Les archives du Point Eco de la CCI
n°206
Juin 2001

DossierTable RondeCommerceInternationalFormationAeroportMétiers


  NOUVELLES
   Industrie
   Commerce
   Services
   Dirigeants

 RENDEZ-VOUS

   Salons / expos
   Formation
   Loisirs
 PRATIQUE
   Ouvrages
 JURIDIQUE
   Indices
   Mesures
METIERS
  Tourisme fluvial
  Une évasion tranquille
 

Que ce soit sur un bateau de plaisance sur lequel vous naviguez
sans permis ou sur un bateau de croisière, l'Alsace vous offre détente et évasion au rythme des canaux. Au choix, des étapes séduisantes : musées, châteaux, brasseries, restaurants, cristalleries... Quelques aspects du métier et une invitation à la découverte du tourisme fluvial.

   

  Nicols
  Larguer les amarres sans permis et en toute liberté
  Alexandre Knab est responsable de la base nautique Nicols à Saverne : 30 bateaux, pour 2 à 12 personnes, équipés de cuisine-séjour, chambres, salle d'eau, à piloter sans permis. 600 locations en 2000, un résultat en hausse de 10 % par rapport à 1999.
Chez Nicols, les équipages sont initiés à la conduite en moins d'une heure. Les règles à suivre sont celles de la route, il faut simplement faire attention en passant les écluses -d'ailleurs, le client est accompagné pour le passage de la première. Nicols, qui est également constructeur de bateaux, a son siège à Cholet (49). L'entreprise comprend 28 bases, situées sur l'ensemble du territoire français, une seule base est en Allemagne, près de Hambourg. Toutes proposent les mêmes prestations. À Saverne, la base est née en 1992. Alexandre Knab y a fait ses armes en tant que mécanicien, prenant ensuite la responsabilité de l'agence. Une petite équipe l'entoure : assistante, mécaniciens et personnel saisonnier pour le nettoyage des bateaux. Située en région frontalière, la base de Saverne a une clientèle constituée à 80 % d'Allemands, 5 % de Français, les 15 % restants sont répartis entre Suisses, Autrichiens, Hollandais, voire Américains et Israéliens. La plupart d'entre-eux ont établi leur circuit : ils visitent Paris ou le sud de la France, puis se réservent une semaine de navigation. Les clients alsaciens quant à eux sont peu nombreux, et c'est, selon Alexandre Knab, "par manque d'information sur cette forme de tourisme. Ceux qui s'y intéressent ont envie de découvrir des régions plus ensoleillées et s'orientent plutôt vers le canal du Midi." En mai, juin et septembre, les week-ends sont très prisés, ce sont des groupes d'amis - les Allemands partent souvent entre hommes -, des couples. Les familles réservent plutôt en juillet-août où la location se fait uniquement à la semaine. Plus rares sont les voyages organisés par des sociétés, dont les réservations transitent par Cholet. Dans ce cas l'organisation du parcours comprend un programme culturel et gastronomique. Pour majorité, les clients sont très bien organisés, et les habitués ont leur propre carte fluviale. Depuis Saverne, deux possibilités : longer le canal de la Marne au Rhin jusqu'à Nancy, ou, et ce sera une escapade un peu moins longue, remonter le canal des Houillères jusqu'à Sarreguemines. À titre indicatif, il faut compter une semaine pour faire un aller-retour Saverne-Nancy. En week-end ou à la semaine, si le cœur vous en dit, larguez les amarres et découvrez au rythme des rivières les jolis coins de France. Vous vous demandez ce que font les employés de Nicols à la fin de la saison, en octobre ? Ils retapent les bateaux : coques, menuiserie, plomberie... "Il y a de quoi s'occuper", confirme Alexandre Knab.
  
