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DOSSIER |
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L'alternance
: Un parcours «gagnant-gagnant |
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L'alternance, c'est un point de convergence... Entre une entreprise
et un jeune, l'une exigeant des compétences de bon niveau,
l'autre aspirant légitimement à la qualification et
à l'expérience professionnelles. Là réside
toute la cohérence d'une démarche qui associe emploi
et formation.
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À l'IFA, scénario en deux temps pour
un BTS par alternance... |
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Le temps de la sélection
Dès le mois de mars : dépôt du dossier de pré-sélection
Les dossiers des jeunes sont recevables de mars à septembre,
mais évidemment, le plus tôt est le mieux pour se consacrer
ensuite à la recherche d'une entreprise d'accueil.
Première étape, la pré-admission
Une
étape qui est déterminante, car éliminatoire
à chacune de ses phases. Un responsable pédagogique
procède à l'examen du dossier scolaire. S'il est retenu,
le candidat est convoqué à des tests et à un
entretien. La réussite implique l'admission, définitive
après la signature du contrat avec une entreprise.
En 2000, près de 800 candidatures ont été déposées
en 1ère année à l'IFA, pour 160 places au total.
Après examen des dossiers scolaires, quelque 600 jeunes auront
néanmoins été convoqués en entretien
! «C'est très délicat, car les jeunes sont plutôt
bons», souligne Philippe Authier, responsable à l'IFA.
«En fait, nous ne cherchons pas les bêtes à concours,
mais les plus motivés et les plus adaptés à
l'alternance. Ceux qui tiendront le choc n'ont pas forcément
les meilleurs résultats scolaires. Et là, c'est l'entretien
-similaire à un entretien en entreprise- qui marque la différence».
Précision importante, «la pré-admission est
impérative. Disposer préalablement d'une entreprise
d'accueil n'assure pas un ticket d'entrée à l'IFA.
Dans tous les cas de figure, la sélection est rigoureuse».
Deuxième étape, la recherche d'une entreprise
Le jeune est convié à un séminaire de techniques
de recherche d'emploi, puis suivi individuellement dans sa recherche.
Ainsi, il rencontre tous les quinze jours son référent,
le chargé de relations entreprises, pour faire le point.
Le processus peut s'étendre jusqu'à la fin septembre,
les cours commençant en octobre. Il s'achève par la
signature du contrat jeune/entreprise.
«Nous plaçons, entre guillemets, 80 % des jeunes. Mais
nous tenons à cette démarche volontaire de leur part,
quitte à éliminer celui qui ne fait manifestement
aucun effort». Pour sa part, l'entreprise n'intervient qu'au
moment de la signature du contrat, et c'est elle qui inscrit sa
jeune recrue au centre de formation.
Le temps de la formation
Octobre : la rentrée à l'IFA !
La première année s'étend d'octobre à
juin, la seconde de septembre à avril. Le tempo est parfaitement
syncopé : une semaine à l'IFA, une semaine en entreprise,
sans suivre le rythme scolaire, et pour cause. En mai de la seconde
année, examen final du BTS, un examen d'État. Le contrat
avec l'entreprise étant de 24 mois, de date à date,
le jeune le poursuit jusqu'à son terme. Suit l'insertion
professionnelle dans l'entreprise d'accueil ou non, ou la poursuite
d'études.
Les résultats obtenus grâce au contrôle continu
ne pèsent pas dans l'examen final, mais peuvent contribuer
au rattrapage. En cas d'échec, l'apprenti peut éventuellement
refaire une année. Tout au long du parcours de formation,
le jeune peut tabler sur un suivi extrêmement rapproché,
en cours comme en entreprise. «Indispensable», souligne
Philippe Authier. «La plupart connaissent des moments de fléchissement,
c'est normal. Nous réagissons aussitôt, pour les soutenir».
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«Qualif»
à la place du «qualif» !
Cas d'école à Perinfo, Strasbourg |
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«Sur ma fiche de vux quant à l'entreprise
d'accueil, j'avais coché informatique, tourisme, et PME...
Bingo ! Je suis entré chez Perinfo, qui conciliait le tout».
