Les archives du Point Eco de la CCI
n°204
Avril 2001


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   L'alternance : Un parcours «gagnant-gagnant
 

L'alternance, c'est un point de convergence... Entre une entreprise et un jeune, l'une exigeant des compétences de bon niveau, l'autre aspirant légitimement à la qualification et à l'expérience professionnelles. Là réside toute la cohérence d'une démarche qui associe emploi et formation.


   

   
  >> À l'IFA, scénario en deux temps pour un BTS par alternance...
 

Le temps de la sélection
Dès le mois de mars : dépôt du dossier de pré-sélection

Les dossiers des jeunes sont recevables de mars à septembre, mais évidemment, le plus tôt est le mieux pour se consacrer ensuite à la recherche d'une entreprise d'accueil.

Première étape, la pré-admission
Une étape qui est déterminante, car éliminatoire à chacune de ses phases. Un responsable pédagogique procède à l'examen du dossier scolaire. S'il est retenu, le candidat est convoqué à des tests et à un entretien. La réussite implique l'admission, définitive après la signature du contrat avec une entreprise.
En 2000, près de 800 candidatures ont été déposées en 1ère année à l'IFA, pour 160 places au total. Après examen des dossiers scolaires, quelque 600 jeunes auront néanmoins été convoqués en entretien ! «C'est très délicat, car les jeunes sont plutôt bons», souligne Philippe Authier, responsable à l'IFA. «En fait, nous ne cherchons pas les bêtes à concours, mais les plus motivés et les plus adaptés à l'alternance. Ceux qui tiendront le choc n'ont pas forcément les meilleurs résultats scolaires. Et là, c'est l'entretien -similaire à un entretien en entreprise- qui marque la différence». Précision importante, «la pré-admission est impérative. Disposer préalablement d'une entreprise d'accueil n'assure pas un ticket d'entrée à l'IFA. Dans tous les cas de figure, la sélection est rigoureuse».

Deuxième étape, la recherche d'une entreprise
Le jeune est convié à un séminaire de techniques de recherche d'emploi, puis suivi individuellement dans sa recherche. Ainsi, il rencontre tous les quinze jours son référent, le chargé de relations entreprises, pour faire le point. Le processus peut s'étendre jusqu'à la fin septembre, les cours commençant en octobre. Il s'achève par la signature du contrat jeune/entreprise.
«Nous plaçons, entre guillemets, 80 % des jeunes. Mais nous tenons à cette démarche volontaire de leur part, quitte à éliminer celui qui ne fait manifestement aucun effort». Pour sa part, l'entreprise n'intervient qu'au moment de la signature du contrat, et c'est elle qui inscrit sa jeune recrue au centre de formation.

Le temps de la formation
Octobre : la rentrée à l'IFA !
La première année s'étend d'octobre à juin, la seconde de septembre à avril. Le tempo est parfaitement syncopé : une semaine à l'IFA, une semaine en entreprise, sans suivre le rythme scolaire, et pour cause. En mai de la seconde année, examen final du BTS, un examen d'État. Le contrat avec l'entreprise étant de 24 mois, de date à date, le jeune le poursuit jusqu'à son terme. Suit l'insertion professionnelle dans l'entreprise d'accueil ou non, ou la poursuite d'études.
Les résultats obtenus grâce au contrôle continu ne pèsent pas dans l'examen final, mais peuvent contribuer au rattrapage. En cas d'échec, l'apprenti peut éventuellement refaire une année. Tout au long du parcours de formation, le jeune peut tabler sur un suivi extrêmement rapproché, en cours comme en entreprise. «Indispensable», souligne Philippe Authier. «La plupart connaissent des moments de fléchissement, c'est normal. Nous réagissons aussitôt, pour les soutenir». 
  

  «Qualif» à la place du «qualif» !
Cas d'école à Perinfo, Strasbourg
 

  
«Sur ma fiche de vœux quant à l'entreprise d'accueil, j'avais coché informatique, tourisme, et PME... Bingo ! Je suis entré chez Perinfo, qui conciliait le tout».

