Région

A Strasbourg jusqu'au 26 septembre

FIST 97 : une concentration de savoir-faire


 Le salon de la sous-traitance FIST 97 s'est ouvert hier à Strasbourg avec 30% d'exposants supplémentaires. Les Alsaciens pourraient être davantage présents à ce rendez-vous industriel.


 Troisième édition à Strasbourg, le Forum interrégional de la sous-traitance (FIST 97) s'affirme année après année comme un rendez-vous majeur pour l'industrie dans l'Est. Et aussi une étonnante concentration de savoir-faire technologique dans tous les secteurs d'activité.

 Inauguré hier matin, ce salon professionnel est organisé chaque année alternativement à Dijon et à Strasbourg par les chambres régionales de commerce et d'industrie de Bourgogne et d'Alsace, avec l'appui des conseils régionaux, des directions régionales de l'Industrie et de la Recherche (DRIRE) ainsi que de la communauté urbaine de Strasbourg pour l'édition 97.

 Cette année, le salon accueille 575 exposants, en augmentation de 30% par rapport à FIST 95. Les exposants alsaciens sont au nombre de 145 dont 125 PMI, une participation en faible augmentation. En 1993, le FIST avait drainé moins de 250 exposants pour sa première version alsacienne. Aujourd'hui, le salon semble installé solidement dans le paysage de la sous-traitance française. S'il ne peut (et ne veut) rivaliser avec des salons mondiaux, comme le Midest à Paris, le FIST a réussi à fidéliser des exposants allemands et belges notamment et reçoit cette année une participation lituanienne.

Bonne conjoncture

 « Beaucoup d'entreprises alsaciennes que nous avons sollicitées ont justifié leur non participation par l'importance de leur carnet de commande : elles n'ont pas besoin d'activité supplémentaire ! Nous le regrettons un peu car il nous semble que ce genre de salon est destiné à préparer l'avenir en s'ouvrant à des partenaires. La bonne conjoncture économique en Alsace fait perdre de vue cet objectif à certaines PMI », analyse en substance Marie Christine Creton, directeur industrie à la CCI du Bas-Rhin, satisfaite de constater la bonne notoriété du FIST. Aux yeux de la CCI, participer à un tel salon relève de la « veille » à laquelle devrait s'obliger toute entreprise. D'ailleurs, la chambre va profiter de la présence des exposants alsaciens pour réaliser auprès d'eux une enquête sur l'intelligence économique pour nourrir ses réflexions dans ce domaine.

 La sous-traitance, sa capacité à sortir du cocon régional, est un vrai sujet de réflexion pour l'économie alsacienne. Hier, au cours de la première conférence du cycle prévu dans le cadre du salon, la DRIRE Alsace s'est efforcée de décrire cette relation industrielle bien particulière. Les flux économiques entre donneurs et preneurs d'ordre ont pris en effet aujourd'hui une singulière importance. Selon la DRIRE, en Alsace 70% des 1 258 entreprises industrielles de plus de 20 personnes (hors énergie, alimentaire et automobile) sont concernés par la sous-traitance. L'automobile constitue un cas particulier, relativement mieux connu : on évalue à 8 500 en Alsace les emplois dépendant ainsi de la construction auto, à travers 128 entreprises dont 16 équipementiers.

Le choix de la proximité

 « Les entreprises alsaciennes reçoivent plus de sous-traitance qu'elles n'en confient et quand elles en confient, c'est à 90% en Alsace. Les entreprises bas-rhinoises sont championnes toutes catégories pour ce type d'échanges. La sous-traitance industrielle en Alsace, hors automobile, reste très fortement marquée par la proximité locale et gagnerait à s'ouvrir sur les autres régions françaises », affirme Bernard Knobloch de la DRIRE, s'appuyant sur une étude réalisé en 1994 par l'université pour le conseil régional. Ce manque d'ouverture, l'Alsace en pâtit également vis-à-vis des régions européennes proches.

 Tournée en priorité vers sa propre région, la sous-traitance alsacienne bénéficie, il est vrai, d'un socle industriel où se trouve de solides clients qui ont à l'évidence en commun une certaine culture des affaires. La Lorraine, l'Alsace et la Franche-Comté constituent peut-être, du point de vue de la sous-traitance, un ensemble pas encore assez intégré. Avec toutefois des réussites discrètes mais exemplaires.

 C'est le cas de la poignée de PME fédérées sous le chapeau de la société holding Sofimeca, que dirige l'industriel Jean Brasquié. Ce groupe prévoit de réaliser 130 millions de francs de chiffre d'affaires cette année, avec 200 collaborateurs. Bien présent dans le Haut-Rhin ainsi que dans le Territoire de Belfort en métallurgie, plasturgie et connectique, Sofimeca vient de reprendre une activité de services informatiques à Reichstett. Ces sociétés travaillent aussi bien pour Sony et Liebherr à Colmar ou la CICE, à Saint-Louis. « Je privilégie un rapport de proximité avec nos clients et nos partenaires financiers, explique Jean Brasquié. Etre proche des centres de décision, c'est ce qui nous permet d'envisager un développement de qualité ». Une manière d'être aux affaires qui a fait ses preuves depuis dix ans.


A.L.


© Dernières Nouvelles D'Alsace, Jeudi 25 Septembre 1997.