Aujourd'hui
ingénieur commercial de cette société qui propose
des logiciels dédiés à l'activité touristique,
Charles Ehrhard est un «ancien» de l'opération
«100 vendeurs».
Après une maîtrise en économie et gestion des
entreprises, Charles souhaitait éprouver la pratique professionnelle.
«Mon contrat de qualification chez Perinfo m'a permis de faire
de la gestion et du commercial. Cela correspondait exactement à
ce que je cherchais, et mon patron, Armand Perez, m'a constamment
soutenu». Peu avare d'éloges, bien que sa formation
remonte à 1997. «J'ai apprécié le côté
terrain que je n'avais pas eu en fac. En revanche, je crois que
la fac m'avait appris à me débrouiller seul, ce qui
est un avantage pour un commercial».
Il se souvient d'une promo «de très grande qualité,
copains et intervenants», et d'un rythme... « idéal.
Trois jours en entreprise, deux en cours. Le rythme actuel, une
semaine sur deux, permet moins aisément à un commercial
de suivre les dossiers». C'est ce que constate Charles Ehrhard,
ex-contrat de qualif, qui a récemment recruté Romain
Carpano, nouveau contrat de qualif. Car pour mieux se consacrer
à la conquête de marchés, Charles envisage,
à terme, de se délester d'une partie de ses dossiers.
L'alternance arme les compétences
«Je me suis fié à l'IFV pour la pré-sélection.
Recruter n'est pas facile, c'est un métier. Avec M. Perez,
nous avons reçu 4 ou 5 candidats, sur 15 CV proposés.
Par rapport à un recrutement traditionnel, je crois que l'avantage
est de voir moins de personnes, mais davantage de profils intéressants
!».
À 22 ans, Romain Carpano visait pour sa part des études
courtes. «Je suis passé par la fac, mais je voulais
m'assumer le plus vite possible». Au Pôle Formation
CCI, il opte pour l'alternance, au détriment d'une voie classique.
«À l'Institut des Forces de Vente, les profs sont des
professionnels, ils nous font évoluer plus rapidement».
Pour l'heure, chez Perinfo, Romain assimile le contexte. «J'apprends
! Les logiciels, la vente, l'informatique...». Mais il s'est
déjà rendu en clientèle : «Il y a trois
mois, je n'aurais même pas imaginé le faire. Je crois
que c'est la combinaison de la théorie et de l'entreprise
qui nous arme ainsi». Et un tuteur réputé «extraordinaire»,
Charles, dont l'atout majeur est d'avoir suivi le même parcours.
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L'alternance,
côté formateurs |
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Tous deux sont formateurs à l'IFA, tous deux ont
par ailleurs une activité professionnelle, mais leurs profils
diffèrent.
Dès
son installation à Strasbourg, il ya deux ans, Élisabeth
Molyn propose au Pôle Formation CCI ses compétences
en gestion des entreprises. Ce qu'elle enseigne depuis, aux étudiants
de BTS assistant de direction, assistant de gestion, force de vente
et assistant commercial. «J'ai adapté ma prestation,
qui au départ, était un peu trop universitaire».
Si Élisabeth n'est pas en contact direct avec les entreprises
qui accueillent ses étudiants, elle tient largement compte
du statut spécifique de ces derniers. «Ils ont un pied
dans la réalité. En cours, ils font le lien entre
mes propos, et ce qu'ils pratiquent en entreprise. Ce qui donne
matière à débats. Je leur montre que la théorie
ne s'y applique pas totalement !». Élisabeth Molyn
est convaincue que les élèves, une fois diplômés,
se révèlent plus rapidement opérationnels et
adaptables. «La formule de l'alternance nécessite en
soi de la rigueur, et une bonne organisation».
Jean-Christophe Burgel, quant à lui,... est un ancien de
la maison ! Il y a sept ans, son BTS Force de vente en poche, il
est embauché dans son entreprise d'accueil, Kovacic, à
Ernolsheim-sur-Bruche. Quelques années plus tard, l'IFA le
sollicite pour participer à des jurys d'examen. Cette année,
il passe à la vitesse supérieure, et intervient dans
le suivi individuel des étudiants pour leur rapport d'activité.
