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Passage à l'euro, relation banques/entreprises
et incidence des TIC dans le monde bancaire...
La CCI vous propose de faire le point sur ces thèmes à
quelques semaines de l'euro fiduciaire.
Le niveau d'impréparation demeure
préoccupant
Les entreprises sont-elles vraiment
prêtes au passage à l'euro ? Les sondages nationaux
étaient encore récemment un peu alarmistes. Les pouvoirs
publics se veulent rassurants. Cette forme d'attentisme est- elle
réelle ? Et si elle perdure, quelles en seront les conséquences
sur l'économie et la croissance, au moment de la bascule
en 2002 ?
| José
Schmidt |
Nous
avons tous fait le même constat. Il y a un certain taux d'impréparation
au sein des petites et moyennes entreprises. Elles ont entamé
plusieurs chantiers au sein de leur organisation : les 35 heures
notamment. Celui du passage à l'euro restait pour l'instant
encore à bien des égards un chantier qui leur paraissait
lointain. Nous avons beaucoup de difficultés à les
mobiliser pour des petits-déjeuners, des réunions
d'information. Elles commencent petit à petit à se
réveiller un peu, compte tenu des messages des institutions
et d'autres acteurs. Mais je n'ai pas l'impression qu'elles soient
bien avancées sur le sujet. Les experts-comptables le confirment
et s'inquiètent.
| Dominique Stoltz
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On sent tout de même une accélération très
forte des questions, lors des entretiens avec les entreprises. Leur
préparation est aussi liée à la taille de l'entreprise.
Plus elle a eu des moyens à consacrer à la préparation,
en nommant par exemple un responsable de projet, plus le sujet est
abouti. Si le patron doit être "au four et au moulin",
il fait marcher sa boutique d'abord, et s'occupera de l'euro après.
Il faut reconnaître aussi que les pouvoirs publics ont démarré
un tout petit peu tard leur communication forte. Aujourd'hui, quand
nous organisons des réunions avec les commerçants
des Vitrines de Strasbourg à la Chambre de Commerce, nous
nous rendons compte que certains d'entre eux découvrent presque
ce qu'implique le passage à l'euro : pas du point de vue
bancaire, mais commercial.
L'établissement des prix, l'organisation... Ils n'avaient
pas vraiment senti venir le coup. Notre rôle est de relayer
l'action des pouvoirs publics et des chambres de commerce. Il ne
reste que peu de temps. Certains vont vraiment arriver au tout dernier
moment.
| Paul Schuck
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Beaucoup d'entreprises sont techniquement prêtes, mais psychologiquement
en retard. Leurs infrastructures informatiques, comptables... sont
au point, mais les impacts réels de l'euro, peu de gens s'y
attendent. D'autre part on sent une tendance à vouloir reporter
la date de la bascule le plus loin possible. Nous avons essayé
de pousser les chefs d'entreprise à s'y mettre au début
de l'été. Fin juin, seulement 3 % de nos comptes d'entreprises
avaient basculés à la seule initiative des clients,
la situation s'est nettement améliorée lorsque nous-même
leur avons proposé de basculer.
| Jean-Marie
Stackler |
La
phase transitoire a été trop longue. On parle de l'avènement
de l'euro, depuis le 1er janvier 1999. Il y a eu une forte communication
au départ, puis tout est retombé pendant 18 mois.
À présent, nous avons du mal à re-mobiliser
les dirigeants des petites entreprises. Le problème des 35h
les préoccupe encore beaucoup plus que l'euro. Aujourd'hui,
chez nous seulement 10 % des comptes sont basculés à
l'euro. Les entreprises risquent de se voir imposer les bascules
de leurs comptes, plutôt que de les prévoir. C'est
notre rôle maintenant d'accompagner ces gens-là dans
la communication et dans l'information.
Un coût de 1,8 milliard
d'euros pour les banques
françaises
Ce service est-il payant ?
| Thierry Laborde
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La
bascule des comptes, l'émission des chéquiers en euro,
les paiements
sont des services entièrement gratuits.
