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SELESTAT |
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Bassin d'emploi |
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Après les études, l'action
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La pénurie de main-d'uvre et le chômage qui
coexistent sur le bassin d'emploi de Sélestat ont incité
la CCI à y mener une étude afin de déceler
les besoins en compétence des entreprises et prendre des
mesures en conséquence.
Une enquête alliant données quantitatives et qualitatives
a ainsi été menée par le département
Conseil, orientation, emploi de la CCI. Un échantillon de
150 entreprises sur les 559 entreprises de moins de 49 salariés
a été construit en tenant compte de cinq secteurs
d'activités : l'artisanat, le commerce, les sociétés
de services, l'industrie et l'hôtellerie-restauration. 92
chefs d'entreprise ont répondu à 49 questions portant
sur la gestion des ressources humaines, les compétences,
le recrutement et les perspectives d'actions. En voici les principaux
résultats : 58 % des entreprises enquêtées sont
de type familial. « Dans ce modèle, explique Patricia
Kinnel, socio-démographe, l'analogie qui peut être
établie entre le chef d'entreprise et le chef de famille
permet d'éclairer le sens de sa gestion des ressources humaines.
»
En raison de leur taille, la quasi-totalité des entreprises
interrogées (94 %) n'ont pas de responsable ou de chargé
des ressources humaines. Cette fonction est le plus souvent assurée
par le chef d'entreprise lui-même avec l'aide d'un cabinet
comptable ou d'une secrétaire.
Les compétences, une notion encore floue
Difficile de définir le terme de compétences. «
Tout dépend du chef d'entreprise, remarque Josée Cailler,
responsable du GIE. Plus son niveau est élevé, plus
il recherchera un potentiel, c'est-à-dire la conjugaison
d'un savoir, savoir-être et savoir-faire ; moins son niveau
est élevé et plus il recherchera un savoir-faire.
» Ainsi, pour 58 % des personnes interrogées, être
compétent signifie être expérimenté tandis
que 39 % estiment que c'est être à la fois expérimenté
et diplômé.
Cette difficulté à définir les compétences
se répercute sur la gestion des ressources humaines. «Nous
leur avons demandé, par exemple, poursuit Josée Cailler,
de définir les métiers dont ils avaient besoin ainsi
que leur nombre. Plus loin dans le questionnaire, nous leur avons
demandé d'indiquer leur besoin en postes. Nous nous sommes
aperçus, en faisant des croisements, qu'ils surqualifiaient
les postes à pourvoir. »
En matière de recrutement, près de 75 % des chefs
d'entreprise interrogés signalent des difficultés
de recrutement. Manque de candidats dans la région, image
du métier ou manque de motivation en seraient les principales
raisons. « Quand ils parlent de région, souligne Didier
Kahn, directeur du département conseil, orientation, emploi
de la CCI, il s'agit en réalité du territoire de leur
canton. Globalement, le candidat idéal, compétent
et motivé, sera considéré comme un enfant de
la famille. »
Les suites à donner
Un observatoire des emplois et des compétences arrive en
bonne place dans les vux des chefs d'entreprise. Sa création,
prévue pour 2001, devrait permettre de répondre à
leurs attentes et de mener des études sur le long terme.
Une aide en amont dans la gestion des ressources humaines et la
constitution d'un groupe de réflexion seraient aussi des
hypothèses d'action. C'est pourquoi la CCI a constitué,
dès janvier 2001, un groupe de réflexion et de suivi
des actions composé de 12 chefs d'entreprise volontaires.
Elle organisera, dès le second trimestre 2001, des actions
de formation à la gestion des ressources humaines pour les
dirigeants de TPE-PME.
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Témoignages |
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Formation
inadéquate |
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Corinne
Avitabille dirige un magasin de vêtements pour hommes et femmes
à Sélestat. Elle emploie 9 salariés.
« Il est de plus en plus difficile de trouver des vendeuses
qui ont les compétences nécessaires pour la vente assistée,
surtout maintenant que l'on va passer aux 35 heures... Dans la vente
assistée, il faut savoir parler, accueillir, conseiller, vendre.
Or, aujourd'hui, les vendeuses ne sont plus formées. Celles
qui travaillent en hypermarchés ou dans des magasins franchisés
ne savent faire que du rangement... »
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La
voie de l'apprentissage |
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À
Sélestat, Francis Schoepff est à la tête d'une
entreprise familiale qui se compose de deux magasins de chaussures.
« Dans mon secteur, la vente assistée, il n'y a pas
36 solutions. Soit vous débauchez quelqu'un dans une autre
entreprise, mais ce n'est pas dans mes habitudes, soit vous le formez
par l'apprentissage. Je fonctionne avec un apprenti par magasin. L'apprenti
ne peut apprendre que s'il est entouré de gens qui savent vendre.