Son rôle ? Conseiller, entraîner ses 23 cadets à
l'élaboration et à la présentation orale de
leur rapport d'activité, qui clôture la formation.
«Je suis leur évolution sur deux ans, je sais dans
quelle entreprise chacun travaille et je connais les missions qui
leur sont confiées». Jean-Christophe a pu aménager
ses horaires de travail chez Kovacic, et apprécie de développer,
à l'IFA, son savoir-faire. «C'est motivant et valorisant».
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Le
parcours d'un jeune «vétéran»
Philippe Motsch, Maeva Voyages, Strasbourg |
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Philippe Motsch, la trentaine, est un tout jeune vétéran.
Il mérite cependant ce titre pour avoir intégré
la première promotion de l'IFA en 1990 !
«Au
terme des deux ans de BTS, 16 des 22 étudiants de cette promotion
1990 s'étaient vus proposer un CDI dans leur entreprise d'accueil».
Pour lui, il s'agissait du Crédit Mutuel Voyages. «Ce
furent deux années assez denses, je l'avoue, même si
les intervenants nous ménageaient quelque peu, compte tenu
de notre double statut d'étudiants et de salariés.
Et le Crédit Mutuel a joué le jeu». Il reconnaît
néanmoins que certains de ses congénères ont
eu le sentiment d'être «des salariés pas chers».
«Les choses ont sans doute évolué, mais les
entreprises doivent avoir conscience qu'elles accueillent un apprenti.
Elles doivent surmonter l'antinomie entre leur logique de production,
et la logique de formation que souhaite le jeune».
Son propre passage d'apprenti à celui d'attaché commercial
s'est effectué en douceur. «La transition est naturelle.
On a déjà commencé à faire nos preuves,
on connaît l'environnement et le fonctionnement de l'entreprise,
les collègues, et on bénéficie d'une certaine
autonomie».
En 1995, il entre chez Maeva comme responsable commercial Lorraine,
devient responsable des ventes en 1997. Aujourd'hui directeur régional
de Maeva Voyages, Philippe Motsch entend bien «rendre la monnaie
de la pièce à l'IFA. Si je peux recruter un collaborateur
dans le cadre de l'alternance, ce sera très volontiers. Pour
ma part, je considère avoir véritablement bénéficié
d'une deuxième chance».
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Avec
le CEFPI, une filière des métiers de l'immobilier...
se construit ! |
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«Le CEFPI n'a pas la prétention de maîtriser
à la perfection le tissu économique des régions,
ni, chez vous, la spécificité du droit local. Pour
cette raison, je milite pour des partenariats locaux, tout particulièrement
avec le réseau des CCI ». Directeur du CEFPI (Centre
de formation pour l'immobilier), Malick Hammad s'emploie actuellement
à constituer, en Alsace, une filière de formation
aux métiers de l'immobilier. Avec le Pôle Formation,
qui accueille la troisième promotion de négociateurs
immobiliers, et, dès la rentrée prochaine, un BTS
des professions immobilières, par alternance. Avec aussi,
à court terme, une licence professionnelle immobilière.
Par ailleurs, le CEFPI mène régulièrement des
actions ciblées, en partenariat avec les OPCA, organismes
collecteurs.
Fondé en 1974 à Paris, le CEFPI est l'un des organismes
français agréés par la Commission nationale
pour l'emploi et la formation dans l'immobilier. Parmi ses domaines
de prédilection, la branche transaction-négociation,
la gestion immobilière, l'immobilier d'entreprise et l'immobilier
social. « Nous formons un public large, depuis les gardiens
de prévention et de gestion d'immeubles, jusqu'aux conseillers
de la Cour des Comptes. En passant par les Bac et +, pour des formations
qualifiantes et diplômantes ». Les ancrages régionaux
du CEFPI sont nombreux, sur le même principe qu'à Strasbourg.
« Le CEFPI apporte son savoir professionnel. Quant aux formateurs,
ils représentent un mélange dosé d'intervenants
locaux et parisiens ».