  "Chemins nautiques d'Alsace"
  Une découverte "tout en douceur" et sans permis
  Sur ce même créneau de la location sans permis, mais plus proche de Strasbourg, les "Chemins nautiques d'Alsace", entreprise familiale installée sur le port fluvial de Schiltigheim depuis 1985. Gérée par Marie-Madeleine et Jacques Arbogast et leurs deux enfants, l'affaire tourne aujourd'hui avec 12 bateaux.
"Nous en avions 16 au début, mais la conjoncture nous a obligés à diminuer notre flotte". Et de déplorer les mauvais résultats du début de saison, imputables au mauvais temps. "Le prix d'achat d'un petit bateau est d'environ 450 000 F, indique Marie-Madeleine Arbogast, cela représente un investissement important, auquel s'ajoutent les frais d'entretien. 90 % de nos clients font très attention, mais nous subissons tout de même des dégradations régulières, surtout au niveau de l'équipement intérieur. Il n'y a jamais de gros dégâts extérieurs : le pilotage d'un bateau est facile, et nous prenons notre temps pour initier nos clients, avec lesquels nous descendons et remontons l'écluse. Nous leur donnons des conseils et nous les laissons partir lorsqu'ils ont le bateau bien en main". Les bateaux loués par les "Chemins nautiques d'Alsace" sont de différents gabarits, pouvant accueillir de 2 à 12 personnes. La location se fait à la journée, au week-end, à la mini-semaine ou à la semaine. Pas de souci de carburant : les bateaux disposent d'une autonomie de navigation de 12 à 15 jours. À l'intérieur du bateau, tout le confort et l'équipement de couchage, cuisine et toilette. Certains sont équipés de solariums qui permettent de mieux profiter du soleil et des paysages. Ce que recherchent les clients : l'évasion, la détente, la découverte de la région "tout en douceur". Pas de stress : la vitesse de croisière est de 8 km/h et on s'arrête où l'on a envie. Au cas où l'envie de cuisiner fait défaut, de très bons restaurants se situent sur le parcours. "Nos clients, surtout fidélisés par le bouche à oreille, sont pour la plupart des gens enthousiastes, qui recherchent un peu l'aventure. Ni séjours encadrés ni vacances sportives". Marie-Madeleine Arbogast relève la prédominance d'une clientèle étrangère, surtout allemande. Les Français sont moins nombreux, peut-être par méconnaissance du produit, dit-elle. Souvent on s'imagine, à tort, qu'il faut avoir un permis-bateau et que cela coûte très cher. Le prix de location avoisine les 2000 F pour 2 jours pour un 2+2 personnes. Un guide touristique est fourni à ceux qui le souhaitent. Depuis Schiltigheim, les plaisanciers peuvent rejoindre le canal du Rhône au Rhin jusqu'à Rhinau, remonter le canal de la Marne au Rhin, où l'attraction majeure est le plan incliné d'Arzwiller. Ouvrage unique en Europe, l'ascenseur à bateaux a été conçu pour remplacer une chaîne de 17 écluses et permet de franchir en 20 mn les 44,5 m de dénivellation qui séparent la partie aval de la partie amont du canal en toute sécurité.
   
  CroisiEurope
  Romantisme, gastronomie, culture, séminaires...
Tout se révèle au fil de l'eau
 

Née sous le nom d'Alsace Croisières en 1981, la société créée par Gérard Schmitter est restée une entreprise familiale, dirigée depuis trois ans par ses trois enfants. Devenu le numéro un en Europe, le propriétaire-exploitant maîtrise l'ensemble de l'outil jusqu'à sa commercialisation.
CroisiEurope, c'est 18 bateaux, 510 employés, dont 420 sur les bateaux. Le personnel est employé en CDI, avec une annualisation du temps de travail. "Nous sommes parmi les premiers à avoir opté pour les 35 heures. Cela nous permet de mieux gérer les périodes hautes et basses. Notre personnel a des périodes de récupération pouvant aller jusqu'à trois mois. Ce n'est pas pour autant qu'il ne se passe rien en hiver", observe Christian Schmitter, l'un des dirigeants, membre associé de la CCI, récemment nommé vice-président de la commission du tourisme. Permettant la découverte du bateau à une clientèle nouvelle, CroisiEurope a initié des formules week-ends thématiques et festifs : œnologie, gastronomie, soirées années tubes, fête des mamies, etc... dont les prix attractifs ont séduit près de 10 000 passagers en 2000. "En décembre, nous avons une activité d'hôtellerie pure, pour augmenter la capacité d'accueil de Strasbourg capitale de Noël", ajoute Christian Schmitter.
Notre clientèle est à 70 % française, dont beaucoup de strasbourgeois, clients fidèles, les autres sont d'origine parisienne ou du sud de la France. Parmi les étrangers, les Allemands sont en pôle position, avec 20 % environ, suivis des Suisses, Belges, Italiens et Espagnols. "Nous avons aussi une clientèle de société, ce sont les comités d'entreprise, ou les dirigeants qui organisent des congrès et séminaires à la carte pour leur personnel ou leurs clients." La typologie de la clientèle varie selon la saison. CroisiEurope a réalisé un CA 2000 de 308 MF, avec 103 000 passagers. La durée moyenne des croisières est de 5 à 7 jours. Destination-phare : le Rhin Romantique, puis les croisières sur le Danube et le Rhône. Sur l'ensemble des destinations figurant au catalogue de CroisiEurope (disponible dans toutes les agences de voyages), il est possible d'associer le tourisme gastronomique et culturel. "Les sites traversés sont magnifiques, et tous à proximité de grandes villes", observe Christian Schmitter, qui envisage déjà de nouvelles croisières... au Portugal.

 www.strasbourg.cci.fr
 www.onisep.fr
 www.travail.gouv.fr
 www.tourisme.gouv.fr
 Contact CCI
 m.siffert@strasbourg.cci.fr
 
 

