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Que s'est-il passé
avec l'arrivée d'internet ?
Olivier
Andrieu
Avec l'arrivée du minitel, nous avons eu la même
crainte de disparaître ! Et rien de cela n'est arrivé.
Tout le travail consiste maintenant à trouver une complémentarité
entre version papier et version électronique. Et pour cela
il nous faut identifier les deux publics.
Francis
Hirn
En 1995 les DNA ont été des pionniers, en lançant
les premiers, un journal entièrement accessible sur le
net, à l'exception des infos locales et c'est chose faite
aujourd'hui.
Résultat : nous n'avons pas fini de connaître la
complémentarité. Maintenant nous en sommes à
la 9e version sur le web, et nous avons commencé par une
simple transcription du journal papier sur le net. Internet au
départ c'était pour nous un support. Aujourd'hui
nous avons découvert que c'est un média.
Éric
Meyer
C'est une révolution parce qu'Internet bouleverse
les structures de coût. Avec le tout numérique, on
peut distribuer l'info à zéro coût de production.
On comprend la panique de la presse il y a un an.
N'empêche qu'aujourd'hui les Américains disent «
back to paper », personne ne voit vraiment une concurrence
dans internet.
Pour l'instant les investissements sur le net sont d'ordre stratégique,
et c'est tout. Cela dit, l'audience des magazines a tout de même
baissé de 1 % cette année. Mais pour d'autres raisons.
Le lecteur est de plus en plus sollicité. Mon concurrent
n'est pas forcément internet, il peut être le portable.
Dans le train on téléphone, donc on lit moins. Notre
« business » consiste à prendre du temps aux
gens pour la lecture. Or, les nouveaux médias le réduisent
davantage encore.
Francis
Hirn
Internet a tout de même une vertu essentielle, c'est
le premier média qui incite à la lecture !
Comment analysez-vous
la situation ?
Francis
Hirn
Pour le moment la version papier des DNA représente
220 000 exemplaires diffusés chaque jour et compte 60 000
lecteurs quotidiens. La version Internet capte 18 000 visiteurs
par jour. C'est à la fois peu par rapport à notre
audience totale et beaucoup par rapport à d'autres titres.
75 % de ces visiteurs ne sont pas abonnés au journal. Il
y a donc complémentarité. Certes 16 % des Français
seulement sont équipés d'ordinateurs (50 % d'Américains)
mais les jeunes d'aujourd'hui sont les vieux de demain. Or ce
sont les jeunes qui fréquentent en majorité le web.
Internet remet en cause la véritable raison d'être
d'un journal : nous sommes autant imprimeur que producteur d'infos.
Mais il faut nous habituer à l'idée de diffuser
et d'écrire autrement. Jamais un nouveau média n'a
tué les précédents.
Olivier
Andrieu
L'essentiel pour moi, c'est le lecteur. Il nous faut savoir
ce dont il a besoin, ce qu'il cherche, et comment procéder
pour lui fournir une info fiable. L'arrivée d'internet
bouleverse le métier du journaliste. Il donne les moyens
à tous les individus de réaliser un journal et de
s'exprimer. C'est une grande chance. En contrepartie, l'information
sur le net pose un problème de fond de crédibilité
des sources d'informations. Les critères de qualité
sur internet sont sans doute à inventer.
Éric
Meyer
C'est là qu'on se rend compte que la complémentarité
est idéale mais pas facile à mettre en pratique.
Sur notre ligne, nous avons un fil d'actualité quotidien.
Il vient compléter notre magazine. Dans la revue nous renvoyons
le lecteur au site. On publie par exemple une partie d'un tableau
sur le mag, et la suite sur le web mais cela nécessite
beaucoup de travail, c'est compliqué et long.
Francis
Hirn
Nous offrons sur Internet des possibilités supplémentaires
à nos lecteurs, en leur donnant accès aux archives
et en leur offrant la possibilité de construire très
facilement une revue de presse. Le site ouvre aussi un univers
de loisirs inédit avec par exemple la critique de tous
les films, ce qui n'apparaît pas dans le journal.
Enfin il permet au tiers de nos lecteurs qui habitent à
l'extérieur de la zone de diffusion du titre, de recevoir
les DNA dans de bonnes conditions.
Comme le souligne Jean-Jacques Schaettel,
directeur de la société de production Carmin Films
et dAlsatic, « le même débat avait sévi
il y a quelques années : la télé va-t-elle
battre la presse ? La question reste celle du contenu : est-ce
faire de la télé que de mettre une caméra
sur la table ? D'autre part il reste avec internet des problèmes
de débits à résoudre. Internet va trouver
une complémentarité par rapport à la presse.
»
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Qui est qui ?
>
Francis Hirn, président de la commission de l'information
économique de la CCI, et directeur commercial et du développement
aux Dernières Nouvelles d'Alsace.
>
Éric Meyer, rédacteur en chef de Newbiz, 1er
magazine de la nouvelle économie.
>
Olivier Andrieu, consultant internet et auteur de "Créer
du trafic sur son site web".

Presse sur Internet
?
Le Point Éco en première ligne !
Loin d'être antagonistes, presse écrite et presse
sur Internet ont tout à gagner de leur complémentarité.
Fort de cette promesse, le Point Économique en ligne anticipe
et fait peau neuve... au premier jour du XXIe siècle, évidemment
!
Véritable webmagazine destiné aux chefs d'entreprise,
la nouvelle mouture du Point Éco mise sur l'efficacité
:
Un
site optimisé, pour naviguer sans errer. Accès instantané
aux infos pratiques, découverte de tout ou partie d'un
article, pour consulter ce que l'on souhaite, quand on le souhaite.
Un outil actif : imprimer ou télécharger
l'essentiel, puiser dans les archives, accéder à
d'autres sites pertinents. Vite et bien.
Un portail d'entrée sur l'ensemble des services
de la CCI. CCI Info, actualité juridique, l'euro pas à
pas, questions en direct...
Prenez
date : janvier 2001, retenez l'adresse : www.point-eco.com.
Et pour le plaisir de feuilleter, rendez-vous ici-même !
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