Aujourd'hui ingénieur commercial de cette société qui propose des logiciels dédiés à l'activité touristique, Charles Ehrhard est un «ancien» de l'opération «100 vendeurs».
Après une maîtrise en économie et gestion des entreprises, Charles souhaitait éprouver la pratique professionnelle. «Mon contrat de qualification chez Perinfo m'a permis de faire de la gestion et du commercial. Cela correspondait exactement à ce que je cherchais, et mon patron, Armand Perez, m'a constamment soutenu». Peu avare d'éloges, bien que sa formation remonte à 1997. «J'ai apprécié le côté terrain que je n'avais pas eu en fac. En revanche, je crois que la fac m'avait appris à me débrouiller seul, ce qui est un avantage pour un commercial».
Il se souvient d'une promo «de très grande qualité, copains et intervenants», et d'un rythme... « idéal. Trois jours en entreprise, deux en cours. Le rythme actuel, une semaine sur deux, permet moins aisément à un commercial de suivre les dossiers». C'est ce que constate Charles Ehrhard, ex-contrat de qualif, qui a récemment recruté Romain Carpano, nouveau contrat de qualif. Car pour mieux se consacrer à la conquête de marchés, Charles envisage, à terme, de se délester d'une partie de ses dossiers.

L'alternance arme les compétences
«Je me suis fié à l'IFV pour la pré-sélection. Recruter n'est pas facile, c'est un métier. Avec M. Perez, nous avons reçu 4 ou 5 candidats, sur 15 CV proposés. Par rapport à un recrutement traditionnel, je crois que l'avantage est de voir moins de personnes, mais davantage de profils intéressants !».
À 22 ans, Romain Carpano visait pour sa part des études courtes. «Je suis passé par la fac, mais je voulais m'assumer le plus vite possible». Au Pôle Formation CCI, il opte pour l'alternance, au détriment d'une voie classique. «À l'Institut des Forces de Vente, les profs sont des professionnels, ils nous font évoluer plus rapidement».
Pour l'heure, chez Perinfo, Romain assimile le contexte. «J'apprends ! Les logiciels, la vente, l'informatique...». Mais il s'est déjà rendu en clientèle : «Il y a trois mois, je n'aurais même pas imaginé le faire. Je crois que c'est la combinaison de la théorie et de l'entreprise qui nous arme ainsi». Et un tuteur réputé «extraordinaire», Charles, dont l'atout majeur est d'avoir suivi le même parcours.
   

   
  L'alternance, côté formateurs
 

Tous deux sont formateurs à l'IFA, tous deux ont
par ailleurs une activité professionnelle, mais leurs profils diffèrent.

Dès son installation à Strasbourg, il ya deux ans, Élisabeth Molyn propose au Pôle Formation CCI ses compétences en gestion des entreprises. Ce qu'elle enseigne depuis, aux étudiants de BTS assistant de direction, assistant de gestion, force de vente et assistant commercial. «J'ai adapté ma prestation, qui au départ, était un peu trop universitaire».
Si Élisabeth n'est pas en contact direct avec les entreprises qui accueillent ses étudiants, elle tient largement compte du statut spécifique de ces derniers. «Ils ont un pied dans la réalité. En cours, ils font le lien entre mes propos, et ce qu'ils pratiquent en entreprise. Ce qui donne matière à débats. Je leur montre que la théorie ne s'y applique pas totalement !». Élisabeth Molyn est convaincue que les élèves, une fois diplômés, se révèlent plus rapidement opérationnels et adaptables. «La formule de l'alternance nécessite en soi de la rigueur, et une bonne organisation».
Jean-Christophe Burgel, quant à lui,... est un ancien de la maison ! Il y a sept ans, son BTS Force de vente en poche, il est embauché dans son entreprise d'accueil, Kovacic, à Ernolsheim-sur-Bruche. Quelques années plus tard, l'IFA le sollicite pour participer à des jurys d'examen. Cette année, il passe à la vitesse supérieure, et intervient dans le suivi individuel des étudiants pour leur rapport d'activité. Son rôle ? Conseiller, entraîner ses 23 cadets à l'élaboration et à la présentation orale de leur rapport d'activité, qui clôture la formation. «Je suis leur évolution sur deux ans, je sais dans quelle entreprise chacun travaille et je connais les missions qui leur sont confiées». Jean-Christophe a pu aménager ses horaires de travail chez Kovacic, et apprécie de développer, à l'IFA, son savoir-faire. «C'est motivant et valorisant».
  

