Les archives du Point Eco de la CCI
n°208
Octobre 2001

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INDUSTRIE
  Quel est le point commun entre l'incinérateur d'ordures et la fabrication de l'euro ?
 

L'histoire remonte à l'année 1936, avec le lancement d'un produit nouveau, le carbure
de silicium. Réfractaire haut de gamme en constante évolution, il sera utilisé par les établissements Haasser (Soufflenheim) pour la
fabrication des briques. Appelées HCS 90, elles possèdent des caractéristiques de haute résistance à l'abrasion, une bonne réfractarité pour tenir aux hautes températures et une forte résistance à la corrosion. Hissé au premier rang des fournisseurs de carbure de silicium pour incinérateurs d'ordures ménagères en France, Haasser destine également le produit à un usage tout particulier :
la fabrication des pièces de monnaie Euro. L'entreprise est
en effet le fournisseur de réfractaires servant à la fabrication d'une commande de 7 milliards de pièces confiée à l'une
des plus grandes fonderies d'alliages, KME à Osnabrück. Contribuer à la grande aventure de l'euro est une autre source de satisfaction pour André Haasser, PDG de l'entreprise
alsacienne et ancien Président de la CCI.

Homag s'installe à Schiltigheim

Spécialiste des équipements pour le travail du bois et des panneaux, Homag France (Lingolsheim) déménage pour prendre une nouvelle
dimension. Situés sur l'Espace Européen de l'Entreprise (Schiltigheim), 2 400 m2 d'équipements modernes et fonctionnels sont destinés à apporter le meilleur service à ses clients. Homag (300 collaborateurs, plus de 20 000 sites) est présent dans le monde entier, avec des créneaux très pointus : scies à panneaux, plaqueuses de chants, postformeuses, perçeuses, défonçeuses, centres d'usinages, presses...

Deltagen choisit Illkirch
Cette société de biotechnologie américaine a décidé d'implanter un important centre de recherche à Illkirch. Créée en 1997 en Californie, Deltagen compte aujourd'hui 300 salariés et s'est imposée comme l'un des principaux spécialistes dans la détermination de la fonction des gènes humains. Elle a choisi le Parc d'Innovation d'Illkirch pour créer un centre de recherche-développement européen qui s'établira sur 6 000 m2 dans une première phase, et
emploiera une centaine de personnes d'ici 2003. Démarrage des travaux : 2002. Le projet a été soutenu par l'ADIRA.

Chimistra devient Collano
Spécialiste des colles industrielles, Chimistra (Marlenheim), filiale depuis 1999 du groupe international Collano (Suisse), a décidé de regrouper toutes ses activités sous une identité commune : Collano SA. Une image symbolisée par des couleurs bleue et verte et la mention "innovation in adhesives". Les colles Collano sont présentes dans les marchés européens de l'étiquetage des rubans adhésifs, de l'hygiène, des articles médicaux et de l'automobile ainsi que dans l'industrie de la construction bois et les revêtements sols et murs. Collano emploie 240 collaborateurs dans le monde et a réalisé un CA 2000 de 61 millions d'euros.

[ Site ]
www.collano.com


Nouveau

France Télexport Alsace
Vitrine des entreprises françaises présentes à l'international
Seul répertoire officiel des importateurs et exportateurs alsaciens, France Télexport Alsace regroupe, pour son édition 2001, plus de 1700 entreprises classées par code APE. Pour chacune d'elles, des informations détaillées : raison sociale, adresse, coordonnées fax
et téléphone, e-mail et site Internet, noms des dirigeants, effectifs, zones d'importation et d'exportation, existence de filiales à l'étranger.
Son prix : 170 FRF (25,92 e).
France Télexport est également accessible sur un site Internet : www.telexport.fr. Si vous souhaitez y figurer, complétez votre dossier (à télécharger sur le site www.telexport.tm.fr)

[ Contacts CCI ]
Geneviève Siat-Ganière,
03 88 76 42 20
g.ganiere@strasbourg.cci.fr

  La prévention des risques industriels
 

De manière de plus en plus pressante, les industries sont appelées à relever le défi de la sécurité pour l'homme et son environnement. Maîtriser les risques afin de limiter les conséquences d'un accident éventuel est une priorité aux yeux des États européens. La directive Seveso en fait la preuve depuis vingt ans.
La catastrophe de Toulouse rappelle malheureusement les nécessaires mesures de prévention.


Ils intègrent la prévention dans le choix des technologies et l'organisation des installations de leurs entreprises. Pour nous, ils témoignent.


Aloyse Werlé
"La sécurité passe avant tout par l'information"
Aloyse Werlé, membre associé de la CCI, est président du Complexe Pétrolier de Strasbourg, une association qui met en commun des moyens de lutte contre les risques technologiques : principalement les incendies, les explosions et les nuages toxiques.
"Cette association existe depuis une trentaine d'années et réunit dix industries du Port-aux-Pétroles. La vocation de ces établissements est multiple, allant de la distribution de produits pétroliers, au stockage des produits finis en passant par la destruction de déchets industriels. Tous sont soumis aux dispositions réglementaires et administratives de la directive Seveso II. Mais celles-ci n'ont fait que compléter des mesures que le Complexe Pétrolier de Strasbourg avait déjà prises. En cas d'accident, nous mettons en commun tous nos moyens d'action : le matériel et le personnel. Si déjà nous sommes si proches les uns des autres, utilisons cette proximité pour augmenter notre efficacité en cas d'incident.