Sans doute parce qu'à l'instar du Pôle Formation, Malick
Hammad prône la réactivité - « le CEFPI
peut faire du sur-mesure à tout moment » -, la symbiose
est manifeste entre les deux partenaires. « Les CCI sont à
mon sens les meilleurs relais pour l'emploi ». La collaboration
ne s'arrête pas à la formation initiale. « Nous
réalisons, également au Pôle, des formations
« Flash » d'une journée, à destination
des professionnels. Les thèmes sont d'actualité immédiate
: loi Besson, loi Solidarité et renouvellement urbain,
Il y a un fort potentiel sur la formation continue immobilière,
à Strasbourg ! ».
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Match
et le Pôle Formation, dix ans de partenariat |
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En 1991, nous avions bâti avec l'IFV une formation de responsables
de rayon», se souvient Bertrand Siest, responsable de formation
de la société Match. Les années passent, la
demande évolue, et désormais, deux programmes coexistent.
«Gestionnaire commercial», accessible avec un bac, est
une formation de niveau III. «Manager de secteur» est
destiné aux Bac + 2.
«Cela correspond à notre politique de classes pépinières»,
souligne Bertrand Siest. «Match a besoin de sang neuf, de
jeunes formés, il nous faut aussi faire face aux ouvertures
de magasins». Les jeunes en contrat de qualification, recrutés
avec l'IFV, alternent théorie et pratique en magasin sur
l'Alsace, une partie de la Lorraine, ainsi que sur la Franche-Comté.
«Les référentiels de ces formations ont été
adaptés à notre culture d'entreprise et à nos
besoins. De fait, la formule est parfaitement en phase avec notre
réalité». La réussite implique une embauche
en CDI, accompagnée d'une formation complémentaire,
en interne.
Ces cursus ont accueilli une centaine d'étudiants au total.
«Les 2/3 sont encore chez Match, certains, à 27 ou
30 ans, sont directeurs de magasins». La clé du succès
? «L'IFV et nous cultivons une connaissance et une confiance
mutuelles. C'est le plus important. Au-delà, l'IFV nous apporte
son savoir-faire en formation théorique et un fort suivi
de terrain».
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L'alternance
pour préparer la relève |
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Classiquement,
Laurent Giubilei, directeur général de Gyss et Giubilei,
a tout d'abord tenté de recruter des commerciaux par petites
annonces. Mais le recours à l'alternance lui est rapidement
apparu éminemment plus pertinent. « Dans la mesure
où certains de nos commerciaux approchent de la retraite,
il était opportun de préparer la relève en
formant nous-mêmes. Cela pour aménager la transition,
et aussi pour favoriser la transmission du savoir-faire de ces collaborateurs
».
Et voilà comment Sébastien Branger et Mickaël
Pfirsch, désormais étudiants de la même promo
de BTS Force de Vente à l'IFA, ont intégré
cette entreprise schillickoise de 23 personnes. Une entreprise de
conception et installation de cuisines et blanchisseries, respectivement
destinées à l'hôtellerie-restauration haut de
gamme et aux collectivités de la santé.
Un recrutement raisonné
« Mickaël a rejoint la partie conception de notre activité
blanchisserie. Il démarre par une approche plutôt technico-commerciale,
car le matériel est complexe. Sébastien, à
l'inverse, commence par la relation client, au sein de l'activité
cuisines. Il a entamé la prospection ! Mais tous deux approcheront
l'ensemble des fonctions de l'entreprise ». À produits
et marchés différents, stratégie différente
Manifestement, la réflexion de Laurent Giubilei est raisonnée
de bout en bout.
Laurent Giubilei a assorti ses recrutements d'une promesse d'embauche,
« s'ils le souhaitent ! ». L'objectif, pour Gyss et
Giubilei, est bel et bien de monter en puissance. « Mais doucement,
pour que le service offert aux clients demeure de qualité
».
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Une
«junior» témoigne
Fatima Mendes, Cuisines Mentele, Strasbourg |
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Avide de polyvalence, Fatima Mendes a très tôt été
séduite par le BTS d'assistante de gestion, bien avant de l'entreprendre
à l'IFA.