  Le parcours d'un jeune «vétéran»
Philippe Motsch, Maeva Voyages, Strasbourg
 

  
Philippe Motsch, la trentaine, est un tout jeune vétéran. Il mérite cependant ce titre pour avoir intégré la première promotion de l'IFA en 1990 !

«Au terme des deux ans de BTS, 16 des 22 étudiants de cette promotion 1990 s'étaient vus proposer un CDI dans leur entreprise d'accueil». Pour lui, il s'agissait du Crédit Mutuel Voyages. «Ce furent deux années assez denses, je l'avoue, même si les intervenants nous ménageaient quelque peu, compte tenu de notre double statut d'étudiants et de salariés. Et le Crédit Mutuel a joué le jeu». Il reconnaît néanmoins que certains de ses congénères ont eu le sentiment d'être «des salariés pas chers». «Les choses ont sans doute évolué, mais les entreprises doivent avoir conscience qu'elles accueillent un apprenti. Elles doivent surmonter l'antinomie entre leur logique de production, et la logique de formation que souhaite le jeune».
Son propre passage d'apprenti à celui d'attaché commercial s'est effectué en douceur. «La transition est naturelle. On a déjà commencé à faire nos preuves, on connaît l'environnement et le fonctionnement de l'entreprise, les collègues, et on bénéficie d'une certaine autonomie».
En 1995, il entre chez Maeva comme responsable commercial Lorraine, devient responsable des ventes en 1997. Aujourd'hui directeur régional de Maeva Voyages, Philippe Motsch entend bien «rendre la monnaie de la pièce à l'IFA. Si je peux recruter un collaborateur dans le cadre de l'alternance, ce sera très volontiers. Pour ma part, je considère avoir véritablement bénéficié d'une deuxième chance».
 

  Avec le CEFPI, une filière des métiers de l'immobilier... se construit !
 

  
«Le CEFPI n'a pas la prétention de maîtriser à la perfection le tissu économique des régions, ni, chez vous, la spécificité du droit local. Pour cette raison, je milite pour des partenariats locaux, tout particulièrement avec le réseau des CCI ». Directeur du CEFPI (Centre de formation pour l'immobilier), Malick Hammad s'emploie actuellement à constituer, en Alsace, une filière de formation aux métiers de l'immobilier. Avec le Pôle Formation, qui accueille la troisième promotion de négociateurs immobiliers, et, dès la rentrée prochaine, un BTS des professions immobilières, par alternance. Avec aussi, à court terme, une licence professionnelle immobilière. Par ailleurs, le CEFPI mène régulièrement des actions ciblées, en partenariat avec les OPCA, organismes collecteurs.
Fondé en 1974 à Paris, le CEFPI est l'un des organismes français agréés par la Commission nationale pour l'emploi et la formation dans l'immobilier. Parmi ses domaines de prédilection, la branche transaction-négociation, la gestion immobilière, l'immobilier d'entreprise et l'immobilier social. « Nous formons un public large, depuis les gardiens de prévention et de gestion d'immeubles, jusqu'aux conseillers de la Cour des Comptes. En passant par les Bac et +, pour des formations qualifiantes et diplômantes ». Les ancrages régionaux du CEFPI sont nombreux, sur le même principe qu'à Strasbourg. « Le CEFPI apporte son savoir professionnel. Quant aux formateurs, ils représentent un mélange dosé d'intervenants locaux et parisiens ».
Sans doute parce qu'à l'instar du Pôle Formation, Malick Hammad prône la réactivité - « le CEFPI peut faire du sur-mesure à tout moment » -, la symbiose est manifeste entre les deux partenaires. « Les CCI sont à mon sens les meilleurs relais pour l'emploi ». La collaboration ne s'arrête pas à la formation initiale. « Nous réalisons, également au Pôle, des formations « Flash » d'une journée, à destination des professionnels. Les thèmes sont d'actualité immédiate : loi Besson, loi Solidarité et renouvellement urbain, … Il y a un fort potentiel sur la formation continue immobilière, à Strasbourg ! ».