Les banques s'y sont engagées. Rappelons que le coût
du passage à l'euro s'élève pour la communauté
bancaire à 1,8 milliard d'euros. Il a été imposé
aux clients mais également aux banques qui sont des entreprises
comme les autres avec un compte d'exploitation.
En dehors de cela, certaines banques proposent aux entreprises et
aux professionnels des services à valeur ajoutée qui
mobilisent des ressources. Si c'est un bon service, il ne peut pas
être gratuit. La première appréciation d'un
client est : service gratuit égal service très léger.
C'est par exemple la mise à disposition d'une documentation.
Au-delà, il s'agit d'un véritable accompagnement.
Quoiqu'il en soit, cette bascule à l'euro fait apparaître
deux facteurs discriminants pour l'entreprise. D'abord, sa taille.
Aujourd'hui toutes les plus grandes sont préparées
à l'euro. Dans le Bas-Rhin, au-delà de 20 millions
de CA, 48 % de nos comptes sont déjà en euro. Pour
ceux-ci la date de bascule prévisionnelle est saisie dans
les systèmes informatiques et planifiée. En revanche
seulement 20 % des petites entreprises et des professionnels ont
fait basculer leur compte. Le deuxième facteur très
discriminant est la nature du poste client. Est-il composé
d'entreprises ou de particuliers ? Si les entreprises travaillent
avec des particuliers, elles ont tendance à attendre l'arrivée
de l'euro fiduciaire des pièces et des billets pour tout
régler. Nous essayons de les amener à régler
d'abord l'euro scriptural, à basculer leurs différentes
fonctions commerciales, informatiques, bancaires etc
, et de
les inciter à partir du 1er décembre à se consacrer
à l'euro fiduciaire. Nous avons le même problème
dans nos banques. Fin septembre toute la problématique de
l'euro scriptural sera réglé, soit par décision
de l'entreprise, soit par voie automatique. Mais il vaudrait mieux
éviter d'attendre cette bascule de masse du 31 décembre
pour pouvoir corriger tous les dysfonctionnements de ceux qui ne
s'y sont pas préparés. Car le 1er janvier 2002, on
ne pourra plus émettre de chèques ni effectuer de
virements, de lettre de change, ou de prélèvements
en francs.
| Paul Schuck
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Pour inciter les gens à payer en euro, on aurait dû
proposer des remises spéciales, mais cela n'était
légalement pas possible à cause du souci initial de
tranparence en euro et devises IN. Le gros tort a été
d'indiquer systématiquement la contre valeur. Par confort,
personne ne s'est encore vraiment habitué aux euros.
| Dominique Stoltz
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Cette
période de transition a des effets presque dévastateurs.
Dans l'ensemble des banques, nous avons presque trop favorisé
la fongibilité, le fait que l'on puisse traiter indifféremment
le franc de l'euro sur un compte en franc ou en euro. Certes, c'est
un avantage. Nos clients peuvent basculer leurs comptes en euro
quand bien même ils continuent à faire leurs paiements
en francs. Mais c'est aussi devenu un frein. La période transitoire
un peu trop longue a endormi nos clients. Près de 90 % des
entreprises ont fait la bascule. Cela dit, la question bancaire
n'est qu'un petit point du passage à l'euro. C'est leur comportement
vis-à-vis de leurs postes fournisseurs, clients, catalogues
qu'il leur faudra traiter.
| Thierry Laborde
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Regardez l'exemple d'EDF. Il est très éloquent. EDF
a fait un test il y a quelques mois pour émettre les factures
en euro. Le taux d'anomalie s'est élevé à 10
%. France Télécom prépare son émission
en euro actuellement et dit qu'au-delà de 3% d'anomalie,
c'est le bazar chez eux.
| José Schmidt |
Beaucoup de très petites entreprises considèrent que
c'est à nous de traiter leur problème euro. Or si
nous devons déployer toute notre énergie pour les
aider et les assister, nous ne sommes pas compétents pour
résoudre leurs problèmes internes.