L'alternance lui colle à la peau, «c'est idéal
de suivre une formation et de travailler en même temps».
En contrat avec les Cuisines Mentele, Fatima s'apprête à
créer un poste qui n'existait pas dans le show-room strasbourgeois.
«J'ai déjà mis en place plusieurs outils administratifs
et commerciaux, en matière de facturation et de devis. Et ce
sont des outils que j'ai acquis en cours». À ses yeux,
la complémentarité cours/entreprise est totale et les
apports réciproques, grâce, notamment, à un tuteur
qui l'encadre parfaitement. «Et j'ai ce rôle très
diversifié qui correspond bien aux critères de mon BTS».
Au terme de sa formation, «si tout se passe bien !», Fatima
aura, «un diplôme, un salaire, et un métier. Ce
bagage professionnel, c'est exactement ce que je souhaitais».
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Tuteur,
une fonction qui s'apprend... |
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Référent du jeune au sein de l'entreprise, le tuteur
(ou maître d'apprentissage) est son interlocuteur majeur.
Il est aussi l'interlocuteur du chargé de relation-entreprise
du Pôle Formation. Une fonction d'accompagnement, de cadrage
et d'interface, synonyme d'un investissement non négligeable
de la part du salarié qui l'endosse, en plus de ses propres
activités.
À la direction des ressources humaines de France Télécom,
Marie-Christine Crozet est chargée de l'alternance, et, entre
autres, de l'animation du réseau de tuteurs et maîtres
d'apprentissage «Ce sont des professionnels chevronnés.
Actuellement, ils sont 34 sur toute l'Alsace, autant que de jeunes
en formation chez nous». Une tâche qu'elle sait prenante
: «Les collaborateurs qui encadrent les BTS Action commerciale,
par exemple, doivent faire tourner les étudiants dans divers
services, les soutenir, veiller que leurs activités correspondent
aux besoins de la formation. C'est très accaparant».
Marie-Christine Crozet a elle-même assisté à
une session de formation des tuteurs au Pôle Formation CCI.
«Cette année, nos nouveaux tuteurs en auront tous bénéficié».
Pour l'Agefos-PME Alsace, la qualité du tutorat apparaît
de fait comme garante de la réussite de l'alternance. «Le
tuteur est au centre de la relation entre le chef d'entreprise,
le jeune salarié en contrat de qualification, et l'organisme
de formation», indique Karol Steca. L'Agefos-PME Alsace a
ainsi initié, il y a trois ans, cette formation ouverte de
tuteurs, mise en uvre par le Pôle Formation CCI. «Il
s'agit d'accompagner, au moyen d'outils spécifiques, ces
salariés dont la mission est d'intégrer les jeunes
et de leur transmettre les savoir-faire propres à l'entreprise».
Une démarche qui contribue à réduire les ruptures
de contrats, car il apparaît bel et bien qu'elles sont le
plus souvent liées à l'encadrement du jeune.
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Partenaires
de l'alternance, ensemble, et d'une même voix
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En amont de l'alternance, il y a la Région Alsace, qui élabore
la carte formation des CFA (Centres de formation d'apprentis), signe
les conventions avec les établissements de formation, et procède
à l'ouverture et à la fermeture des sections.
Un rôle qui tient compte, bien évidemment, des besoins,
et colle aux demandes des branches professionnelles de chaque région
de France.
Autre volet majeur de l'intervention de la Région, le financement
des CFA, qui s'effectue sur ses fonds propres. Reste une mission «
d'impulsion », que l'on méconnaît bien souvent.
Ainsi, depuis quelques années, la Région Alsace prend
la tête de campagnes de promotion de l'apprentissage, menées
conjoin-tement par tous les acteurs de l'alter-nance. En conviant
jeunes et parents à s'informer, comme lors de la Semaine de
l'Apprentissage en novembre. Ou encore, en allant au devant du public,
dans les établis-sements scolaires, les salles communales ou
les centres commerciaux.
Une démarche inédite
Une autre approche, récemment initiée par la Région
Alsace et largement soutenue par les branches professionnelles,
vise à favoriser la rencontre entre jeunes et entreprises.