J'ai toujours gardé les jeunes qui étaient en apprentissage
chez moi. Le problème est de ne pas se tromper au moment de
l'embauche d'un apprenti, sinon on s'engage dans une galère
qui dure deux ans... »
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Le
biais de l'intérim |
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Reiko,
entreprise spécialisée en peinture industrielle, emploie
20 salariés. Son directeur, Maurice Reibel, recherche des sableurs.
« La technique du sablage consiste à mettre à
nu le métal, à le dérouiller, puis à le
repeindre. C'est un métier pénible qui s'apprend sur
le tas. En général, on recherche un peintre en bâtiment
pour le former à cette technique. Mais bien que les rémunérations
soient bonnes, nous avons beaucoup de mal à trouver du personnel.
Nous avons embauché deux intérimaires que nous avons
gardés finalement. Il est sûr que si une personne valable
se présentait, on la prendrait. »
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Changer
les mentalités ? |
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Après
30 ans d'expérience à l'étranger, André
Grossiord a posé ses valises, voilà deux ans, à
St Pierre Bois où il a ouvert une petite auberge. Sa femme
assure le service en salle pendant qu'il est aux fourneaux.
« De temps à autre, nous faisons appel à l'ANPE
pour avoir un « extra ». Le restaurant commence à
être connu et je prévois de prendre un apprenti cette
année. Le secteur de l'hôtellerie-restauration est
boudé par les jeunes car il présente deux handicaps
: des contraintes horaires lourdes et un bas niveau de rémunération.
Il faut être très motivé, quand on a 20 ans,
pour travailler le soir et le week-end, pendant que les copains
sortent. Dans notre secteur, les méthodes et conditions de
travail se sont nettement améliorées mais la psychologie
des employeurs n'a pas beaucoup évolué. Il faudrait
faire bouger un peu les choses... »
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94 % des entreprises interrogées
n'ont pas de Ressources Humaines.
« Les patrons devraient
avoir de la patience et de la tolérance. »
En parallèle à l'enquête menée auprès
des dirigeants de TPE-PME, une étude sur l'image des métiers
a également été conduite, en partenariat avec
le CIO et la Mission locale auprès de 60 jeunes de classes
de 3e, CAP, BEP, bac pro, du bassin d'emploi de Sélestat.
Ce sont, dans l'ordre, les métiers de l'hôtellerie-restauration,
ceux de la bouche et celui de bonne sur (!) qui arrivent en
tête des métiers qu'ils ne souhaitent pas exercer.
Les jeunes rêvent plutôt d'être vendeuse, coiffeuse
ou professeur d'éducation physique. Ils estiment que le travail
est valorisant à condition de l'exercer dans le métier
choisi. Enfin, voilà ce qu'ils disent à l'adresse
des chefs d'entreprise :
«Les patrons devraient avoir de la patience et de la tolérance
vis-à-vis des apprentis, ne pas en embaucher que pour avoir
des primes et comprendre que l'apprenti voudrait aussi aller plus
loin...»
Une étude menée
selon une méthodologie rigoureuse
« La rigueur scientifique de notre travail a crédibilisé
l'étude auprès de notre comité de pilotage
» souligne Didier Kahn.
Elle a été réalisée selon une méthodologie
rigoureuse et évolutive comportant trois phases :
Première étape : un diagnostic économique du
bassin d'emploi de Sélestat. Un comité de pilotage
est un comité technique dans lesquels siègent des
élus et des conseillers de la CCI, de la CMA, de l'ADAC,
de la Région Alsace, de la DDTEFP, de l'Union des Industries
du Bas-Rhin, de l'ANPE, de la Mission locale et de l'Opcareg se
sont constitués pour assurer le suivi de l'étude.
Deuxième étape : 8 chefs d'entreprise sont auditionnés
sur leur parcours, l'histoire de leur entreprise, leur environnement
et leurs besoins en compétence.
La teneur de ces entretiens d'une durée de deux heures est
notée et retranscrite au mot à mot avant d'être
passée au crible de l'analyse de contenu. Les résultats
de cette pré-enquête permettent de bâtir le guide
de questionnement qui sera soumis aux 92 entreprises.
Troisième étape : Les enquêteurs de la CCI,
de la CMA, de l'Union des Industries du Bas-Rhin et de l'Opcareg
suivent une session de formation et rencontrent en entretien individuel
les chefs d'entreprise dont ils notent aussi les remarques. Lors
du dépouillement des résultats, ces remarques font
l'objet, elles aussi, d'une analyse de contenu.
[ Contact CCI]
Josée Cailler
Département Conseil Orientation et Emploi
03 88 43 08 54
gie@strasbourg.cci.fr
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