La difficulté est de ne plus
convertir et d'acquérir de nouvelles références
| Thierry Laborde
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À propos de la période transitoire, en interne, nous
sommes en budget euro depuis le 1er janvier 2000. Or, je n'ai pas
encore dans ma vie quotidienne toutes mes références
en euro, au bout d'un an et demi. Pour acquérir un nouveau
référencement et ne pas vivre en permanence avec un
convertisseur, il faut du temps. Beaucoup de gens pensent, en Alsace
surtout, que nous n'aurons aucun problème. Mais le sujet
ne sera pas de convertir en permanence, il faudra acquérir
de nouveau repères. Pour un chef d'entreprise, avoir toutes
ses références budgétaires en euro prendra
du temps.
Regardons les marchés financiers en euro depuis 1999. La
première année, et encore au début de l'année
2000, nous avons eu une montée en flèche d'erreurs
de bourse de la part de nos commerciaux, parce qu'ils confondaient
en discutant avec le client, le franc et l'euro. C'est maintenant
derrière nous, mais les entreprises vont le connaître
à leur tour dans leur sphère commerciale.
| Gaëtan
Peditto |
Je
constate chez nos clients et à votre écoute que tout
le monde n'est pas encore totalement prêt, mais que beaucoup
de gens ont déjà entamé la démarche.
Leur date de bascule est fixée. Nous avons pris contact depuis
le mois de mars avec l'ensemble de nos clients d'entreprise, sur
la base d'un petit questionnaire à remplir lors d'un entretien
face à face. Nous avons abordé le côté
bancaire du passage à l'euro, mais aussi des aspects plus
éloignés comme les catalogues, les prix
Si certains
points n'ont pas encore été traités, tout est
prévu pour être prêt avant le 31 décembre.
La situation ne me semble pas du tout alarmante. D'une manière
générale, pour la partie de l'euro qui nous concerne
plus spécifiquement, les banques ont fait un assez bon travail,
car elles peuvent traiter toutes les opérations pour leurs
clients en euro comme en franc.
Nous avons évoqué les contraintes
imposées par l'euro aux entreprises et aux particuliers.
L'euro présente aussi des avantages. Quels sont-ils pour
l'économie bas-rhinoise ?
Transparence des prix, stabilité
des taux et ouverture des marchés
| Jean-Marie
Stackler |
Notre région frontalière a la caractéristique
de voir s'échanger d'importants flux liés aux échanges
commerciaux sans pour autant qu'un équilibre se soit installé
sur cet aspect entre nos deux pays. Les petites entreprises françaises
achètent beaucoup plus aux allemands que le contraire. Pour
les installations, ou les créations de filiales, le phénomène
est identique. Quand la monnaie unique sera présente, les
petites entreprises qui n'ont pas encore osé franchir le
Rhin vont pouvoir se comparer à leurs concurrents allemands.
Les référentiels de prix étant identiques,
leur zone de chalandise va peut-être s'étendre. Mais
c'est difficile à mesurer et encore plus à prévoir.
| Thierry Laborde
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L'euro existe depuis trois ans, et nous mesurons déjà
ce qu'il a apporté à l'économie. Il y a d'abord
toutes les avancées macro-
économiques de stabilité des taux. Depuis la mise
en place de l'euro, les dévaluations compétitives
qui ont encore existé en 95-96 avec des taux de 18 - 20 %
sont révolues. Pour les entreprises ouvertes sur d'autres
marchés, ou en concurrence avec des espagnols, des italiens,
ou des portugais, c'est une avancée énorme.
Deuxième avancée depuis le 1er janvier 1999, les commissions
de change. Avant, elles étaient facturées à
l'entreprise. Maintenant c'est fini. Cela a réduit la facture
de l'entreprise quasiment de moitié pour toutes les transactions
transfrontalières, tout en simplifiant la gestion du risque
de change.
Troisième avancée, cette fois d'ordre commercial.
