup de déboires. On n'était pas sûr de recevoir ce qu'on avait commandé. Ensuite c'était un problème de sécurité. Le seul mode de paiement était de taper le numéro de sa carte. Beaucoup de particuliers ont mesuré le risque qu'ils encouraient.
Aujourd'hui, le partenariat qui se développe entre les banques et les entreprises va viser à sécuriser cet aspect du paiement.
C'est un média de plus pour nous. Nous assurions l'encaissement des chèques, le développement de la monétique auprès des commerçants. Aujourd'hui auprès des entreprises qui vendent sur Internet nous devons sécuriser les modes de paiement, pour donner confiance à l'acheteur.

| Gaëtan Peditto |
Les nouvelles technologies, rappelons que ce n'est pas forcément nouveau et que ce n'est pas seulement internet. À partir de février l'an prochain, tous les chèques en euro seront par exemple échangés de manière dématérialisée via un système informatique interbancaire. Par contre, il faut relever qu'une nouvelle technologie, le porte monnaie électronique, qui aurait été bien utile pour aider au passage à l'euro fiduciaire en début d'année prochaine, sera quasiment absente.

| Thierry Laborde |
Les nouvelles technologies sont arrivées sur un terrain fertile. Depuis des années existe en France le minitel, le premier moyen de se connecter à distance avec de l'interactivité. Internet permet l'échange de fichiers entre la banque et l'entreprise et la communication qu'offrait le minitel. Avant, il y avait deux canaux distincts qui ne permettaient pas de faire ces deux choses. Voilà ce qu'apportent les NTIC. Sans parler de l'ergonomie, la sécurité avec demain la signature électronique et tout ce que peut apporter un tiers de confiance, la possibilité de payer la TVA via Internet, et tous les services liés à l'externalisation. Une entreprise qui veut se développer doit se concentrer sur ses clients. Elle doit externaliser tout ce qui l'éloigne de son métier. Les banques ont là, un rôle majeur à jouer. Je pense à l'externalisation des gestions de flotte automobile, de parcs de véhicules industriels, de frais de déplacement… Dans ces domaines les banques peuvent apporter du service et les NTIC trouvent là toute leur place.

| Jean-Marie Stackler |
La banque a changé de métier au fil du temps, de prêteur elle est devenue prestataire de services. En aidant un client à vendre ses produits au grand public en sécurisant ses transactions sur Internet, on est loin du métier que nous faisions il y a 30 ans. On prenait les dépôts et on prêtait à ceux qui le méritaient. Et nous avons une dizaine d'années d'avance sur nos confrères allemands par rapport aux transactions que nous permettons via le net.

| Dominique Stoltz |

Dans les dernières enquêtes de satisfaction, on voit bien que c'est la qualité des opérations qui prime sur l'accès au crédit. Le partenariat s'est développé et a évolué. Un chef d'entreprise aujourd'hui va choisir une banque aussi et surtout parce qu'elle est capable de lui offrir des moyens de paiement et d'accès sécurisés, fiables et ergonomiques.


 www.strasbourg.cci.fr
 
 

Jean-Marie Stackler, responsable des marchés des professionnels/entreprises à la Caisse d'Épargne d'Alsace

La banque en chiffres dans le Bas-Rhin
• Dernier venu sur ce marché avec une activité réelle depuis une dizaine d'années seulement.
• Cœur de cible : l'entreprise familiale
avec un CA de 20 MF
• 800 comptes d'entreprises de 10 salariés
et 5 MF de CA
• Présent auprès de 10 à 12 % de ces entreprises

Thierry Laborde, directeur du groupe des agences BNP Paribas du
Bas-Rhin et président du comité local des banques, une émanation locale de la fédération bancaire française.

La banque en chiffres dans le Bas-Rhin
• 1300 clients entreprises
á Présent auprès de 1/3 entreprises de + 10 salariés et de + 5 MF de CA
• 80 % entreprises de + 500 salariés
et + de 500 MF de CA
• 21 % entreprises de moins de 10 salariés.

Gaëtan Peditto, responsable du marché des entreprises au Crédit Agricole d'Alsace - Vosges

La banque en chiffres dans le Bas-Rhin
• Fusionné depuis le 29 juin dernier avec
la Caisse Régionale des Vosges.
Présent auprès de 25 % entreprises de + 10 salariés
ou de + 10 MF CA

Dominique Stoltz, directeur de l'organisation et des systèmes d'information, chef de projet euro CIC Banque CIAL

La banque en chiffres dans le Bas-Rhin
• Présent auprès de plus de 40 % des entreprises de plus de 10 MF de CA et de + de 10 personnes

José Schmidt conseiller de clientèle commerciale, et responsable euro à la Société Générale

La banque en chiffres dans le Bas-Rhin
• Présent auprès de 40% des PME dans le Bas-Rhin (plus de 10 MF de CA ou qui emploient plus de dix personnes)

Paul Schuck, directeur central de la production et coordinateur euro
à la Banque Populaire

La banque en chiffres dans le Bas-Rhin
• Présent auprès de 70 % entreprises de + 20 MFde CA

Enjeux
• Coût du passage à l'euro pour les banques françaises : 1,8 milliard d'euros

• Dans le Bas-Rhin
Début septembre 2001
448 % des grands comptes sont déjà en euros
420% des petites entreprises et des professionnels ont réalisé la bascule de leurs comptes


     
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