Analyse
Nombreux et variés, les marchés du tourisme sont divisés en plusieurs segments, privilégiant le repos, le tourisme culturel, les sports de détente, le tourisme d'affaires. Touchant à la fois
la détente et le culturel, le tourisme fluvial, moins répandu, nécessite de la part des opérateurs des aptitudes identiques à celles de leurs confrères spécialisés dans le voyage. C'est la facilité d'adaptation à une clientèle toujours plus exigeante, dont il faut anticiper les besoins, c'est aussi le sens de l'accueil et de la communication. Autres qualités à avoir si l'on veut réussir : être dynamique et disponible, l'activité étant principalement saisonnière. Le tourisme fluvial est fortement dépendant des conditions météorologiques. Depuis quelques années, les comportements touristiques ont évolué : la consommation touristique progresse, avec des séjours de plus en plus fragmentés et décidés à la dernière minute. A fortiori, les partants dépensent moins. La France, premier réseau de voies navigables de toute l'Europe ( 8 500 km), attire en grande majorité les étrangers. Image onéreuse ou méconnaissance totale de ce type de tourisme ? Les avis divergent selon les opérateurs. Si le tourisme fluvial a vu son chiffre d'affaires progresser jusqu'en 1992, il s'est ensuite stabilisé. L'engagement des collectivités et des régions devrait permettre de redresser la barre. D'ailleurs, leur appui semble être attendu par les petits exploitants de sociétés de location de bateaux de plaisance, qui se montrent préoccupés de la conjoncture. Les croisiéristes, quant à eux, se sont ouverts au monde des entreprises et accueillent sur leurs bateaux séminaires et évènements, pariant sur les croisières à thème, culturelles, gastronomiques ou de remises en forme.

La Région Alsace soutient le développement du tourisme fluvial

"Le tourisme fluvial peut constituer un axe important du développement touristique et un outil d'aménagement du territoire." Dans le cadre de la préparation du Contrat de Plan 2000-2006, la Région Alsace et Voies Navigables de France (VNF) ont mené une réflexion sur l'impact des retombées économiques du tourisme fluvial en Alsace. Une étude d'évaluation a été réalisée pour la remise en état de certaines infrastructures destinées à la navigation de plaisance sur le canal du Rhône au Rhin entre Strasbourg, Colmar et Neuf-Brisach. D'autres études ont concerné le canal des Houillères, sous maîtrise VNF et le canal Rhône au Rhin branche sud, sous la maîtrise de la délégation régionale au Tourisme de Franche-Comté. Les engagements arrêtés au contrat de plan État-Région 2000-2006 par l'État et la Région permettront, outre la préservation du patrimoine que constituent les canaux (restauration des berges, écluses, ponts) et le maintien de leurs fonctions récréatives et touristiques, d'accroître la fréquentation des secteurs concernés. Sont envisagées la réalisation d'infrastructures d'accueil des visiteurs (haltes, relais, ports), d'aménagements touristiques (pistes cyclables, signalétiques, aires de repos), mais également l'organisation d'une animation touristique autour de la voie d'eau. Un premier effort de l'Etat et des collectivités a été consenti à hauteur de 216 MF, répartis sur 7 ans. Le contrat de plan suivant, au-delà de 2006, devra poursuivre cette action en faveur des canaux.
[ Contact ]
Christophe Kieffer, Région Alsace,
03 88 15 68 67

Le trafic plaisance sur les canaux
En hausse de 7 %
Selon Voies Navigables de France, le nombre de bateaux enregistrés aux points de comptage des 13 écluses de la région a été de 37 661 en 2000. À Strasbourg, l'Ill a enregistré 8 454 bateaux à la Petite France. Le canal de la Marne au Rhin (où se situe le plan incliné d'Arzwiller) en a dénombré 14 293. Le Rhin à Gambsheim et le canal du Rhône au Rhin représentent des scores proches, avec respectivement 4 612 et 4 840 bateaux. Sur l'ensemble des écluses, la progression du nombre de bateaux entre 1999 et 2000 a été de 7 %, pour une fréquentation de 36 000 passagers (+5 % par rapport à 1999). Ce sont les véhicules privés qui sont les plus nombreux (12 000 environ).
[ Contact ]
VNF,
Jean-Claude Kistler,
03 88 21 74 46

Documentation
Bibliographie
- Les métiers du tourisme, ONISEP : www.onisep.fr
- Formations, poursuites d'études, débouchés dans
l'environnement et le tourisme, ministère de l'Emploi et de la Solidarité : www.travail.gouv.fr
- Création d'entreprise : www.tourisme.gouv.fr

Documentation
- Études APCE
"Les marchés du tourisme",
- Études Pro'Sector
"Bateaux de plaisance"

[ Contact CCI-Info ]
Monique Siffert,
03 88 75 25 50

Service Tourisme (conseil, accompagnement, création)
[ Contact CCI ]
Marie-Claude Ouvrard, Nathalie Schneider,
03 88 75 25 66

     
  Dossier du mois | Table Ronde | Commerce
International | Aéroport | Formation | NTIC