Par des encarts spécifiques « petites annonces »
dans la presse quotidienne régionale, et via des affichettes
et des autocollants à apposer dans les magasins et entreprises,
pour signaler la recherche d'apprentis. Les petites annonces des
jeunes et des entreprises figurent sur le site de la Région
Alsace d'Alsace, qui servira de relais pérenne à cette
démarche inédite.
[ Pour en savoir plus
]
/www.region-alsace.fr,
cliquer sur la rubrique formation, puis apprentissage, ou, pour
accéder directement aux demandes des jeunes (environ 150
à la fin mars)
www.region-alsace.fr/apprenti
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Analyse
Alain BERTRAND, Vice-Président de la CCI,
en charge de la formation
L'alternance, pour recruter au mieux
S'il est un vu que l'on peut formuler, en point d'orgue à
ce dossier, c'est que l'alternance connaisse, en ce nouveau millénaire,
les lettres de noblesse qu'elle mérite. Non que cette approche
de formation résolument offensive, qui mêle théorie
et pratique professionnelle, soit dénigrée. Bien au
contraire. Tant les entreprises d'accueil que les jeunes engagés
dans cette voie exigeante se louent d'y avoir songé. Simplement,
l'alternance souffre encore d'un déficit d'information quant
à l'étendue des qualifications offertes, du CAP au
diplôme d'ingénieur.
En l'état, la formule de l'alternance doit surmonter 60 ans
d'histoire, une histoire qui associait indéfectiblement apprentissage
et bas niveaux de qualification. Aujourd'hui, et sans doute plus
que jamais, alors que certains secteurs d'activité peinent
à recruter, il importe que l'alternance se définisse
en termes de gestion prévisionnelle des compétences,
tout particulière-ment dans les PME. Il importe aussi d'offrir
d'autres formes de transmission des savoir-faire à des jeunes
qui ne se prêtent pas obligatoirement à l'enseignement
traditionnel.
Accueillir un candidat à l'alternance, c'est transmettre
en douceur, progressivement, un savoir-faire et une culture d'entre-prise.
C'est capitaliser sur un jeune qui, une fois diplômé,
sera déjà intégré. Ce peut être
aussi, dans des métiers très tendus, capter très
en amont un profil prometteur. Sans négliger le fait que
l'entreprise bénéficie, via sa jeune recrue, de l'apport
de techniques et de méthodes innovantes.
Depuis plusieurs années, la CCI, avec le Pôle Formation,
a fait le pari de l'alternance. Depuis 10 ans, le CFA de la CCI
de Strasbourg et du Bas-Rhin - l'IFA - a démontré
que l'apprentissage n'est pas un parcours «au rabais»,
car il affiche d'excellents résultats. Tant aux examens,
qui sont supérieurs à la moyenne académique,
que pour l'insertion professionnelle des jeunes.
Les chefs d'entreprise, élus de la CCI de Strasbourg et du
Bas-Rhin, ont estimé que c'est en dispensant en alternance
l'enseignement sanctionné non seulement par les diplômes
de l'Éducation Nationale mais aussi par les titres du Réseau
des Chambres, et
comme opérateur de nombreuses formations, que la CCI assumait
pleinement sa mission de réponse aux besoins de qualifications
et de compétences des entreprises.
Mission complémentaire à celle de partenaire direct
de la politique publique de formation : collecte de la taxe d'apprentissage,
promotion de l'alternance et de l'apprentissage, formation des demandeurs
d'emploi, et des salariés, orientation et insertion des jeunes.
Car la finalité, c'est bien l'ajustement permanent aux besoins
des entreprises et du marché de l'emploi.
Sondage Sofres
Qu'est-ce qui fait courir les jeunes diplômés alsaciens
?
À la question :
«où aimeriez-vous travailler pour votre premier emploi
ou pour le prochain emploi auquel vous postulerez ?»,
42 % des jeunes strasbourgeois interrogés par la Sofres ont
choisi la fonction publique (contre 34 % sur l'ensemble des villes
françaises).
34 % ont choisi la grande entreprise (contre 38 % au plan national).
