CCI de Strasbourg
Les archives du Point Eco de la CCI
n°202
Février 2001
Le Point Eco

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   Les entreprises alsaciennes très Net
  Bien connectées, les entreprises alsaciennes précisent leurs projets et en affinent l'exploitation. Demain, la rentabilité...

Les CCI d'Alsace, conscientes des enjeux que représentent les TIC, se sont attelées à lancer un programme comprenant des formations et des actions d'appui à la création et au développement des TIC dans les entreprises.
Ce programme comporte également une injection d'un peu d'analyse statistique dans le royaume du virtuel par la mise en place d'un observatoire des besoins en TIC des entreprises. Avec l'appui statistique de l'IECS ainsi que la création d'une base de données en ligne par Ision, l'Observatoire NTIC Alsace, fruit d'une étroite collaboration entre les CCI d'Alsace, mesurera chaque année les évolutions qualitatives et quantitatives dans ce domaine.

  Analyse : Une enquête inédite et unique
  Certes, côté grand public, la masse de pubs estampillées « www » dans les magazines et à la télévision tendrait à nous faire croire que tous les Français sont connectés. On navigue là entre douce illusion et vaste intox. En revanche, du côté des entreprises, l'informatisation s'achemine vers les 100 %.

Un fort taux de retour significatif
5 000 entreprises ont été approchées, de toutes tailles et tous secteurs d'activités, 500 ont répondu (dont 150 en ligne !) à un questionnaire rigoureux. Un fort taux de retour qui en confirme l'intérêt. Le questionnaire a permis d'évaluer finement divers items quantitatifs et qualitatifs : utilisation interne et externe des outils informatiques, de la téléphonie, d'un site web, usage réel de l'internet, effets fastes ou néfastes des NTIC. Pour la première fois, nous disposons d'indicateurs réels et non supposés, et d'un outil pertinent d'action et d'information.
À vous, maintenant, de vous situer sur ce portrait de groupe régional !

    
  Enquête : Qui est connecté en Alsace ?
 

Les entreprises des centres urbains de Strasbourg et Colmar sont davantage connectées que la moyenne alsacienne, avec respectivement 79 et 83 %. La proportion observée dans l'agglomération de Mulhouse est proche des 63 % qui caractérisent l'ensemble de la région. Par ailleurs, comme on pouvait s'y attendre, les entreprises de plus de 100 salariés affichent un pourcentage de connexion très élevé, soit 93 %.

Industrie agro-alimentaire 33 %
Industrie (sauf IAA et BTP) 79 %
Bâtiment et Travaux publics 34 %
Commerce de gros alimentaire 30 %
Commerce de gros non alimentaire 79 %
Commerce de détail alimentaire 40 %
Commerce de détail non alimentaire 48 %
Hôtels et restaurants 58 %
Transports et voyages 50 %
Services aux entreprises 90 %
Services aux particuliers 32 %
Services mixtes 77 %
Total Alsace 63, 5 %

1 entreprise sur 3 a son site !
Rien d'étonnant à cela, le courrier électronique constitue la pratique la plus courante des professionnels qui utilisent internet. Tiens, le recrutement en ligne fait pâle figure...

  Site existant Site en projet
1 à 9 salariés 30,5 % 22 %
10 à 19 salariés 37 % 23 %
20 à 99 salariés 47 % 26 %
100 et + 67,5 % 23 %
Total Alsace 33 %

23 %

Un site web, pour quoi faire ?
Les entreprises qui disposent d'un site étaient interrogées sur ses fonctionnalités. Au premier chef, communiquer, afin de présenter l'entreprise et son catalogue. Le commerce électronique n'apparaît qu'à 22,4 %, une proportion légèrement inférieure à la moyenne nationale (25 %).

Présentation générale de l'entreprise 98,6 %
Présentation de catalogue 64,2 %
Demande de devis par formulaire 35,4 %
Commande en ligne 22,4 %
Forum, FAQ (Foire aux questions) 15,8 %
Suivi de commande 8,4 %
État des stocks pour une clientèle identifiée 4,1 %

La messagerie caracole en tête
Échanger des messages 61 %
Rechercher des informations ponctuelles 49 %
Échanger des fichiers 38 %
Télécharger des fichiers ou des logiciels 31 %
Pratiquer une veille régulière 22 %
Participer à des forums, newsgroups,... 8 %
Acheter en ligne 7 %
Rechercher du personnel 6 %

L'étude, version intégrale
L'étude complète de l'Observatoire NTIC Alsace est diffusée par les CCI-Info de Strasbourg, Colmar et Mulhouse. Le rapport porte sur les données chiffrées suivantes :
- usages et moyens d'accès sur internet
- l'internet et la communication interne et externe de l'entreprise
- les NTIC et l'organisation de l'entreprise
- les ressources humaines et qualifications en NTIC
- les NTIC et les avantages compétitifs des entreprises alsaciennes    

 
[ Contact CCI ]
Jean-Marc Kolb,
03 88 75 25 95,
jm.kolb@strasbourg.cci.fr
   
 

L'Alsace... et au-delà ?
Toutes choses demeurant relatives, il est intéressant de mettre en regard les données régionales recueillies par l'Observatoire NTIC Alsace et l'édition 1999 d'une vaste enquête menée par l'organisme de financement UFB-Locabail. L'enquête PME-PMI « Internet, France et Europe » cible les entreprises du G4 : France, Grande-Bretagne, Allemagne et Italie...

