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Choisis
à titre individuel et nommés pour trois ans par décret
du Premier Ministre sur proposition du Ministre du Commerce extérieur,
les conseillers du commerce extérieur (CCE) sont de hauts
responsables d'entreprises représentatifs de l'industrie
régionale, reconnus pour leur compétence et leur expérience
à l'international. Ils sont 3350 présents en France
et sur l'ensemble des marchés étrangers. Le comité
alsacien en compte une soixantaine.
Rencontre avec leur président : Bernard Hébert.
Quel est votre rôle de président ?
[Bernard Hébert]
Je joue un rôle d'animateur, de facilitateur, de mentor afin
de permettre aux CCE de travailler ensemble. Autrement dit, j'essaye
de faire en sorte que les patrons de très petites entreprises
collaborent avec ceux des PME-PMI, et réciproquement.
De quelle mission est investi un CCE ?
[Bernard Hébert]
Tout d'abord, il conseille bénévolement les Pouvoirs
Publics dans l'élaboration de la politique française
du commerce extérieur. Il est un relais entre les hommes
d'entreprises et le gouvernement. Il l'informe par exemple des législations
qui freinent l'exportation, par le biais de la Direction Régionale
du Commerce Extérieur, de notre comité national ou
des députés et des sénateurs.
Ensuite, il doit convaincre, inciter d'autres entreprises à
avoir le courage d'exporter à leur tour. Il transmet sa propre
expérience de l'export. En ce sens, il renforce le travail
des Chambres de Commerce et d'Industrie à l'international.
Enfin, il oeuvre pour mobiliser les jeunes à élire
des carrières internationales dans les collèges, les
lycées et les universités. Il leur explique combien
travailler à l'étranger est enrichissant tant pour
la nation que pour l'entreprise et l'individu.
Jouez-vous un rôle politique ?
[Bernard Hébert]
Absolument pas. Nous défendons nos affaires d'entrepreneurs.
Quelle évolution avez-vous observé au sein de
ce comité ?
[Bernard Hébert]
La coopération entre les acteurs qui agissent en faveur des
exportations alsaciennes s'est accrue. Mon prédécesseur
avait déjà instauré la «bande des quatre».
Celle-ci a donné lieu à la création d'un G7
du commerce international alsacien. Il réunit une fois par
mois, les CCI de Strasbourg, Colmar, Mulhouse, la CRCIA, la Région
Alsace, la Direction Régionale du Commerce Extérieur,
et les CCE. Nous mutualisons nos ressources tout en étant
chacun indépendant. Cette coordination est, il me semble,
unique en France. Nous souhaitons à présent passer
à une étape supérieure en élargissant
le G7 au MEDEF international, à la Chambre de Métiers
et à la Chambre d'Agriculture. Ils sont eux aussi concernés
par le commerce international.
Le comité des CCE de la région Alsace s'est réuni
en Assemblée générale le 24 janvier dernier.
Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour l'année
à venir ?
[Bernard Hébert]
Le secrétaire d'État au commerce extérieur
a souhaité il y a un an, mobiliser les entreprises autour
de deux concepts : les ateliers techniques régionaux (ATR)
et à partir de là, les plans d'actions régionaux
pour le développement international (PARDI). Patricia Pouliquen,
la Directrice régionale du Commerce extérieur vous
l'expliquera mieux que moi !
[Patricia
Pouliquen]
Le but est de créer de nouveaux partenariats entre les Chambres,
la Région et l'État et d'insuffler une dynamique aux
échanges internationaux. En Alsace nous avons choisi de travailler
sur les secteurs de la machine outil-mécanique, la chocolaterie
-confiserie, les biotechnologies, les nouvelles technologies de
l'information et de la communication, les instruments de musique
en collaboration avec la Chambre des Métiers, la filière
automobile, les éco-industries et peut-être l'emballage
et les arts de la table.
Après avoir identifié et réuni des entreprises
d'une même branche [des entreprises régionales d'envergure
mondiale et des primo-exportateurs], on peut alors élaborer
des programmes d'actions collectives, sur deux ou trois ans. Il
ne s'agit pas de nouveaux modes de financement mais d'une synergie
qui met à contribution toutes les compétences régionales
en matière de commerce international. L'idée est d'inciter
des professionnels qui travaillent dans le même secteur, à
se présenter collectivement sur un salon par exemple.
D'où une plus grande efficacité...
[Bernard Hébert]
Oui, la mise en place des ATR et des PARDI va aussi nous permettre
de cibler davantage nos efforts à l'international.
Vous venez d'énoncer deux axes de développement
insufflés par la politique gouvernementale. Qu'avez-vous
décidé entre vous sur un plan plus local ?
[Bernard Hébert]
L'efficacité du comité des CCE repose sur une gestion
systématique et méthodologique comparable à
celle d'une entreprise, avec des objectifs et un contrôle
de ces objectifs. Il repose aussi sur le recrutement. Nous souhaitons
à ce titre, grossir nos effectifs d'une quinzaine de conseillers
supplémentaires avec des femmes, des haut-rhinois et des
représentants de nouveaux secteurs d'activités : les
TIC* et l'engineering par exemple. Plus nombreux nous serons, plus
le comité national nous écoutera. Nous devons également
accepter de prendre des responsabilités à la demande
et au sein des Chambres de Commerce, de Métiers, des organisations
patronales.
À votre avis, de quelle image bénéficie
l'équipe alsacienne des CCE sur la carte de France ?
[Bernard Hébert]
Nous sommes une petite équipe, très motivée,
dont le travail semble intéresser un grand nombre de gens
concernés par le commerce extérieur. La preuve, ils
étaient tous présents lors de notre assemblée
générale.
* Technologies de l'Information et de la Communication
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