Dix exercices par an
Notre action a beaucoup évolué en trente ans. Avant, nous ne communiquions pas.
Aujourd'hui, nous diffusons des bulletins d'information rappelant à chacun les comportements à adopter en cas de problèmes. Nous organisons des réunions publiques. Nous avons aussi mis en place une centrale d'appel automatique qui gère la crise si elle a lieu. Et surtout, nous avons dix exercices par an, chaque fois sur un site différent où nous testons en temps réel tous nos moyens. Un thème est alors défini : par exemple l'incendie d'un bateau à quai, l'explosion d'un lieu de stockage… Tout se déroule comme en réel. On prend en compte l'ensemble de l'environnement. L' exercice a lieu en collaboration avec toutes les administrations et les personnes concernées, y compris le Préfet. Nous invitons même les associations de quartiers. Notre démarche est volontariste. Nous allons beaucoup plus loin que ce que les textes imposent. Nous estimons que le Port-aux-Pétroles est un endroit très sensible, proche du quartier de la Robertsau et des institutions européennes."


Didier Marchal

"Appliquer les normes ne suffit pas"
Didier Marchal est coordinateur prévention et sécurité des usines françaises du groupe Johnson Controls Roth.
"Je travaille dans le métier de la sécurité et de l'environnement depuis vingt ans, un domaine très large qui va de la physique à la chimie, en passant par le bâtiment. Notre activité d'équipementier automobile est classée Seveso car nous manipulons des produits à hauts risques toxiques pour le personnel et le voisinage. Les toutes premières listes de produits et d'activités à risques datent de l'époque napoléonienne. Elles peuvent simplement concerner le stockage d'une grande quantité de bois car celui-ci représente un danger potentiel d'incendie qui peut avoir de graves conséquences pour le voisinage.
De plus en plus d'usines ont désormais une démarche pro-active, et n'attendent pas le texte pour se mettre en conformité. Nous avons été la première usine française à déposer en mai 2000, le dossier Seveso II. Nous avons évalué les risques et détaillé précisément nos mesures de prévention.

Informer et former
En tout premier lieu, nous communiquons. Depuis 1998, nous informons et nous formons notre personnel et les populations qui vivent à proximité de l'usine. Nous donnons des consignes de sécurité afin que tout le monde acquiert les bons réflexes. Nous mettons ensuite en place des moyens techniques. Nous modifions les installations qui présentent des dangers. L'évolution des mesures prises est spectaculaire. Dans les années 50, personne n'évaluait les risques technologiques de certaines molécules. On manipulait sans précaution. Aujourd'hui, on ne se cale plus sur la réglementation car elle ne couvre pas tous les risques. On dépasse la règle pour éviter le danger. On imagine les conséquences d'un tremblement de terre, d'une inondation, de la chute d'un avion sur le site industriel… D'ailleurs les textes vont dans ce sens. Il y a quelques années est apparue la norme qualité, puis est arrivée la norme environnement ISO 14001. Maintenant nous parlons de OSHAS 18001 ou de BSI 8800, des normes américaines et anglaises qui ne sont pas encore imposées par les pays européens, mais sur lesquelles notre groupe souhaite s'aligner."

Jean-Pierre Heitz
"Nos règles tendent à prévenir les accidents même mineurs"
Jean-Pierre Heitz est chef de la sécurité et de l'environnement chez Rohm and Haas à Lauterbourg. "Nous sommes classés Seveso II car nous manipulons des substances inflammables. Cette réglementation est bien en deçà des standards auxquels nous soumet notre groupe. Sa mise en place a été lourde d'un point de vue administratif, mais pas d'un point de vue technique, car depuis dix ans, nous améliorons progressivement la sécurité du site.

Prévenir toutes les situations à risques
Seveso II est dédié à la prévention des accidents majeurs, alors que nos règles tendent à prévenir les accidents même mineurs, telle qu'une foulure de cheville. Le champ d'application de nos normes est bien plus large que celui de Seveso II. Pour ce faire, toutes les situations à risques sont analysées puis converties en plan d'action, de façon à neutraliser le danger. À tous les niveaux de l'entreprise, l'information en matière de sécurité remonte. Cela nous permet de remédier à la plupart des risques.
Nous communiquons également beaucoup à l'extérieur du site industriel, par le biais d'un comité consultatif, composé des représentants du voisinage, des entreprises voisines et des communes frontalières. Nous nous réunissons une fois par trimestre. Nous organisons aussi un exercice de sécurité annuel avec, une fois tous les deux ans, la mise en place d'un Plan Particulier d'Intervention, c'est-à-dire simulation d'un événement dont l'impact a des conséquences hors du site industriel. Fort heureusement, ce plan n'a jamais été mis en œuvre dans la réalité. Nous avons été menacés en 1999 par les crues du Rhin. L'inondation s'est arrêtée au pied de l'usine."