  ALSACE FRANCE ALLEMAGNE G-BRETAGNE ITALIE G4
Accès à internet 63,5 % 61 % 74 % 77 % 75 % 72 %
Courrier électronique 61 % 75 % 77 % 86 % 91 % 83 %
Recherche d'infos 49 % 64 % 65 % 70 % 48 % 61 %
Site d'entreprise 33 % 27 % 31 % 38 % 30 % 32 %
Commerce électronique 22 % 25 % 14 % 30 % 21 % 22 %
  L'enquête PME-PMI d'UFB-Locabail est disponible sur le site de l'organisme, http://www.ufb-locabail.fr, et peut être téléchargée au format pdf.(Sources hors Alsace : UFB-Locabail)
   
  Témoignages
 

• Matériaux André France, Hersbach L'internet, pas à pas
En deux ans d'existence, le site web de Matériaux André France n'a pas déçu ses initiateurs, au contraire. Un site vitrine, géré par un prestataire externe, qui ne reflète qu'une petite partie de la production d'éléments en bois pour l'aménagement extérieur. « Si je le ramène à l'investissement effectué, le site se révèle intéressant », confie le gérant, Michel André. « Nous avons des commandes, nous sommes régulièrement consultés. »
Une quinzaine de personnes travaillent ici, à Hersbach. L'utilisation d'internet n'est pas de mise, Michel André le reconnaît volontiers. j'observe quasiment chaque jour des retombées. »
Ainsi, il ne correspond pas encore par mail. « Une question de formation, sans doute ! », sourit-il. Ce qui ne l'empêche pas de tirer les leçons de l'expérience « web », pour ouvrir d'autres horizons à son entreprise. « Dès les prochaines semaines, je veux prendre le temps d'améliorer le site, de compléter l'offre, avec prix, bon de commande, pour des achats en ligne. » Cible : les particuliers, qui ne constituaient pas, jusqu'alors, sa clientèle. Évidemment, il laissera de côté ceux qu'il appelle les «farfelus», qui lui écrivent depuis le Japon ou les États-Unis. « Mais sur l'ensemble du territoire français ou les pays limitrophes, nous maîtrisons la logistique ».

www.nsrv.com/maf

• Eurodirect Marketing, Geispolsheim
Internet au cœur d'un métier

Pour le groupe spécialisé en communication directe (mailings, locations d'adresses, fulfilment, éditique de gestion), les nouvelles technologies d'information et de communication se déclinent légitimement sur tous les tons. À tout seigneur, tout honneur, l'internet a considérablement modifié les méthodes de travail des sociétés qui composent le groupe. « Internet, pour nous, c'est comme le téléphone », souligne Alain Gazard, son PDG. « C'est le moyen de récupérer, de nuit, des fichiers très volumineux. » Destinés, par exemple, à éditer des relevés de compte pour des établissements bancaires. Eurodirect Marketing dispose également d'un intranet auquel devraient bientôt être reliés ses sites parisiens.
Mais ici, internet est aussi le nerf de la guerre. « Le fulfilment est un service complet de traitement d'informations ainsi que de flux d'objets. Internet entre à merveille dans la logique de prestations de vente à distance, cœur de notre métier.» Eurodirect Marketing a ainsi pour partenaires des noms de la VPC traditionnelle et de la grande distribution, mais Alain Gazard avoue être plus réticent à l'égard des start-up, parfois évanescentes ! Tendance émergente, l'e-mailing.
« Nous sommes leaders français de la location de fichiers d'adresses, donc de la gestion de base de données. L'e-mailing est un nouveau media, sur lequel nous sommes pour l'instant davantage en situation de veille que d'action. Effectivement, l'intérêt pour nous est de capter les adresses e-mails et de les vendre. Il y a là un gisement colossal. À nous de décliner les prestations dont nos clients ont besoin. »
Eurodirect Marketing communique pour le compte de ses clients, mais aussi pour le sien, avec un site web, depuis un peu plus d'un an. « Ce site représente l'aboutissement d'une démarche, et le démarrage d'une autre », raconte Alain Gazard. Pour Eurodirect Marketing qui souffrait de difficultés de communication, il s'agissait, dans un premier temps, de faire écho au nouveau schéma d'organisation accompagné d'un plan d'action, et de signifier la cohérence du groupe. Et permettre, en interne, aux 750 collaborateurs de 20 sociétés de s'identifier dans le groupe et de se l'approprier. En externe, l'objectif était, via le site, «de rassurer» les partenaires, institutionnels, et actionnaires. « En 2001, nous allons rebondir, nos filiales, qui seront reliées à ce site, reprendront la main. Les opérationnels pourront ainsi entrer en relation avec les clients.» Et la e-communication cèdera le pas au e-business proprement dit.

www.eurodirectmarketing.fr


Jacques Bockel, Saverne
L'e-commerce appliqué au chocolat
Jacques Bockel a récemment eu les honneurs du très célèbre et très chic magazine américain « Forbes ». Autant dire la crème de la crème pour distinguer la chocolaterie savernoise artisanale, où œuvrent neuf personnes. Car c'est bel et bien une offensive rangée que mène actuellement Jacques Bockel en direction des États-Unis, avec, notamment, sa participation au « Chocolate Show » en novembre dernier. Du coup, rien ne l'amuse davantage que les commandes « en ligne » qui arrivent « en ligne droite »... du Kochersberg !

