Les archives du Point Eco de la CCI
n°204
Avril 2001


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  Bijoutier-joaillier
  Une profession qui conjugue rigueur et passion
 


Le métier de bijoutier-joaillier est avant tout une affaire de cœur et de goût. Cependant, il implique aussi la capacité toujours renouvelée de s'adapter aux attentes particulières de sa clientèle... En deux mots, il faut donc conjuguer rigueur et passion.

   
  >> Analyse : Artisan-bijoutier : «le bonheur de créer en improvisant»
 

Corporation incontournable, la BHJOS 67* regroupe plusieurs spécialités : bijoutiers, horlogers, joailliers, sertisseurs, orfèvres. Elle a un rôle de normalisation du métier et entretient des liens entre professionnels, institutions, et grand public.

L'objectif de la BHJOS 67 est d'informer ses membres, de promouvoir le métier et la formation. « Une connaissance des nouvelles techniques est indispensable au bijoutier qui veut évoluer, ou tout simplement se maintenir », souligne Évelyne Munch. Nous organisons des stages de mise à niveau, sur des thèmes comme la gemmologie, la soudure ou l'utilisation d'Internet. Un mensuel informe les membres des évolutions et
des réglementations de la profession... ou encore des manifestations à ne pas manquer. Enseignante au CFA d'Eschau, Évelyne Munch représente également la BHJOS 67 à des jurys d'examens, des concours ou des stages. Elle est émerveillée de l'intérêt suscité auprès des jeunes. Et regrette d'autant le moindre investissement des maîtres d'apprentissage, c'est malheureusement le cas pour tous les métiers d'art, ajoute-t-elle.
Présente depuis de nombreuses années dans le hall de l'artisanat
à la Foire Européenne, Évelyne Munch participe également à d'autres événements grand public du type Bourses, Forums des métiers, Portes-ouvertes au CFA. « Notre profession pourrait être scindée en deux secteurs , indique-t-elle : les artisans-créateurs et les prestataires de services. Les uns et les autres ne s'adressent pas à la même clientèle. Tout comme le monde du luxe : on achète un nom, une marque et non un objet de tendresse, de souvenir ». Vous l'avez compris, Évelyne Munch défend ardemment les artisans purs : « ceux qui font perdurer le métier », de l'avis d'Éric Humbert, maître joaillier créateur. Leur avenir est prometteur « à condition qu'ils aient le sens du contact et de l'écoute et assurent le meilleur service à un coût juste », ajoute Évelyne Munch.Que le client soit à la recherche de boucles d'oreilles, de bagues ou de pendentifs, de diamant ou de pierre fine, peu importe... l'artisan éprouvera toujours le même bonheur : créer en improvisant.

[ Contact ]
BHJOS 67, 03 88 10 28 00

   
  Témoignages
  >> Bijoux Heitz : les coups de cœur d'un couple en or
  La bijouterie Heitz est située à Geispolsheim depuis 1981. Armand Heitz fait partie des premiers bijoutiers-joailliers à avoir installé son établi dans le magasin. Aujourd'hui, les ateliers-boutiques sont monnaie courante.
Depuis cinq ans, Armand Heitz n'a pas de concurrence directe dans le village et réalise près de 50 % de son chiffre d'affaires en création, transformation et réparation.
Bijoutier-joaillier issu de l'apprentissage à la fin des années 60, Armand Heitz défend une certaine éthique du métier, tout en s'adaptant à ses évolutions. Ainsi, informatisé dès 1995, il dispose d'une adresse e-mail et d'un site : «je me suis fait référencer par le centre de gestion». Dans ses vitrines, une gamme complète de bagues, colliers, bracelets et pendentifs, parures en or gris et or jaune, saphirs et diamants... et des montres. Ce qu'il privilégie est la création sur mesure : «des bijoux que je dessine et personnalise en fonction des souhaits des clients». Pour bon nombre conquis grâce au bouche à oreille, ils viennent d'un peu partout.
Secondé occasionnellement par son épouse Astride, Armand Heitz se retrouve seul depuis octobre 2000, puisque celle-ci dirige un second magasin au centre-ville d'Erstein. La nouvelle enseigne est sise dans un ancien magasin d'électroménager, qui offre un espace clair et spacieux. «Erstein est une petite ville pour laquelle nous avons eu un coup de cœur» , affirment-ils de concert. M. Heitz relaie son épouse le mercredi après-midi, s'installant à l'établi pour fondre, laminer, étirer, façonner ses pièces.
Pour l'instant, Armand Heitz n'a pas fait le choix d'embaucher, ni de recruter un apprenti : «cela prend beaucoup de temps, il y a sans doute d'autres solutions à trouver au niveau des modes de formation», souligne-t-il.
S'il est encore un peu tôt pour afficher un premier bilan, Astride Heitz est ravie de ses débuts - les résultats de fin d'année ont été à la hauteur de ses ambitions, elle a d'ailleurs été surprise de la nette propension à l'achat d'une clientèle masculine -. Ce qu'elle apprécie surtout est l'aspect relationnel du métier. Tout en vivant une expérience nouvelle : ancienne assistante dentaire, elle a suivi des stages en bijouterie, gemmologie et informatique afin de parfaire ses connaissances. Aspect pratique, la demeure du couple se situe quasiment à mi-chemin entre les deux échoppes.