Seveso II : prévention renforcée
On compte aujourd'hui en Alsace 44 établissements dits Seveso II. Ces sites industriels font l'objet de dispositions particulières en matière de prévention des accidents technologiques majeurs.
Il s'agit d'accidents qui peuvent se produire sur un site industriel et dont les conséquences pourraient être graves pour le personnel, la santé des populations voisines ou l'environnement.
C'est l'émotion suscitée par le rejet accidentel de dioxine en 1976 sur la commune de Seveso en Italie, qui a incité les États européens à se doter d'une politique commune dans ce domaine. Plusieurs directives se sont déjà succédées. Depuis le 3 mai 1999, cette action entre dans la réglementation européenne dite Seveso II et son application en droit français s'effectue au travers des dispositions de l'arrêté ministériel du 10 mai 2000.
La Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et
de l'Environnement d'Alsace (DRIRE) se charge de faire appliquer cette réglementation par la prescription de mesures de prévention strictes et le contrôle des installations. Dans son dernier bilan publié en juin 2001, on peut s'étonner de l'augmentation du nombre d'établissements classés Seveso en Alsace : de 24 en 1999, la DRIRE en recensait 44 fin avril 2001. Mais ne nous y trompons pas. Il n'y a pas eu en deux ans inflation des risques technologiques dans notre région. La nouvelle directive renforce seulement la prévention des accidents majeurs en s'adressant à un plus grand nombre d'entreprises. Sont désormais soumis à ce texte les établissements possédant une ou des substances dangereuses (ammoniac, chlore, hydrocarbures, gaz inflammable…) dans des quantités supérieures ou égales aux seuils fixés par la directive, mais aussi ceux qui en possèdent dans des quantités certes inférieures, mais dont l'accumulation vérifie la règle édictée par la directive.
Cela étant, le classement Seveso n'élimine pas les risques présentés par d'autres industries. L'accident du silo de céréales de Blaye en Gironde le 20 août 1997 en est un triste exemple. Plus grave
encore, la catastrophe survenue récemment sur le site de l'usine AZF de Toulouse.
Aussi, la tendance va de plus en plus à inciter toutes les entreprises à analyser les risques qu'elles présentent et faire en sorte qu'elles ne se contentent pas d'être conformes aux réglementations en vigueur.

Formation CCI
Responsable environnement, une véritable spécialité
Chef d'entreprise, ingénieur ou technicien, vous êtes en charge de l'environnement ou allez l'être. La CCI, en partenariat avec Alsace Ecologie, organise une formation pour vous sensibiliser à tous les aspects de l'environnement : l'eau, l'air, le sol, l'impact des activités humaines, la gestion des déchets, les risques industriels, les réglementations, le financement et le management environnemental. Ces sujets sont abordés successivement au cours de 126 heures de cours(1) mais aussi lors de visites d'entreprises. Les intervenants, tous des professionnels des métiers de l'environnement, vous feront partager leurs expériences et leurs compétences. Cette formation continue se solde par la remise d'une attestation et d'un certificat.

(1) 18 journées décomposées en 9 modules de 2 jours successifs


[ Contact CCI ]
Cathy Schack
03 88 75 24 70
c.schalck@strasbourg.cci.fr

   
 www.strasbourg.cci.fr
 www.collano.com
 
 

Enjeux
Bilan des accidents en Alsace en 2000
19 dans le Bas-Rhin et 26 dans le Haut-Rhin
- Incendies, explosions : 22
- Rejets liquides : 9 dont 4 en rivière
- Rejets atmosphériques :
12 dont 10 rejets toxiques
- Divers : 2

Relations École-Entreprise
Le partenariat Sollac- Lorraine et Ensais
Signée par Marie-Christine Creton, directrice de l'Ensais (École Nationale Supérieure des Arts et Industries de Strasbourg) et Alain Bouchard, PDG de Sollac-Lorraine, une convention de partenariat scelle des ambitions communes : intensifier leurs relations au profit d'une adaptation du profil des diplômés aux attentes du marché,
valoriser et développer les actions de recherche-développement et de transfert de technologie, accroître leur ouverture à l'international et développer un partenariat soutenu avec le département d'architecture de l'Ensais (futurs professionnels prescripteurs du matériau acier). Ce partenariat est une continuité de la collaboration initiée en 1991, qui avait abouti notamment à la création d'une option spécifique d'ingénieurs mécaniciens orientée matériaux et procédés. Sollac-Lorraine, unité opérationnelle du groupe Usinor, qui regroupe l'ensemble des activités aciers plats au carbone de l'Est de la France, a produit plus de 3 millions de tonnes en 2000. L'Ensais forme 280 ingénieurs et architectes par an.




     
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