Il aura beau vous dire qu'il n'a rien d'un informaticien, Jacques Bockel n'apparaît pas vraiment comme un béotien en matière de NTIC. Il utilise volontiers l'e-mail pour sa correspondance professionnelle, compte bien se colleter bientôt au souci du référencement, et vitupère à l'envi contre l'absence persistante de son site sur les dizaines de moteurs de recherche qu'il consulte régulièrement.

«Je tape Bockel et chocolat, je tombe sur l'homme politique Jean-Marie Bockel !». Son site, « planet-chocolate.com » (la version française était déjà prise !) existe depuis juillet 2000, et permet l'achat en ligne depuis décembre. « En un mois, j'ai enregistré une cinquantaine de commandes. Les 3/4 ont été réglées par chèque, ce qui montre hélas une défiance vis-à-vis du paiement sur internet. En outre, seules deux ou trois commandes émanaient des États-Unis, le reste était à livrer à notre porte ! » Pourtant, la chocolaterie a particulièrement soigné les tarifs d'expédition à l'étranger, pour rester accessible au plus grand nombre.

Le web a une âme
« Il n'y a pas de mystère », dit Jacques Bockel, « pour faire décoller un site, il faut communiquer ». Il s'y emploie, avec ses collaborateurs, et informe inlassa- blement sur son existence, en particulier sur tous les salons professionnels. « C'est impératif pour obtenir un retour sur investissement. » Planet-chocolate.com existe sous forme de liens sur d'autres sites, et en 2001, Jacques Bockel pense investir dans des bandeaux publicitaires sur des pages web. « Mais un site, ce n'est pas une fin en soi. C'est comme un magasin, il faut y mettre son âme, et s'en occuper, sinon, il meurt . » Animer, jouer la saisonnalité des produits, Jacques Bockel y croit, et rejette l'idée d'un site gadget. Lui qui souhaite que les surfeurs du web salivent en visitant son site conclut : « C'est le commerce de demain, et je n'en ai pas peur. »

www.planet-chocolate.com

 www.strasbourg.cci.fr
 www.observatoire-ntic.com
 Contact CCI
 
jm.kolb@strasbourg.cci.fr
 

D'importants besoins en formation
Les besoins principaux en développement des NTIC sont les coûts et les compétences qui restent à développer. Plus d'une entreprise sur 4 exprime des besoins dans le domaine des NTIC.

L'utilisation des NTIC reste à développer
Si plus de la moitié des entreprises estiment que leurs fournisseurs et leurs clients sont insuffisament équipés en informatique
et en connection Internet, elles constatent que de nombreux outils NTIC sont encore inexploités en interne. Mettre les moyens humains et financiers pour s'approprier les NTIC leur semble le principal moyen de progresser.

Autres analyses
Le rapport complet détaille en une centaine de tableaux et graphiques les résultats par secteur d'activité, par zone géographique et part taille d'entreprise.
Il fait également l'état des lieux sur les parts de marché des fournisseurs d'accès et hébergeurs régionaux et nationaux, ainsi que les apports des NTIC et les freins à leur développement.


Internet, ardoise magique ou miroir aux alouettes ?
L'Internet a ses sirènes, en l'occurrence des sociétés qui proposent aux entreprises de figurer sur un site, moyennant l'avance, pas virtuelle du tout, de quelques dizaines de milliers de francs. Leur approche est généralement très flatteuse à l'égard du prospect, mais il n'en demeure pas moins que les sommes avancées s'évaporent aussi rapidement que ces solliciteurs peu scrupuleux. « Ce sont les mêmes types d'abus de confiance qu'ailleurs, mais il règne peut-être davantage de crédulité en matière d'internet », indique Jean-Marc Kolb, conseiller NTIC à la CCI de Strasbourg. « Le web n'a rien de magique. Il convient d'appliquer en ce domaine la même rigueur, le même principe de précaution que pour tout contrat, publicitaire ou autre. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


"63 % des entreprises se connectent via
un modem et une ligne téléphonique, 29,9 % par liaison RNIS. Avec 6 %, le câble demeure en retrait, avec 4,7 %, l'adsl fait son apparition."

"63,5 % des entreprises alsaciennes sont connectées à internet. C'est davantage que la moyenne nationale, 61 %, mais inférieur au pourcentage européen qui atteint 72 %."

"52,6 % des entreprises alsaciennes disposent d'un réseau informatique interne. Cet équipement est principalement le fait des grandes entreprises, à 70 %."
  

 

 








 

  


Michel ANDRE
 
 
 
 
 

Jacques BOCKEL


     
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