Questions à
Thierry Laborde, directeur des agences du Bas-Rhin de la BNP
Pourriez-vous dresser un "état des lieux" de leuro en ce début 2000 ?
Le constat me paraît préoccupant. Nos chiffres, à la fin 99, montrent que seuls 2,5 % des entreprises bas-rhinoises avaient leuro comme devise de tenue de compte. Les échanges monétaires inter-entreprises seffectuent essentiellement en francs. En substance, léconomie réelle nest pas passée à leuro. Parmi les facteurs qui expliquent ce phénomène, je pense que vis-à-vis des ressources allouées par les entreprises aux 35 heures et au passage à lan 2000, le projet euro a été considéré comme moins urgent. En matière denjeux, le risque principal pour une entreprise serait de ne pas être prête au 31 décembre 2001, du fait dun manque danticipation. Lexpérience des premiers passages à leuro confirme quun projet euro dune grande société a une durée moyenne supérieure ou égale à un an. Le projet dune PME sétalera sur un minimum de six mois. Celui dune très petite entreprise nécessitera au moins 3 mois. En cas dimpréparation, la sanction du marché peut se révéler cruelle et se traduire par la baisse significative du chiffre daffaires, la perte de fournisseurs, la méfiance des tiers, voire le défaut de paiement.
De quelle façon communiquez-vous ou allez-vous communiquer à propos de leuro ?
La nécessité, aujourdhui, cest de convaincre. Nous avons défini des arguments, de quatre natures, qui militent tous pour un passage précoce à leuro. Réduire les risques, et être sûr ainsi de terminer à temps, pour léchéance incontournable du 31 décembre 2001, maîtriser les coûts, améliorer lorganisation de lentreprise, et viser une meilleure efficacité commerciale. Et sur ces points, nous allons communiquer de manière forte. Nous avons établi un partenariat avec lordre des experts-comptables et avec IBM, qui nous permettra de proposer un outil de mesure de létat de préparation à leuro. Nous proposons déjà depuis fin 98 une offre de service assez originale en Europe, BNP-Itinéraire Euro, que 4000 entreprises en France, et une centaine dans le Bas-Rhin ont adoptée.
Quelle est votre gamme de produits à destination des entreprises ?
Nous mettons à la disposition des entreprises une gamme complète de prestations sur mesure allant du financement et des services associés à la gestion du cycle dexploitation jusquaux solutions de renforcement des fonds propres ou de réponse aux exigences de dialogue social et de dynamique salariale. À titre dexemple, notre offre est particulièrement, dense pour tous les besoins liés au commerce international. La BNP est le banquier dune PME sur trois.
Comment seffectue, dans vos établissements, la relation banque / entreprise au quotidien ?
La relation est très personnalisée, avec un interlocuteur « chargé daffaires entreprises ». Ce nest ni un gestionnaire, ni un commercial, mais un banquier, avec les pouvoirs de décision, dengagement ou de facturation qui en découlent. Sa mission de généraliste consiste aussi à fédérer et à faire intervenir à tout moment les spécialistes régionaux, nationaux, internationaux, qui constituent notre deuxième niveau dexpertise. |
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Thierry Laborde, BNP
La BNP dans le Bas-Rhin
26 agences,
285 collaborateurs, dont :
5 Conseillers-Gérants de Patrimoine
15 Conseillers en Patrimoine Financier
12 Chargés d'Affaires Professionnels
16 Chargés d'Affaires Entreprises au sein de 3 pôles entreprises (Strasbourg, Haguenau et Sélestat)
1 Service de Commerce International performant.
En gestion : 9,2 milliards de francs d'actifs. La BNP accorde à l'économie bas-rhinoise près de 6 milliards de crédits dont 3,3 milliards aux entreprises du département.
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Comment intégrez-vous les nouveaux outils de communication dans vos relations avec les clients ?
Ces outils représentent un enjeu majeur sur lequel la BNP travaille depuis longtemps. Précisons que près de 80 % de nos clients entreprises sont connectés informatiquement avec nous. Indéniablement, aujourdhui, lattrait et lergonomie dinternet lui confèrent un brillant avenir, avec les avantages cumulés des medias que nous utilisions auparavant : linteractivité du minitel, et la capacité de transfert de fichiers de masse de linformatique. Début 2000, 1500 entreprises avaient opté pour BNP Net Entreprises, qui permet toutes consultations de comptes, cours de change, transactions, suivi des effets de commerce. Et ces mêmes entreprises, de façon sécurisée, peuvent régler leurs salaires, leurs fournisseurs,
Quels sont, selon vous, les atouts de ces outils et leurs apports à terme ?
Nous montrons et démontrons les gains en matière de coûts, de temps, de fiabilité et de sécurité. Un effet de commerce papier coûte près de 20 francs, et moins de 3 francs via lélectronique ! Quant au porte-monnaie électronique, nous y croyons beaucoup, à condition que la solution soit interbancaire.
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