L'euro a permis à toutes les entreprises ouvertes sur des
marchés extérieurs une véritable comparaison
et transparence des prix, d'un pays à l'autre. L'arrivée
de l'euro fiduciaire va encore renforcer cette tendance, puisque
tous les prix seront affichés en euro. Les prix vont se lisser
progressivement.
| Dominique Stoltz
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Reste l'Europe des échanges. Aujourd'hui, les commissions
de transfert demeurent. Les systèmes d'échanges internationaux
au niveau de l'Europe échangent tous en euro, mais ne sont
toujours pas homogènes. Ils ne sont pas reliés entre
eux de façon électronique, sauf pour des grands montants.
Il y a là encore, beaucoup de progrès à faire.
De nombreux clients entreprises attendent avec impatience le jour
où nous pourrons faire un virement à Kehl, aussi simplement
que vers Marseille. Ce jour-là, l'Europe de l'euro sera réalisée.
Quant au comparatif de prix, la plupart des entreprises l'ont réalisé
depuis longtemps. Ce sera surtout une avancée pour les particuliers.
| Thierry Laborde
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Il reste des milliers de choses à faire. La monnaie commune
permet d'avancer sur de nombreux sujets. La fiscalité, les
aspects sociaux, certaines législations
restent à
traiter. Mais l'euro est un facteur stabilisateur qui a déjà
apporté beaucoup de stabilité dans l'économie
des entreprises françaises et bas-rhinoises. Et elles le
reconnaissent.
| José
Schmidt |
Il y a dix ans, au sein même de certains pays européens,
je pense notamment à l'Allemagne des années 90, les
systèmes d'échanges étaient différents.
Donc il a fallu tout d'abord, mettre de l'ordre au sein des organisations,
de chacun des pays d'Europe. Nous étions en avance en France
de ce point de vue là, mais on ne pouvait pas demander à
tous les pays qui nous accompagnaient dans la démarche euro
d'arriver au même stade d'équipement que nous. Ils
devaient homogénéiser leur propre système avant
de passer à celui du marché européen.
L'euro va renforcer la compétitivité des entreprises
qui le sont déjà
| Thierry Laborde
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Il ne faut pas oublier que le consommateur de banque français
est sans doute un des plus gâté en Europe. La France
est le premier pays qui a inventé l'interbancarité.
Aller retirer 200 F avec sa carte, dans n'importe quelle banque,
est possible dans peu de pays au monde et il ne vous en coûte
rien. En Allemagne, en Angleterre, aux USA ce service peut être
payant et nécessite souvent de posséder plusieurs
cartes. L'euro pousse les uns et les autres à s'aligner sur
ceux qui sont le plus en avance, même si cela peut prendre
du temps.
| Dominique Stoltz |
Cela va renforcer la compétitivité des entreprises
qui le sont déjà. Une entreprise performante, déjà
ouverte, qui a des idées, sera encore plus compétitive
avec l'euro. Car une barrière s'écroule et un certain
nombre d'éléments vont être plus facilement
lisibles par les clients potentiels en Allemagne, en Italie et même
ailleurs.
| Thierry Laborde
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Le quatrième facteur discriminant : c'est la santé
de l'entreprise. Celles qui sont les plus prêtes aujourd'hui,
sont celles qui se portent le mieux. Celles qui sont le plus en
retard sont celles qui vont le plus mal. Donc il y a un risque que
l'arrivée de l'euro accélère la mort de certaines
entreprises.
Les entreprises satisfaites à 87 % de leurs banques
Aujourd'hui quel est l'état de vos relations avec les entreprises
?
| Thierry Laborde
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Selon un sondage réalisé par la Fédération
bancaire française, 87 % des entreprises sont contentes de
leurs banques. Il faut dire que la conjoncture économique
en est aussi responsable. Par contre, un point reste endémique
en France, c'est le rapport au crédit. Or, les banques perdent
de l'argent sur le crédit aux entreprises. En l'accordant,
nous devrions rémunérer les frais généraux
de distribution, l'immobilisation des capitaux, et le coût
du risque. Aujourd'hui, les marges faites par toutes les banques
en France ne rémunèrent même pas le coût
du risque. Cela veut dire qu'il y a une mutualisation du risque.