  

  Match et le Pôle Formation, dix ans de partenariat
 

   
En 1991, nous avions bâti avec l'IFV une formation de responsables de rayon», se souvient Bertrand Siest, responsable de formation de la société Match. Les années passent, la demande évolue, et désormais, deux programmes coexistent. «Gestionnaire commercial», accessible avec un bac, est une formation de niveau III. «Manager de secteur» est destiné aux Bac + 2.
«Cela correspond à notre politique de classes pépinières», souligne Bertrand Siest. «Match a besoin de sang neuf, de jeunes formés, il nous faut aussi faire face aux ouvertures de magasins». Les jeunes en contrat de qualification, recrutés avec l'IFV, alternent théorie et pratique en magasin sur l'Alsace, une partie de la Lorraine, ainsi que sur la Franche-Comté. «Les référentiels de ces formations ont été adaptés à notre culture d'entreprise et à nos besoins. De fait, la formule est parfaitement en phase avec notre réalité». La réussite implique une embauche en CDI, accompagnée d'une formation complémentaire, en interne.
Ces cursus ont accueilli une centaine d'étudiants au total. «Les 2/3 sont encore chez Match, certains, à 27 ou 30 ans, sont directeurs de magasins». La clé du succès ? «L'IFV et nous cultivons une connaissance et une confiance mutuelles. C'est le plus important. Au-delà, l'IFV nous apporte son savoir-faire en formation théorique et un fort suivi de terrain».

   
  L'alternance pour préparer la relève
 

   
Classiquement, Laurent Giubilei, directeur général de Gyss et Giubilei, a tout d'abord tenté de recruter des commerciaux par petites annonces. Mais le recours à l'alternance lui est rapidement apparu éminemment plus pertinent. « Dans la mesure où certains de nos commerciaux approchent de la retraite, il était opportun de préparer la relève en formant nous-mêmes. Cela pour aménager la transition, et aussi pour favoriser la transmission du savoir-faire de ces collaborateurs ».
Et voilà comment Sébastien Branger et Mickaël Pfirsch, désormais étudiants de la même promo de BTS Force de Vente à l'IFA, ont intégré cette entreprise schillickoise de 23 personnes. Une entreprise de conception et installation de cuisines et blanchisseries, respectivement destinées à l'hôtellerie-restauration haut de gamme et aux collectivités de la santé.

Un recrutement raisonné
« Mickaël a rejoint la partie conception de notre activité blanchisserie. Il démarre par une approche plutôt technico-commerciale, car le matériel est complexe. Sébastien, à l'inverse, commence par la relation client, au sein de l'activité cuisines. Il a entamé la prospection ! Mais tous deux approcheront l'ensemble des fonctions de l'entreprise ». À produits et marchés différents, stratégie différente… Manifestement, la réflexion de Laurent Giubilei est raisonnée de bout en bout.
Laurent Giubilei a assorti ses recrutements d'une promesse d'embauche, « s'ils le souhaitent ! ». L'objectif, pour Gyss et Giubilei, est bel et bien de monter en puissance. « Mais doucement, pour que le service offert aux clients demeure de qualité ».
  

  Une «junior» témoigne
Fatima Mendes, Cuisines Mentele, Strasbourg
    
Avide de polyvalence, Fatima Mendes a très tôt été séduite par le BTS d'assistante de gestion, bien avant de l'entreprendre à l'IFA.