Un attrait qui ne doit pas être considéré comme
une fonction de repli, mais comme une logique de vocation.
Dans l'ensemble, les résultats de ce sondage, qui sont
d'une disparité relative selon les régions, font néanmoins
apparaître une gamme de motivations professionnelles
plus étendues que le seul intérêt du salaire.
À Strasbourg, on cherche avant tout un métier ou un
secteur d'activé (67 %) : les jeunes diplômés
le situent en premier dans l'enseignement, en deuxième dans
l'environnement
et en troisième ex-aequo dans l'informatique-nouvelles technologies-télécoms
et les secteurs transports-tourisme. Ensuite, les éléments
qui priment sont l'ambiance à l'intérieur de l'entreprise
(47 %) et le salaire (46 %).
Ces trois critères se confirment au plan national, dans
un ordre inversé : salaire (54 %), secteur d'activité
(51 %)
et ambiance (34 %).
Bravo pour l'esprit d'entreprendre :
41 % des jeunes strasbourgeois envisagent très sérieusement
de créer une affaire, mais plutôt à long terme
(34 % sur l'ensemble des villes). La mobilité devient partie
intégrante de la vie professionnelle, puisque 58 % de ces
jeunes ont le sentiment qu'ils seront amenés à changer
fréquemment d'entreprise (le résultat vaut pour l'ensemble
des villes). Par contre, les strasbourgeois sont plus nombreux à
vouloir rester durant de longues périodes
dans le même emploi
Côté offre de formation, les
strasbourgeois sont satisfaits de l'offre de formation existante
(88 % des réponses, contre 77 % sur l'ensemble des villes).
Les filières considérées comme les plus performantes
sont, dans l'ordre, l'économie/gestion, les écoles
d'ingénieurs, la médecine et la pharmacie. Par contre,
un reproche commun à l'ensemble des villes est l'insatisfaction
(65 % sur Strasbourg, 70 % sur la France) par rapport aux passerelles
développées entre les écoles/ universités
et les entreprises. L'appréciation de l'enseignement supérieur
est plus mitigée : 50 % des strasbourgeois considèrent
qu'il est suffisamment tourné vers l'international (ils sont
33 % sur l'ensemble des villes ainsi que vers les nouvelles technologies.
Cette enquête initiée par le Journal Le Monde, qui
a affrété un Train de l'Emploi pour parcourir 11 villes
françaises, a été menée auprès
d'un échantillon de 550 étudiants du supérieur
et jeunes actifs diplômés du supérieur, interrogés
face à face dans ces mêmes villes (Strasbourg, Lille,
Rennes, Nantes, Poitiers, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Montpellier,
Lyon, Paris).
"En 2000, la CCI du Bas-Rhin a consacré 3,9 MF d'IATP*
à la promotion de l'alternance, et à l'information-conseil
sur les parcours de formation, notamment par apprentissage."
* impôt additionnel à la taxe professionnelle
Le tuteur et le maître d'apprentissage sont au centre de
la relation entre le chef d'entreprise, le jeune en contrat par
alternance, et l'organisme de formation.
L'aide au recrutement,
pour soulager l'entreprise
«L'entreprise n'est évidemment pas soumise au même
calendrier qu'un jeune candidat, et peut nous solliciter à
tout moment pour recruter», explique Philippe Authier, responsable
à l'IFA. Les campagnes de promotion autour de l'alternance
sont certes renforcées entre avril et fin juillet, mais n'ont
aucun caractère impérieux. «Nous affinons la
recherche selon les profils requis par l'entreprise, à condition
qu'ils ne soient pas discriminatoires, et transmettons les CV appropriés».
L'entreprise reçoit alors un ou plusieurs candidats, à
sa guise. À ce propos, reportez-vous au témoignage
de Charles Ehrhard, ingénieur commercial chez Perinfo.
L'alternance au Pôle
Formation CCI...
... est une combinaison d'expertises. L'offre alternance réunit
en effet l'Institut de formation par alternance (CFA de l' IFA),
et l'Institut des forces de vente (IFV), Quant aux formations industrielles,
elles trouvent leur place à Compétences et Formation
à Eschau.