Les meilleurs payent pour les moins bons. Pour financer le risque
de création aujourd'hui - alors qu'on enregistre 50 % de
dépôt de bilan dans les trois premières années
- il faudrait prêter avec 6 % de marge, c'est-à-dire
à 11 % de taux. Quel créateur accepterait aujourd'hui
d'emprunter à ce taux ? Aux USA, l'État, donc la communauté
des contribuables, prend en charge non pas le fait de prêter
de l'argent à l'entreprise mais le fait de contre garantir
le risque. En France ce système pourrait être plus
développé. C'est une demande très claire des
banques.
| Jean-Marie
Stackler |
Le passage à l'euro est un moment un peu historique pour
nous dans la mesure où nous allons tous vers nos clients
pour leur en parler et les accompagner. Cette démarche gratuite
ne peut qu'être appréciée de la clientèle
et elle s'inscrit dans le cadre d'un véritable partenariat
entre la banque et l'entreprise. Dans cet accompagnement, il y a
deux aspects : le premier de communication et d'information. Nous
sortons là un peu de nos compétences strictement bancaires.
Le deuxième aspect concerne la préparation aux relations
financières : la bascule des comptes, la conversion des moyens
de paiement en euro, la préparation de la bascule. Tout cela
coûte beaucoup d'argent aux banquiers, parce qu'habituellement
nos conseillers ont pour mission de vendre. Bien entendu ils profitent
de cet instant pour vendre autre chose, mais dans cette démarche
euro, il s'agit avant tout du conseil.
Incontestablement, il rapproche les chefs d'entreprise de leur banque.
Un rôle de conseil
et d'accompagnement
| Dominique Stoltz
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Ces dernières années, les relations de l'entreprise
avec le banquier se sont améliorées. Les banques ont
fait un très gros effort pour mettre en face des entreprises
des interlocuteurs clairement identifiés, bien formés,
des spécialistes dédiés au monde de l'entreprise.
Certains en viennent d'ailleurs. Ils peuvent aller visiter l'entreprise
en connaissance de cause, se rendre compte des efforts du chef d'entreprise
pour améliorer sa productivité et peuvent du même
coup mieux participer à l'accompagnement de son développement.
| Thierry Laborde |
Maintenant la banque, c'est aussi de la distribution. Le seul lien
de friction qui demeure entre l'entreprise et sa banque, c'est le
crédit. Mais la banque a le droit de refuser un crédit,
à condition de motiver sa décision. Dans ce domaine
là, la loi bancaire protège très largement
les entreprises. Il y a peu de pays en Europe où la loi protège
autant les entreprises. Entre le soutien abusif et la rupture abusive
de crédit, la loi nous laisse une possibilité d'action
très étroite. Dès qu'il y a un dépassement
d'autorisation, légitimement on doit notifier par lettre
recommandée au client dans le cadre du délai bancaire,
une rupture à 60 jours. Quand on rompt des relations avec
un client on lui laisse le temps de se retourner ! D'autre part
l'offre des banques aux clients s'est beaucoup élargie. Avant
la banque c'était : "je prends tes dépôts
et je te fais crédit." Aujourd'hui, cela représente
une toute petite partie de notre activité, même si
elle est essentielle. Le crédit nous amène de nouveaux
clients. C'est davantage un moyen qu'une fin. Aujourd'hui, les banques
offrent des services à valeur ajoutée dans de nombreux
domaines, en particulier ceux liés à notre métier
de gestionnaire des risques. Tous les nouveaux services, y compris
dans les NTIC, s'inscrivent autour de notre rôle de tiers
de confiance. Car lorsque l'on possède une marque (toutes
les marques développent leur notoriété) et
qu'on sait gérer les risques, on devient un tiers de confiance
incontournable.