L'alternance lui colle à la peau, «c'est idéal de suivre une formation et de travailler en même temps». En contrat avec les Cuisines Mentele, Fatima s'apprête à créer un poste qui n'existait pas dans le show-room strasbourgeois. «J'ai déjà mis en place plusieurs outils administratifs et commerciaux, en matière de facturation et de devis. Et ce sont des outils que j'ai acquis en cours». À ses yeux, la complémentarité cours/entreprise est totale et les apports réciproques, grâce, notamment, à un tuteur qui l'encadre parfaitement. «Et j'ai ce rôle très diversifié qui correspond bien aux critères de mon BTS».
Au terme de sa formation, «si tout se passe bien !», Fatima aura, «un diplôme, un salaire, et un métier. Ce bagage professionnel, c'est exactement ce que je souhaitais».
  
  Tuteur, une fonction qui s'apprend...
 

   
Référent du jeune au sein de l'entreprise, le tuteur (ou maître d'apprentissage) est son interlocuteur majeur. Il est aussi l'interlocuteur du chargé de relation-entreprise du Pôle Formation. Une fonction d'accompagnement, de cadrage et d'interface, synonyme d'un investissement non négligeable de la part du salarié qui l'endosse, en plus de ses propres activités.
À la direction des ressources humaines de France Télécom, Marie-Christine Crozet est chargée de l'alternance, et, entre autres, de l'animation du réseau de tuteurs et maîtres d'apprentissage «Ce sont des professionnels chevronnés. Actuellement, ils sont 34 sur toute l'Alsace, autant que de jeunes en formation chez nous». Une tâche qu'elle sait prenante : «Les collaborateurs qui encadrent les BTS Action commerciale, par exemple, doivent faire tourner les étudiants dans divers services, les soutenir, veiller que leurs activités correspondent aux besoins de la formation. C'est très accaparant». Marie-Christine Crozet a elle-même assisté à une session de formation des tuteurs au Pôle Formation CCI. «Cette année, nos nouveaux tuteurs en auront tous bénéficié».
Pour l'Agefos-PME Alsace, la qualité du tutorat apparaît de fait comme garante de la réussite de l'alternance. «Le tuteur est au centre de la relation entre le chef d'entreprise, le jeune salarié en contrat de qualification, et l'organisme de formation», indique Karol Steca. L'Agefos-PME Alsace a ainsi initié, il y a trois ans, cette formation ouverte de tuteurs, mise en œuvre par le Pôle Formation CCI. «Il s'agit d'accompagner, au moyen d'outils spécifiques, ces salariés dont la mission est d'intégrer les jeunes et de leur transmettre les savoir-faire propres à l'entreprise». Une démarche qui contribue à réduire les ruptures de contrats, car il apparaît bel et bien qu'elles sont le plus souvent liées à l'encadrement du jeune.

  Partenaires de l'alternance, ensemble, et d'une même voix…
    
En amont de l'alternance, il y a la Région Alsace, qui élabore la carte formation des CFA (Centres de formation d'apprentis), signe les conventions avec les établissements de formation, et procède à l'ouverture et à la fermeture des sections.
Un rôle qui tient compte, bien évidemment, des besoins, et colle aux demandes des branches professionnelles de chaque région de France.
Autre volet majeur de l'intervention de la Région, le financement des CFA, qui s'effectue sur ses fonds propres. Reste une mission « d'impulsion », que l'on méconnaît bien souvent. Ainsi, depuis quelques années, la Région Alsace prend la tête de campagnes de promotion de l'apprentissage, menées conjoin-tement par tous les acteurs de l'alter-nance. En conviant jeunes et parents à s'informer, comme lors de la Semaine de l'Apprentissage en novembre. Ou encore, en allant au devant du public, dans les établis-sements scolaires, les salles communales ou les centres commerciaux.