[ Contact ]
heitzcreation@netcourrier.com
   
  >> Éric Humbert
« Il faut se donner les moyens de ses ambitions »
 

À l'heure des premiers choix de vie - 16 ans - Éric se retrouve à donner un coup de main à son père Claude Humbert, maître-joaillier reconnu sur la place de Strasbourg. C'est à l'établi que petit à petit il découvre un métier exigeant. Il y développe ses dons artistiques et amorce son développement. «Après mon apprentissage, j'ai exercé pendant trois ans avant de viser la maîtrise. C'est un processus nécessaire : il faut dominer la technique avant de vouloir évoluer et se laisser aller à la création pure ». Même si ce terme n'est guère apprécié par Éric Humbert : «c'est un peu prétentieux, je préfère dire : je transforme ce qui existe ». Dans son magasin, 70 % des modèles en joaillerie sont pourtant bien de la création, « ses bébés », comme il les appelle... Des lignes de bijoux à l'image des « Essentielles », modèles sobres, sophistiqués et bien pensés. Interrogez-le, il vous expliquera sa technique très au point et son parti pris à faire jouer les contrastes, comme diamants et perle noire. Les idées lui viennent souvent à partir de la matière qu'il aura achetée. Choisie sur catalogues mais le plus souvent dénichée à l'occasion de l'un de ses nombreux voyages. Destinations définies en fonction des pierres précieuses ou des objets qu'il pourra y trouver. Faites un saut dans son magasin, il en vaut le détour, sa déco est à l'image de ce qu'il a trouvé lors d'un périple - amateur d'art, il apprécie les objets et les cultures - C'est aussi ce qui fait l'histoire de ses bijoux. Un récent séjour à Tahiti lui a permis de rapporter quelques-unes des perles les plus rares au monde. Un coup de foudre qui se nomme perles noires, qu'il aime aussi appeler perles du paradis.
Il est vrai qu'Éric Humbert se donne les moyens de ses ambitions : la création partagée avec ses clients est bien plus difficile que la création personnelle. Prendre du temps, être à l'écoute de sa cliente lui permet d'avoir une idée plus précise de son style de vie avant de concevoir une œuvre d'art qui lui correspond.
Dans la vitrine d'Éric Humbert, vous trouverez aussi bien des pièces de joaillerie associant classique et moderne, et des bijoux «délirants» que peut-être il ne vendra jamais. Plutôt individualiste, Éric Humbert vit dans son monde, son choix : privilégier la qualité au rendement. Maîtrisant les techniques nouvelles dans son métier, il a également créé son site Internet pour sa clientèle internationale. Sur son agenda est noté Madagascar... Qui sait, peut-être une nouvelle ligne de bijoux à la clé ?
[ Site ]
www.eric-humbert.com

   
 www.strasbourg.cci.fr
 Contact CCI
 
m.siffert@strasbourg.cci.fr
 

Évelyne Munch
"Le bijou, c'est ma vie !"
Évelyne Munch, Présidente de la Corporation des Bijoutiers, Horlogers, Joailliers, Orfèvres et Sertisseurs du Bas-Rhin vit une histoire de famille et une passion qui l'a animée toute petite.