Abordons pour terminer les NTIC. Dans le
monde de l'entreprise, c'est une révolution commerciale,
même si peu d'entre-elles vendent sur internet. Pour l'instant
elles utilisent le net pour se présenter. C'est une révolution
en terme de circulation et de transparence d'informations. Qu'est-ce
que vous proposez par le biais de ce nouveau média ? En quoi
vos relations avec les entreprises sont-elles bouleversées
?
| José
Schmidt |
Pour reparler du tiers confiance, les partenariats entre les banques
et leurs clients se développent de plus en plus. Cela nous
permet d'accroître leur influence, d'offrir de nouveaux services
notamment en ce qui concerne les nouvelles technologies et, la confiance
aidant, de mieux nous installer dans notre rôle de conseil.
| Paul Schuck
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Les messageries ont accentué les relations des banques avec
les entreprises. Elles sont plus fréquentes, notre temps
de réaction est plus rapide. Mon seul regret est de voir
moins les clients. Je reçois aussi via le net beaucoup de
questions de la part de mes collègues suite à des
questions pointues posées par les clients. L'écriture
exige beaucoup plus de rigueur dans la question et dans la réponse
que l'oralité, mais on gagne en efficacité.
| Dominique Stoltz
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Le faible développement du commerce sur Internet n'est pas
tant dû à la réticence des entreprises qu'à
la prudence des particuliers. Au début il y a eu beaucoup
de déboires. On n'était pas sûr de recevoir
ce qu'on avait commandé. Ensuite c'était un problème
de sécurité. Le seul mode de paiement était
de taper le numéro de sa carte. Beaucoup de particuliers
ont mesuré le risque qu'ils encouraient.
Aujourd'hui, le partenariat qui se développe entre les banques
et les entreprises va viser à sécuriser cet aspect
du paiement.
C'est un média de plus pour nous. Nous assurions l'encaissement
des chèques, le développement de la monétique
auprès des commerçants. Aujourd'hui auprès
des entreprises qui vendent sur Internet nous devons sécuriser
les modes de paiement, pour donner confiance à l'acheteur.
| Gaëtan Peditto |
Les nouvelles technologies, rappelons que ce n'est pas forcément
nouveau et que ce n'est pas seulement internet. À partir
de février l'an prochain, tous les chèques en euro
seront par exemple échangés de manière dématérialisée
via un système informatique interbancaire. Par contre, il
faut relever qu'une nouvelle technologie, le porte monnaie électronique,
qui aurait été bien utile pour aider au passage à
l'euro fiduciaire en début d'année prochaine, sera
quasiment absente.
| Thierry Laborde
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Les nouvelles technologies sont arrivées sur un terrain fertile.
Depuis des années existe en France le minitel, le premier
moyen de se connecter à distance avec de l'interactivité.
Internet permet l'échange de fichiers entre la banque et
l'entreprise et la communication qu'offrait le minitel. Avant, il
y avait deux canaux distincts qui ne permettaient pas de faire ces
deux choses. Voilà ce qu'apportent les NTIC. Sans parler
de l'ergonomie, la sécurité avec demain la signature
électronique et tout ce que peut apporter un tiers de confiance,
la possibilité de payer la TVA via Internet, et tous les
services liés à l'externalisation. Une entreprise
qui veut se développer doit se concentrer sur ses clients.
Elle doit externaliser tout ce qui l'éloigne de son métier.
Les banques ont là, un rôle majeur à jouer.
Je pense à l'externalisation des gestions de flotte automobile,
de parcs de véhicules industriels, de frais de déplacement
Dans ces domaines les banques peuvent apporter du service et les
NTIC trouvent là toute leur place.
| Jean-Marie
Stackler |
La banque a changé de métier au fil du temps, de prêteur
elle est devenue prestataire de services. En aidant un client à
vendre ses produits au grand public en sécurisant ses transactions
sur Internet, on est loin du métier que nous faisions il
y a 30 ans. On prenait les dépôts et on prêtait
à ceux qui le méritaient. Et nous avons une dizaine
d'années d'avance sur nos confrères allemands par
rapport aux transactions que nous permettons via le net.
| Dominique Stoltz |
Dans les dernières enquêtes de satisfaction, on voit
bien que c'est la qualité des opérations qui prime
sur l'accès au crédit. Le partenariat s'est développé
et a évolué. Un chef d'entreprise aujourd'hui va choisir
une banque aussi et surtout parce qu'elle est capable de lui offrir
des moyens de paiement et d'accès sécurisés,
fiables et ergonomiques.
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