Une démarche inédite
Une autre approche, récemment initiée par la Région Alsace et largement soutenue par les branches professionnelles, vise à favoriser la rencontre entre jeunes et entreprises. Par des encarts spécifiques « petites annonces » dans la presse quotidienne régionale, et via des affichettes et des autocollants à apposer dans les magasins et entreprises, pour signaler la recherche d'apprentis. Les petites annonces des jeunes et des entreprises figurent sur le site de la Région Alsace d'Alsace, qui servira de relais pérenne à cette démarche inédite.

[ Pour en savoir plus ]
/www.region-alsace.fr,
cliquer sur la rubrique formation, puis apprentissage, ou, pour accéder directement aux demandes des jeunes (environ 150 à la fin mars)
www.region-alsace.fr/apprenti

 www.strasbourg.cci.fr
 www.pole-formation-cci.org
 www.region-alsace.fr
 Contact CCI
 
s.sibieude@strasbourg.cci.fr
 

Analyse
Alain BERTRAND, Vice-Président de la CCI,
en charge de la formation
L'alternance, pour recruter au mieux

S'il est un vœu que l'on peut formuler, en point d'orgue à ce dossier, c'est que l'alternance connaisse, en ce nouveau millénaire, les lettres de noblesse qu'elle mérite. Non que cette approche de formation résolument offensive, qui mêle théorie et pratique professionnelle, soit dénigrée. Bien au contraire. Tant les entreprises d'accueil que les jeunes engagés dans cette voie exigeante se louent d'y avoir songé. Simplement, l'alternance souffre encore d'un déficit d'information quant à l'étendue des qualifications offertes, du CAP au diplôme d'ingénieur.
En l'état, la formule de l'alternance doit surmonter 60 ans d'histoire, une histoire qui associait indéfectiblement apprentissage et bas niveaux de qualification. Aujourd'hui, et sans doute plus que jamais, alors que certains secteurs d'activité peinent à recruter, il importe que l'alternance se définisse en termes de gestion prévisionnelle des compétences, tout particulière-ment dans les PME. Il importe aussi d'offrir d'autres formes de transmission des savoir-faire à des jeunes qui ne se prêtent pas obligatoirement à l'enseignement traditionnel.
Accueillir un candidat à l'alternance, c'est transmettre en douceur, progressivement, un savoir-faire et une culture d'entre-prise. C'est capitaliser sur un jeune qui, une fois diplômé, sera déjà intégré. Ce peut être aussi, dans des métiers très tendus, capter très en amont un profil prometteur. Sans négliger le fait que l'entreprise bénéficie, via sa jeune recrue, de l'apport de techniques et de méthodes innovantes.
Depuis plusieurs années, la CCI, avec le Pôle Formation, a fait le pari de l'alternance. Depuis 10 ans, le CFA de la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin - l'IFA - a démontré que l'apprentissage n'est pas un parcours «au rabais», car il affiche d'excellents résultats. Tant aux examens, qui sont supérieurs à la moyenne académique, que pour l'insertion professionnelle des jeunes.
Les chefs d'entreprise, élus de la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin, ont estimé que c'est en dispensant en alternance l'enseignement sanctionné non seulement par les diplômes de l'Éducation Nationale mais aussi par les titres du Réseau des Chambres, et
comme opérateur de nombreuses formations, que la CCI assumait pleinement sa mission de réponse aux besoins de qualifications et de compétences des entreprises.
Mission complémentaire à celle de partenaire direct de la politique publique de formation : collecte de la taxe d'apprentissage, promotion de l'alternance et de l'apprentissage, formation des demandeurs d'emploi, et des salariés, orientation et insertion des jeunes. Car la finalité, c'est bien l'ajustement permanent aux besoins des entreprises et du marché de l'emploi.

Sondage Sofres
Qu'est-ce qui fait courir les jeunes diplômés alsaciens ?

