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En effet, plus de
140 millions de m3 d'arbres ont été mis à
terre. La filière bois, qui emploie plus de 500 000 personnes
en France, a ainsi perdu l'équivalent de trois années
de production.

Comment dégager
les forêts et les accès, et avec quels personnels
?
Comment mettre en place rapidement d'importants moyens de stockage
?
Le marché allait-il être saturé, et consécutivement
les cours du bois allaient-ils s'écrouler ?
Personne n'a cédé au catastrophisme. Bien au contraire,
les différents acteurs de la filière bois ont réagi
rapidement et solidairement, notamment en gérant la première
urgence qui était d'apporter les volumes de bois mobilisables
le plus rapidement possible à l'industrie de transformation
pour éviter qu'ils ne se dégradent.
Une Commission Interprofessionnelle, qui se réunit chaque
semaine, a été créée par la Fédération
Interprofessionnelle « Forêt Bois Alsace » (FIBOIS
Alsace) sous la houlette de M. Jean MAEGEY, pour gérer
l'ensemble des problèmes, notamment les questions de moyens
(main d'uvre, machines,...), de stockage et de commercialisation.
L'Alsace a été particulièrement touchée,
mais a su réagir rapidement et efficacement grâce
aux actions entreprises dès 1996 en faveur de la filière
bois, par les professionnels et notamment FIBOIS, avec le soutien
de la Conférence Interconsulaire du Massif Vosgien
CIMV (réunion de 9 Chambres de commerce et d'industrie
du Nord-Est de la France).
Même s'il est encore trop tôt pour faire un bilan
définitif complet dans la mesure où certaines conséquences
et évolutions sont encore à venir, ce bilan est
cependant d'ores et déjà inscrit dans le programme-cadre
de la filière afin que ses acteurs puissent mettre à
profit les enseignements de ces événements.
Quelle est concrètement
la situation près d'un an après ?
Rappel des volumes de bois à terre et leur mobilisation.
Ils s'élèvent à 6 500 000 m3, dont seuls
50 % sont mobilisables ou récoltables. Le volume restant
est destiné en partie au bois d'industrie (grumes de plus
faible diamètre) ou au bois de feu.
En forêt publique (5,5 millions de m3 à terre),
la moitié des bois feuillus et le tiers des bois
résineux mobilisables ont déjà été
mobilisés.
En forêt privée (1 000 000 m3 à terre), un
tiers des volumes mobilisables ont déjà été
mobilisés.
Un appel à des entreprises étrangères jusqu'à
fin juin 2000 a permis de faire face au surcroît momentané
de travail, sans déstabiliser les entreprises locales.
Si les capacités en exploitation sont suffisantes, il n'en
est pas de même pour les transports routiers (manque de
grumiers), ferroviaires (retard dans la mise à disposition
des wagons), et fluvial (problème de tonnage sur les longues
distances). Il faut également faire face à de nombreux
goulots d'étranglement au niveau des capacités d'écoulement.
La commercialisation
La chute des cours constituait une forte crainte pour la
filière.
La baisse enregistrée par rapport aux cours 1999 a pu être
limitée, ainsi que le montre le tableau ci-après,
les volumes commercialisés ayant été conformes
aux objectifs fixés par la filière, soit environ
50 % des chablis commercialisés en forêt publique
et 60 % en forêt privée à fin août.
Il est intéressant
de relever que, dans d'autres régions, la baisse des cours
a atteint, pour certaines essences, jusqu'à 80 %. La filière
rencontre cependant les mêmes insuffisances en matière
de transport que pour la mobilisation des bois.
Le stockage
Aujourd'hui, les capacités de stockage par arrosage ou
à sec, s'élèvent à 570 000 m3, répartis
sur 39 sites. Le stockage des bois, en attente de leur commercialisation
et livraison, constituait et constitue toujours un point particulièrement
sensible.
En effet, si la capacité totale du stockage est suffisante,
les capacités en arrosage restent trop faibles, compte
tenu de nombreuses contraintes administratives et écologiques
interdisant ou rendant impossible l'aspersion.
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Le stockage
a également subi un retard important dû encore au
manque de capacités de transport, et ceci après
les manques de main d'uvre pour les premiers travaux en
forêt après la tempête. Depuis début
septembre 2000, la moitié du volume à stocker est
sous eau, l'autre moitié étant entrée dans
les opérations de transformation.
La reconstitution
Il s'agit de la prochaine étape, après la sécurisation
des chantiers et les déblaiements en forêt.
13 200 hectares sont à reconstituer en Alsace, pour un
coût prévisionnel de 290 millions de francs (dont
12 000 hectares et 264 millions de francs pour la forêt
publique).
Cette reconstitution se fera par régénération
naturelle pour environ 2/3 de la surface, pour favoriser la mixité
des essences et respecter davantage les caractéristiques
des sols et des climats, et par régénération
artificielle pour le tiers restant.
Il y a également urgence à rétablir un équilibre
forêt/gibier en mettant en uvre la politique de reconstitution
sous l'égide de l'ONF et du CRPF.
La forêt,
une chance pour la France
La filière bois semble être sur la bonne voie pour
gérer l'après tempête, récoltant ainsi
les fruits de sa cohésion. Cette cohésion devra
cependant perdurer car, dès 2001, la récolte sera
moins importante et pourrait induire une baisse d'activité
pour les récoltants et une baisse d'approvisionnement pour
l'industrie et les scieries. La rareté du bois reviendra
et les prix remonteront. Pour s'y préparer, les entreprises
de la filière devront également investir dès
maintenant.
Cette catastrophe a également permis de mettre en évidence
une importante pénurie de main d'uvre qualifiée
dans certains métiers de la filière, comme les charpentiers,
la mise en place des 35 heures n'arrangeant évidemment
rien !
D'autres enseignements devront être tirés, tels que
l'introduction de la vente à l'amiable (et non plus aux
enchères) des bois aux scieurs, ce qui permettrait de répondre
de manière plus adaptée à l'offre et à
la demande, notamment dans des situations exceptionnelles.
Il serait absolument nécessaire d'adapter et/ou d'alléger,
au niveau national, certaines contraintes administratives en matière
de main d'uvre, d'environnement et d'appel à des
prestataires étrangers (transporteurs par exemple) dans
ce type de situation.
Nul doute que la procédure française de certification
de la gestion forestière durable, actuellement en cours,
se mettra encore plus rapidement en place, l'ensemble des acteurs
de la filière mesurant maintenant tout son intérêt.
Dès le 27 janvier 2000, le Premier Ministre a fait connaître
les aides attribuées à la forêt sous forme
de subventions et prêts. La Région Alsace et les
départements ont abondé des actions spécifiques,
comme le stockage, le transport, la reconstitution. Cette dernière
trésorerie a été disponible immédiatement.
Il reste également à souhaiter que la future loi
sur la forêt s'inspirant des conclusions du rapport Bianco
« La forêt, une chance pour la France » tirera
toutes les leçons de la tempête de 1999.
Contact Fibois Alsace
Jean Maegey, 03 88 19 17 19
fibois-alsace@wanadoo.fr
Contact CCI
Harald Stammbach, 03 88 75 25 70
h.stammbach@strasbourg.cci.fr
Essences Baisse enregistrée
par rapport aux cours de 1999
pin - 15 %
Sapin Epicéa - 35 %
Hêtre - 5 %
Chêne - 6 %
Tous bois façonnés - 20 %
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