| Strasbourg |
Les pays baltes, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie, participeront cette année à l'opération « Strasbourg, capitale de Noël ». Outre son artisanat, son tourisme et sa culture, la Lituanie a souhaité faire connaître sa gastronomie aux Alsaciens. En échange, l'Alsace proposera ses spécialités culinaires aux Lituaniens en septembre.
Deux restaurateurs en ont eu l'idée. L'un, Vaclovas Kontrauskas, qui tient un grand restaurant à Vilnius, est le président des restaurateurs lituaniens. L'autre, Denis Stutzmann, dirige l'Ancienne douane à Strasbourg. « J'ai trouvé qu'il était dommage de ne pas avoir fait connaître la gastronomie de la Finlande, de la Suède et de l'Autriche, les précédents pays partenaires de l'opération Capitale de Noël. Le président des restaurateurs lituaniens a eu la même idée. Nous nous sommes donc rencontrés pour organiser une quinzaine gastronomique dans chaque ville », explique Denis Stutzmann.
La Lituanie ne faisant pas partie de la CEE, l'opération n'a pas été facile à mettre sur pied. Il a fallu résoudre les problèmes d'importation, de douane, de taxes. « Et on n'est pas encore sûr de pouvoir emporter du vin d'Alsace, ce qui serait quand même dommage pour l'accompagnement des spécialités culinaires alsaciennes », précise Véronique Bernhard, attachée commerciale à l'Ancienne douane.
Avec son chef de cuisine et d'autres participants alsaciens, le restaurant strasbourgeois animera une quinzaine alsacienne à Vilnius du 20 septembre au 5 octobre où le folklore, le tourisme et la présentation de l'Alsace ne seront pas oubliés. Philippe Edel, président de l'association Alsace-Lituanie, diffusera notamment la brochure sur l'Alsace « Alzasas » que son association édite en lituanien. Tout comme il diffusera à Strasbourg sa brochure sur « la Lituanie vue d'Alsace » lors de la quinzaine lituanienne du 20 novembre au 5 décembre. « Il s'agit de résoudre deux problèmes : celui de la connaissance mutuelle et celui de la langue », souligne Philippe Edel.
La gastronomie, elle, ne devrait pas poser de problème. Il y a des similitudes entre celle des deux pays, notamment la choucroute, même si elle est différente. Le chef de cuisine de l'Ancienne douane, qui a déjà participé à des quinzaines alsaciennes en Côte d'Ivoire et en Hongrie, proposera bien entendu choucroute, baeckeoffe et foie gras aux lituaniens, mais il souhaite également réaliser « des plats plus gastronomiques », comme du filet de boeuf, du sandre, du saumon.
Les Alsaciens, pour leur part, découvriront les zeppelins (quenelles de pommes de terre), la viande d'élan, la salade blanche, le potage froid aux betteraves rouges, la bière lituanienne et l'alcool de plantes. L'adjoint au maire, Jean-Jacques Gsell, a salué « cette initiative privée qui complète celle de la Ville » et espère ainsi que « ceux qui placent la Lituanie dans l'ex-Yougoslavie seront de moins en moins nombreux ».
Quant à la Lituanie, déçue au départ de ne pas avoir son marché de Noël dans la Petite-France, il l'a semble-t-il convaincue de l'intérêt de bénéficier d'une plus forte affluence du public, place de la Gare.
Chantal Grandgeorge
| © Dernières Nouvelles D'Alsace, Jeudi 28 Août 1997. |