À la question :
«où aimeriez-vous travailler pour votre premier emploi
ou pour le prochain emploi auquel vous postulerez ?»
,
42 % des jeunes strasbourgeois interrogés par la Sofres ont choisi la fonction publique (contre 34 % sur l'ensemble des villes françaises).
34 % ont choisi la grande entreprise (contre 38 % au plan national). Un attrait qui ne doit pas être considéré comme une fonction de repli, mais comme une logique de vocation.
Dans l'ensemble, les résultats de ce sondage, qui sont
d'une disparité relative selon les régions, font néanmoins apparaître une gamme de motivations professionnelles
plus étendues que le seul intérêt du salaire.
À Strasbourg, on cherche avant tout un métier ou un secteur d'activé (67 %) : les jeunes diplômés le situent en premier dans l'enseignement, en deuxième dans l'environnement
et en troisième ex-aequo dans l'informatique-nouvelles technologies-télécoms et les secteurs transports-tourisme. Ensuite, les éléments qui priment sont l'ambiance à l'intérieur de l'entreprise (47 %) et le salaire (46 %).
Ces trois critères se confirment au plan national, dans
un ordre inversé : salaire (54 %), secteur d'activité (51 %)
et ambiance (34 %).

Bravo pour l'esprit d'entreprendre :
41 % des jeunes strasbourgeois envisagent très sérieusement de créer une affaire, mais plutôt à long terme (34 % sur l'ensemble des villes). La mobilité devient partie intégrante de la vie professionnelle, puisque 58 % de ces jeunes ont le sentiment qu'ils seront amenés à changer fréquemment d'entreprise (le résultat vaut pour l'ensemble des villes). Par contre, les strasbourgeois sont plus nombreux à vouloir rester durant de longues périodes
dans le même emploi

Côté offre de formation, les strasbourgeois sont satisfaits de l'offre de formation existante (88 % des réponses, contre 77 % sur l'ensemble des villes). Les filières considérées comme les plus performantes sont, dans l'ordre, l'économie/gestion, les écoles d'ingénieurs, la médecine et la pharmacie. Par contre, un reproche commun à l'ensemble des villes est l'insatisfaction (65 % sur Strasbourg, 70 % sur la France) par rapport aux passerelles développées entre les écoles/ universités et les entreprises. L'appréciation de l'enseignement supérieur est plus mitigée : 50 % des strasbourgeois considèrent qu'il est suffisamment tourné vers l'international (ils sont 33 % sur l'ensemble des villes ainsi que vers les nouvelles technologies.

Cette enquête initiée par le Journal Le Monde, qui a affrété un Train de l'Emploi pour parcourir 11 villes françaises, a été menée auprès d'un échantillon de 550 étudiants du supérieur et jeunes actifs diplômés du supérieur, interrogés face à face dans ces mêmes villes (Strasbourg, Lille, Rennes, Nantes, Poitiers, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Montpellier, Lyon, Paris).

"En 2000, la CCI du Bas-Rhin a consacré 3,9 MF d'IATP* à la promotion de l'alternance, et à l'information-conseil sur les parcours de formation, notamment par apprentissage."
* impôt additionnel à la taxe professionnelle

Le tuteur et le maître d'apprentissage sont au centre de la relation entre le chef d'entreprise, le jeune en contrat par alternance, et l'organisme de formation.

L'aide au recrutement, pour soulager l'entreprise
«L'entreprise n'est évidemment pas soumise au même calendrier qu'un jeune candidat, et peut nous solliciter à tout moment pour recruter», explique Philippe Authier, responsable à l'IFA. Les campagnes de promotion autour de l'alternance sont certes renforcées entre avril et fin juillet, mais n'ont aucun caractère impérieux. «Nous affinons la recherche selon les profils requis par l'entreprise, à condition qu'ils ne soient pas discriminatoires, et transmettons les CV appropriés». L'entreprise reçoit alors un ou plusieurs candidats, à sa guise. À ce propos, reportez-vous au témoignage de Charles Ehrhard, ingénieur commercial chez Perinfo.

L'alternance au Pôle Formation CCI...
... est une combinaison d'expertises. L'offre alternance réunit en effet l'Institut de formation par alternance (CFA de l' IFA), et l'Institut des forces de vente (IFV), Quant aux formations industrielles, elles trouvent leur place à Compétences et Formation à Eschau.