Aujourd'hui encore, c'est à l'ancienne que vous la verrez utiliser le creuset, chauffer l'or au chalumeau, pour le verser dans une lingotière.... Un travail long et minutieux, dont elle est très fière : «Chaque bijou fait partie intégrante de moi-même», dit-elle. Création sur mesure ou à partir d'éléments existants - «Il y a une part d'affection d'un bijou transmis, le travail est considéré comme réussi lorsque j'ai travaillé en symbiose avec mon client». Ses bijoux, elle les réalise essentiellement avec des métaux précieux comme l'or (elle n'utilise que du 750 millièmes) le platine ou l'argent, en mettant en œuvre les techniques de découpage, de ciselure... et d'assemblage qui lui viennent de son papa. Diplômée des Arts décoratifs en 1960, titulaire du brevet de maîtrise en 1966, Évelyne fait partie des bijoutiers-joailliers qui excellent également dans d'autres domaines de la création : peinture, émaux, orfèvrerie, gravure, ciselure, ... Tant son attrait pour l'art est primordial.

La profession en chiffres
Distribution
L'INSEE répertorie la distribution de bijoux sous le code NAF 524V. Cette catégorie comprend le commerce de détail de montres et autres articles d'horlogerie ainsi que le commerce de détail d'articles de bijouterie et d'orfèvrerie.
L'Agence pour la création d'entreprise (APCE), d'après une source Insee/EAE publiée en l'an 2000, recense environ 5 500 entreprises et 8 000 points de vente en France, occupant plus de 15 000 salariés.

Produits vendus
Les bijoux en or, surtout en or et pierre (18 millions d'unités vendues en 1999) tiennent la vedette, notamment les colliers et pendentifs. La bijouterie fantaisie a réalisé un CA de 3 milliards de francs en 1999.

Concurrence
De nouveaux circuits de distributions sont apparus : grandes surfaces et vépécistes, de même que les bijouteries-fantaisie. Les grandes surfaces tout particulièrement pratiquent des prix très compétitifs, notamment pour l'or. Autres formes de concurrence : les ventes à domicile, le téléachat, la vente sur Internet.
Tous secteurs confondus, il y aurait environ 10 000 points de vente, dont 1510 représentent de la vente directe artisan, 6 335 sont des bijouteries de centre-ville. 158 établissements sont répertoriés dans le Bas-Rhin.

• Fabrication
Répertoriée par l'INSEE sous le code NAF 362C, la fabrication d'articles de bijouterie, joaillerie, orfèvrerie comprend la fabrication d'articles de bijouterie en métaux précieux, plaqués ou doublés de métaux précieux ou de pierrres gemmes, le travail des perles, des pierres, du diamant et des pierres synthétiques, la fabrication d'articles d'orfèvrerie...

L'accès à la profession
Bijoutier, horloger, joaillier, orfèvre ou sertisseur, tous ces professionnels qualifiés exercent leur métier au sein d'entreprises artisanales, même si la plupart disposent d'un point de vente et pratiquent en plus une activité commerciale de négoce ou de prestation de service.
L'accès à ces métiers se fait de façon privilégiée par la voie de l'apprentissage puis de la formation continue. Il existe
en effet un cursus de formation complet du niveau 5 au
niveau 3, du CAP au Brevet de Maîtrise (BM).

Documentation
• Études Xerfi
• Étude APCE
Et, toutes les informations disponibles au CCI-Info Documentation (études sectorielles, ouvrages, statistiques), contacts et sources d'information....
[ Contact CCI ]
Monique Siffert,
03 88 75 25 50
m.siffert@strasbourg.cci.fr

Le saviez-vous ?
Il y a or et or
L'unité de mesure des pierres se définit en carat (ct).
1 carat = 0,2 grammes. À ne pas confondre avec la proportion d'or fin contenue dans un alliage d'or qui s'exprime en karat (K).
On distingue la proportion d'or fin et la proportion d'autres métaux (argent, cuivre, nickel, zinc, palladium, etc).
- Or
22 Karats : 916 millièmes
18 Karats : 750 millièmes
- Alliage
14 Karats : 585 millièmes
9 Karats : 375 millièmes
Avec l'arrivée des normes européennes, les titres sont exprimés en millièmes.

Connaissez-vous...
le point de fusion de l'or ? Il est de 1064°


   

     
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