- Formations qualifiantes et diplômantes, de niveau IV et
III, autour des métiers de l'action commerciale, de la distribution
et de la vente. Exemples : technicien des forces de vente, technico-commercial
de la santé, négociateur immobilier, technicien supérieur
du commerce, BTS action commerciale, ...
- Formations diplômantes de niveau III et II en gestion et
administration des entreprises. Exemples : BTS comptabilité-gestion,
BTS assistant de gestion, BTS assistant de gestion de PME-PMI, DECF
(Diplôme d'études comptables et financières).
Le Pôle Formation CCI, c'est aussi la filière internationale
Bac + 4 MIM (Management international et marketing), validée
par un titre homogué par l'État. MIM peut également
se préparer en alternance, sous contrat de qualification.
Le Pôle Formation CCI, abrite enfin le COE (Conseil Orientation
Emploi), qui regroupe :
- la promotion et la gestion de l'apprentissage
- la formation de maîtres d'apprentissage et de tuteurs
- le Centre de Bilans de Compétences
- le «POINT A» Information-Conseil
- le Service Emploi Formation, service de réinsertion par
l'économique des bas niveaux de qualification
[ Pour en savoir plus
]
Pôle Formation CCI, 03 88 43 08 00
www.pole-formation-cci.org
CEFPPA : 8 certificats
de management en hôtellerie-restauration
Ils étaient huit à recevoir leurs certificats des
mains de leur parrain, Robert Dollinger, Président de la
Commission Régionale Paritaire Formation de l'industrie hôtelière.
8 stagiaires, hommes et femmes issus du métier de l'hôtellerie-restauration,
exerçant ou amenés à exercer leur activité
en Alsace. De Strasbourg à Drusenheim, en passant par La
Petite Pierre et jusqu'à Ribeauvillé, ils n'ont pas
lésiné à investir de leur temps ! Ce cycle
de management en hôtellerie-restauration est une formation
soutenue par la Région Alsace, initiée par le CEFPPA,
la CCI, le Groupement des Hôteliers-Restaurateurs et l'IECS.
«Un montage intéressant et original entre un centre
de formation professionnel et une école universitaire »,
a souligné Francis Schillio, secrétaire général
de la Fondation IECS. Au programme de ces deux ans (la deuxième
promotion a démarré en janvier 2000), de la gestion,
de
la communication, de la commercialisation et de l'organisation d'entreprise.
Des composantes incontournables pour développer un plan de
carrière et se perfectionner dans l'industrie hôtelière.
Contrat d'apprentissage
et contrat de qualification
Deux dispositifs de l'alternance
C'est pour l'essentiel le mode de financement qui différencie
le contrat d'apprentissage et le contrat de qualification. Ainsi,
le contrat d'apprentissage, à caractère public, est
financé par la taxe d'apprentissage et diverses subventions.
Pour sa part, le contrat de qualification, d'ordre privé,
est financé par les OPCA (Organismes paritaires collecteurs
agréés). C'est l'employeur qui décide du dispositif
le plus adapté à ses besoins. Enfin, précision
d'importance, pour tout apprenti titulaire d'un diplôme de
niveau V, l'entreprise de moins de 20 salariés bénéficie
d'une aide à l'embauche. Dans tous les cas, une prime à
l'effort de formation est versée à l'entreprise.
Petit lexique de l'alternance
Formation diplômante :
Formation sanctionnée par un diplôme d'état
comportant habituellement des contenus généraux et
professionnels.
Elle se réalise soit dans le cadre d'un contrat d'apprentissage,
soit dans le cadre d'un contrat de qualification.
Formation qualifiante :
Formation plus rapide, principalement axée sur les contenus
professionnels et débouchant habituellement sur une qualification
reconnue par un titre ou un certificat de qualification professionnelle.
Elle se réalise en contrat de qualification.
Niveau V : CAP
Niveau IV : Baccalauréat
Niveau III : BTS/DUT (Bac + 2 )
Niveau II : DECF/ Maîtrise (Bac + 4)
Niveau I : Ingénieur, 3e cycle (bac+ 5 et au-delà)
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