Les archives du Point Eco de la CCI
n°203
Mars 2001


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Le bénéfice de l'expérience
 

Choisis à titre individuel et nommés pour trois ans par décret du Premier Ministre sur proposition du Ministre du Commerce extérieur, les conseillers du commerce extérieur (CCE) sont de hauts responsables d'entreprises représentatifs de l'industrie régionale, reconnus pour leur compétence et leur expérience à l'international. Ils sont 3350 présents en France et sur l'ensemble des marchés étrangers. Le comité alsacien en compte une soixantaine.
Rencontre avec leur président : Bernard Hébert.

Quel est votre rôle de président ?
[Bernard Hébert]
Je joue un rôle d'animateur, de facilitateur, de mentor afin de permettre aux CCE de travailler ensemble. Autrement dit, j'essaye de faire en sorte que les patrons de très petites entreprises collaborent avec ceux des PME-PMI, et réciproquement.

De quelle mission est investi un CCE ?
[Bernard Hébert]
Tout d'abord, il conseille bénévolement les Pouvoirs Publics dans l'élaboration de la politique française du commerce extérieur. Il est un relais entre les hommes d'entreprises et le gouvernement. Il l'informe par exemple des législations qui freinent l'exportation, par le biais de la Direction Régionale du Commerce Extérieur, de notre comité national ou des députés et des sénateurs.
Ensuite, il doit convaincre, inciter d'autres entreprises à avoir le courage d'exporter à leur tour. Il transmet sa propre expérience de l'export. En ce sens, il renforce le travail des Chambres de Commerce et d'Industrie à l'international.
Enfin, il oeuvre pour mobiliser les jeunes à élire des carrières internationales dans les collèges, les lycées et les universités. Il leur explique combien travailler à l'étranger est enrichissant tant pour la nation que pour l'entreprise et l'individu.

Jouez-vous un rôle politique ?
[Bernard Hébert]
Absolument pas. Nous défendons nos affaires d'entrepreneurs.

Quelle évolution avez-vous observé au sein de ce comité ?
[Bernard Hébert]
La coopération entre les acteurs qui agissent en faveur des exportations alsaciennes s'est accrue. Mon prédécesseur avait déjà instauré la «bande des quatre». Celle-ci a donné lieu à la création d'un G7 du commerce international alsacien. Il réunit une fois par mois, les CCI de Strasbourg, Colmar, Mulhouse, la CRCIA, la Région Alsace, la Direction Régionale du Commerce Extérieur, et les CCE. Nous mutualisons nos ressources tout en étant chacun indépendant. Cette coordination est, il me semble, unique en France. Nous souhaitons à présent passer à une étape supérieure en élargissant le G7 au MEDEF international, à la Chambre de Métiers et à la Chambre d'Agriculture. Ils sont eux aussi concernés par le commerce international.

Le comité des CCE de la région Alsace s'est réuni en Assemblée générale le 24 janvier dernier. Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour l'année à venir ?
[Bernard Hébert]
Le secrétaire d'État au commerce extérieur a souhaité il y a un an, mobiliser les entreprises autour de deux concepts : les ateliers techniques régionaux (ATR) et à partir de là, les plans d'actions régionaux pour le développement international (PARDI). Patricia Pouliquen, la Directrice régionale du Commerce extérieur vous l'expliquera mieux que moi !

[Patricia Pouliquen]
Le but est de créer de nouveaux partenariats entre les Chambres, la Région et l'État et d'insuffler une dynamique aux échanges internationaux. En Alsace nous avons choisi de travailler sur les secteurs de la machine outil-mécanique, la chocolaterie -confiserie, les biotechnologies, les nouvelles technologies de l'information et de la communication, les instruments de musique en collaboration avec la Chambre des Métiers, la filière automobile, les éco-industries et peut-être l'emballage et les arts de la table.
Après avoir identifié et réuni des entreprises d'une même branche [des entreprises régionales d'envergure mondiale et des primo-exportateurs], on peut alors élaborer des programmes d'actions collectives, sur deux ou trois ans. Il ne s'agit pas de nouveaux modes de financement mais d'une synergie qui met à contribution toutes les compétences régionales en matière de commerce international. L'idée est d'inciter des professionnels qui travaillent dans le même secteur, à se présenter collectivement sur un salon par exemple.

D'où une plus grande efficacité...
[Bernard Hébert]
Oui, la mise en place des ATR et des PARDI va aussi nous permettre de cibler davantage nos efforts à l'international.

Vous venez d'énoncer deux axes de développement insufflés par la politique gouvernementale. Qu'avez-vous décidé entre vous sur un plan plus local ?
[Bernard Hébert]
L'efficacité du comité des CCE repose sur une gestion systématique et méthodologique comparable à celle d'une entreprise, avec des objectifs et un contrôle de ces objectifs. Il repose aussi sur le recrutement. Nous souhaitons à ce titre, grossir nos effectifs d'une quinzaine de conseillers supplémentaires avec des femmes, des haut-rhinois et des représentants de nouveaux secteurs d'activités : les TIC* et l'engineering par exemple. Plus nombreux nous serons, plus le comité national nous écoutera. Nous devons également accepter de prendre des responsabilités à la demande et au sein des Chambres de Commerce, de Métiers, des organisations patronales.

À votre avis, de quelle image bénéficie l'équipe alsacienne des CCE sur la carte de France ?
[Bernard Hébert]
Nous sommes une petite équipe, très motivée, dont le travail semble intéresser un grand nombre de gens concernés par le commerce extérieur. La preuve, ils étaient tous présents lors de notre assemblée générale.

* Technologies de l'Information et de la Communication

 www.strasbourg.cci.fr
 www.alsace-export.com
 www.telexport.tm.fr
 

Bernard Hébert en quelques lignes

Il est le Vice-Président Directeur général de Stracel S.A. depuis 1992. Il est aussi administrateur de la Chambre de Commerce française en Suède et de la Chambre de commerce finlandaise en France.
Il a débuté sa carrière en 1968 comme responsable du marketing des silicones chez Rhône-Poulenc. En 1980, il devient directeur général d'une usine du groupe en Suède. Il y restera
6 ans. En 1986, il rejoint la société chimique suédoise Nobel Industries Sweden comme directeur Général pour la France
des activités «colles et peintures».
Il parle l'anglais, le suédois et l'allemand.

Les trois sites Internet du Commerce International

• Pl@net-export
Le site du Centre Français du Commerce Extérieur (CFCE).
www.cfce.fr

• Le fichier officiel des importateurs et exportateurs français réalisés par les CCI à partir de l'enquête annuelle du commerce international.
/www.telexport.tm.fr

• Le site du commerce international de la CCI
/www.alsace-export.com



     
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