- Formations qualifiantes et diplômantes, de niveau IV et III, autour des métiers de l'action commerciale, de la distribution et de la vente. Exemples : technicien des forces de vente, technico-commercial de la santé, négociateur immobilier, technicien supérieur du commerce, BTS action commerciale, ...
- Formations diplômantes de niveau III et II en gestion et administration des entreprises. Exemples : BTS comptabilité-gestion, BTS assistant de gestion, BTS assistant de gestion de PME-PMI, DECF (Diplôme d'études comptables et financières).
Le Pôle Formation CCI, c'est aussi la filière internationale Bac + 4 MIM (Management international et marketing), validée par un titre homogué par l'État. MIM peut également se préparer en alternance, sous contrat de qualification.
Le Pôle Formation CCI, abrite enfin le COE (Conseil Orientation Emploi), qui regroupe :
- la promotion et la gestion de l'apprentissage
- la formation de maîtres d'apprentissage et de tuteurs
- le Centre de Bilans de Compétences
- le «POINT A» Information-Conseil
- le Service Emploi Formation, service de réinsertion par l'économique des bas niveaux de qualification

[ Pour en savoir plus ]
Pôle Formation CCI, 03 88 43 08 00
www.pole-formation-cci.org

CEFPPA : 8 certificats de management en hôtellerie-restauration
Ils étaient huit à recevoir leurs certificats des mains de leur parrain, Robert Dollinger, Président de la Commission Régionale Paritaire Formation de l'industrie hôtelière. 8 stagiaires, hommes et femmes issus du métier de l'hôtellerie-restauration, exerçant ou amenés à exercer leur activité en Alsace. De Strasbourg à Drusenheim, en passant par La Petite Pierre et jusqu'à Ribeauvillé, ils n'ont pas lésiné à investir de leur temps ! Ce cycle de management en hôtellerie-restauration est une formation soutenue par la Région Alsace, initiée par le CEFPPA, la CCI, le Groupement des Hôteliers-Restaurateurs et l'IECS. «Un montage intéressant et original entre un centre de formation professionnel et une école universitaire », a souligné Francis Schillio, secrétaire général de la Fondation IECS. Au programme de ces deux ans (la deuxième promotion a démarré en janvier 2000), de la gestion, de
la communication, de la commercialisation et de l'organisation d'entreprise. Des composantes incontournables pour développer un plan de carrière et se perfectionner dans l'industrie hôtelière.

Contrat d'apprentissage et contrat de qualification
Deux dispositifs de l'alternance
C'est pour l'essentiel le mode de financement qui différencie le contrat d'apprentissage et le contrat de qualification. Ainsi, le contrat d'apprentissage, à caractère public, est financé par la taxe d'apprentissage et diverses subventions. Pour sa part, le contrat de qualification, d'ordre privé, est financé par les OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés). C'est l'employeur qui décide du dispositif le plus adapté à ses besoins. Enfin, précision d'importance, pour tout apprenti titulaire d'un diplôme de niveau V, l'entreprise de moins de 20 salariés bénéficie d'une aide à l'embauche. Dans tous les cas, une prime à l'effort de formation est versée à l'entreprise.


Petit lexique de l'alternance
Formation diplômante :

Formation sanctionnée par un diplôme d'état comportant habituellement des contenus généraux et professionnels.
Elle se réalise soit dans le cadre d'un contrat d'apprentissage, soit dans le cadre d'un contrat de qualification.

Formation qualifiante :
Formation plus rapide, principalement axée sur les contenus professionnels et débouchant habituellement sur une qualification reconnue par un titre ou un certificat de qualification professionnelle. Elle se réalise en contrat de qualification.
• Niveau V : CAP
• Niveau IV : Baccalauréat
• Niveau III : BTS/DUT (Bac + 2 )
• Niveau II : DECF/ Maîtrise (Bac + 4)
• Niveau I : Ingénieur, 3e cycle (bac+ 5 et au-delà)

     
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